La Bourse de Madrid anticipait cette demande, le titre de Bankia s’envolant, dans un marché en baisse.
Reste que la Commission européenne n’a pas « reçu à ce stade de demande d’activation de l’aide d’urgence dans le cadre du programme d’assistance financière aux banques » espagnoles, a déclaré Olivier Bailly, un porte-parole de l’exécutif européen. Or, une éventuelle demande d’activation de l’aide d’urgence devrait être approuvée par la Commission, la Banque centrale et la zone euro, précise-t-on à Bruxelles. Interrogé sur le délai nécessaire, M. Bailly a indiqué que « cela dépendrait de la nature de la demande, du montant, de la réaction d’autres acteurs, les États membres et la Banque centrale européenne » évoquant « plusieurs jours ou une à deux semaines ».
L’annonce en mai du sauvetage public historique de 23,5 milliards d’euros de Bankia, née en 2010 de la fusion de caisses d’épargne du pays, a précipité un plan d’aide européen au secteur. Les banques espagnoles croulent sous plus de 150 milliards de créances douteuses, principalement des prêts risquant de ne pas être remboursés, issues de l’éclatement de la bulle immobilière en 2008. Selon l’accord du 20 juillet conclu par la zone euro, sur les 100 milliards d’euros maximum prévus, une première enveloppe de 30 milliards d’euros devait être mise de côté fin juillet pour les banques espagnoles, afin de parer à toute urgence pendant l’été. Mais les montants précis dont auront besoin les banques ne seront connus qu’après la publication d’un audit à la rentrée.
L’aide de la zone euro aux banques espagnoles doit venir du Fonds de soutien de la zone euro (FESF) puis du Mécanisme de stabilité (MES), appelé à lui succéder rapidement. Elle doit être transmise au Fonds public d’aide pour les banques espagnoles, le Frob. En échange, Madrid a dû accepter de sévères conditions pour son secteur bancaire placé sous haute surveillance, et bien au-delà. Le gouvernement a annoncé vendredi un plan, exigé par Bruxelles, prévoyant 102 milliards d’euros d’économies d’ici à 2014. Objectif : réduire le déficit public, qui a dérapé à 8,9 % du PIB en 2011, à 6,3 % cette année, 4,5 % en 2013 et 2,8 % en 2014.
Pour l’heure, le gouvernement espagnol refuse tout nouveau tour de vis s’il devait se résoudre à une demande de sauvetage plus large. « Des analyses pronostiquent que finalement le gouvernement espagnol va solliciter l’aide des fonds de secours européens, entraînant une intervention de ces fonds et de la BCE sur les marchés de la dette pour mettre une fois pour toutes fin aux taux d’intérêt exorbitants » qu’affronte l’Espagne pour se financer, affirme une note de Link Analysis.
(Source : AFP)

