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À La Une - Liban

Affaire Samaha : offensive soutenue pour une rupture avec le régime syrien

L'ancien ministre libanais entendu pendant plusieurs heures par le premier juge d’instruction militaire.

Vaste mobilisation médiatique devant le tribunal militaire pour suivre le déroulement de l’affaire Samaha. Photo Nasser Traboulsi

Le dossier de l’arrestation de l’ancien ministre et député Michel Samaha, soupçonné d’avoir planifié des attentats terroristes au Liban-Nord pour le compte du régime syrien, semble devoir prendre sa vitesse de croisière. Dans la journée d’hier, M. Samaha a été entendu pendant plusieurs heures par le premier juge d’instruction militaire, le juge Riad Abou Gheida, en présence de son avocat, Youssef Fenianos. Aucune indiscrétion n’a filtré sur la teneur et les détails de cet interrogatoire. L’un des avocats de l’ancien député, Malek Sayyed, s’est contenté de souligner que « l’enquête suit son cours normal sur le plan judiciaire ». M. Sayyed a déclaré dans ce cadre que les informations qui ont filtré durant les premières quarante-huit heures de l’arrestation, intervenue jeudi dernier, ont « porté préjudice à l’affaire ».


Dans l’attente que l’interrogatoire de Samaha soit achevé, c’est sur le plan politique que les remous se font sentir, de nombreuses voix s’étant élevées hier pour réclamer une révision en profondeur des relations avec Damas. Le leader des Kataëb, le président Amine Gemayel, a notamment réclamé la dénonciation du traité de fraternité, de coopération et de coordination conclu avec la Syrie.


Abondant dans le même sens, le député Antoine Zahra, membre du bloc parlementaire des Forces libanaises, a réclamé de son côté l’abolition du Conseil supérieur libano-syrien « qui régit en général les relations entre deux pays amis et non pas les rapports avec un pays qui porte atteinte à la sécurité de l’autre ». M. Zahra a par ailleurs invité le gouvernement à demander au Conseil de sécurité de l’ONU d’étendre le mandat des Casques bleus, dans le cadre de la résolution 1701, à « toutes les frontières libanaises, afin de préserver aussi bien le Liban que la Syrie ».


Le député Ghassan Moukheiber a souligné, quant à lui, que s’il se confirme que les services de renseignements syriens ont fomenté des attentats au Liban, il deviendra alors nécessaire de rompre les relations diplomatiques avec Damas.
Le député Imad el-Hout (« Jamaa islamiya », allié au courant du Futur) s’est prononcé pour l’expulsion de l’ambassadeur de Syrie à Beyrouth, le rappel de l’ambassadeur du Liban à Damas et « le gel des relations diplomatiques avec le régime criminel ». Il a en outre réclamé que le Liban présente une plainte au Conseil de sécurité contre la Syrie.


Même son de cloche au niveau du « comité des ulémas musulmans » qui s’est prononcé pour l’expulsion de l’ambassadeur syrien, soulignant que le gouvernement devrait demander au régime syrien de livrer au Liban les deux hauts gradés syriens, dont le général Ali Mamlouk, accusés d’avoir chargé Michel Samaha de préparer des attentats terroristes et des assassinats au Nord.
Le bureau politique du parti Najjadé a lui aussi réclamé la dénonciation du traité de fraternité avec la Syrie, rendant un vibrant hommage, par ailleurs, au directeur général des Forces de sécurité intérieure, le général Achraf Rifi, et au chef de la branche des renseignements des FSI, le général Wissam el-Hassan.

Hommage de Rifi à la branche des renseignements
Signalons dans ce cadre que le général Rifi a reçu hier une délégation parlementaire de la Békaa comprenant les députés Élie Marouni, Jamal Jarrah et Joseph Maalouf qui ont rendu hommage au général Rifi et à la branche des renseignements des FSI.
Notons en conclusion que le général Rifi a rendu publique hier une note administrative rendant hommage au général Wissam el-Hassan pour son action « qui a permis de démanteler 36 réseaux d’espionnage pour le compte de l’ennemi israélien et de dévoiler les identités de nombreux commanditaires d’attentats terroristes au Liban ». Le général Rifi a également rendu un hommage marqué aux officiers et aux membres du bureau des renseignements qui ont joué un rôle dans l’affaire Samaha.

 

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