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Nos lecteurs ont la parole

À propos de l’article 534

John F. KHOURY
Il y a jurisprudence au Liban en ce qui concerne la définition d’un lieu public sur lequel est applicable la loi concernant l’« attentat à la pudeur publique » (intihak al-adab al-3ama).La forêt de Harissa n’a pas été considérée un lieu public selon une décision de la Cour de cassation datant d’avant 1975 (publiée dans Fahrass ijtihadat al-mahhakem).Une femme avait été surprise avec un homme dans la forêt de Harissa. La femme, selon le texte de la décision, « kanat touqabbel ihlilahou wa tamtassahou » (Elle embrassait son organe masculin et le suçait). Il ne semble pas que cet acte ait été considéré « contre nature » sur lequel l’article 534 était applicable, d’après la décision de la Cour de cassation. La cour jugea également que la forêt de Harissa ne pouvait être considérée comme un lieu public car très peu de gens s’y promenaient et qu’on ne pouvait pas bien voir, bien qu’on était en plein jour, à cause de l’ombre causée par les arbres.
Par conséquent, les hommes qui se trouvaient au cinéma Plaza n’auraient pas dû être considérés comme coupables d’attentat à la pudeur publique (selon les informations fournies par Mmes el-Hajj et Fifi Abou Dib – voir L’Orient-Le Jour des mercredi 1er et jeudi 2 août 2012 – NDLR ) puisqu’on ne peut absolument rien voir dans une salle obscure.
Par une ironie du sort, c’est le philosophe grec Aristote, qui était lui-même un « erastos », un mot à l’origine de l’expression « contre nature ». Il avait défini la « physis » (la nature) comme étant le but de l’existence de tel ou tel être ou tel ou tel objet. La nature du grain d’orange, par exemple, était le » but « de l’existence de ce grain c’est-à-dire de devenir un oranger. C’est une analyse téléologique de la réalité, et l’homme a pu réaliser à travers les âges que l’analyse téléologique de la réalité n’aboutit pas à notre compréhension scientifique du monde ; c’est l’analyse des causes directes qui a abouti à cela. (Voir à ce sujet le livre de Bertrand Russell History of Western Philosophy, chapitre consacré à Aristote). Nous ne pouvons pas savoir du point de vue scientifique quel est le but ou « nature » de tel ou tel occurrence. C’est de la pure sottise de postuler que le but d’un acte sexuel est la procréation. Le désir que ressent un homme ou une femme pour une autre personne n’est jamais celui de procréer ; il est indicible, indéfinissable ; il est même parfois accompagné du désir évident de ne pas procréer.

John F. KHOURY
Il y a jurisprudence au Liban en ce qui concerne la définition d’un lieu public sur lequel est applicable la loi concernant l’« attentat à la pudeur publique » (intihak al-adab al-3ama).La forêt de Harissa n’a pas été considérée un lieu public selon une décision de la Cour de cassation datant d’avant 1975 (publiée dans Fahrass ijtihadat al-mahhakem).Une femme avait été surprise avec un homme dans la forêt de Harissa. La femme, selon le texte de la décision, « kanat touqabbel ihlilahou wa tamtassahou » (Elle embrassait son organe masculin et le suçait). Il ne semble pas que cet acte ait été considéré « contre nature » sur lequel l’article 534 était applicable, d’après la décision de la Cour de cassation. La cour jugea également que la forêt de Harissa ne pouvait être considérée comme un...
commentaires (1)

Article amusant, et néanmoins sensé, de JFK. La forêt de Harissa ? Merci pour le tuyau ! :-)

Robert Malek

07 h 03, le 09 août 2012

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Commentaires (1)

  • Article amusant, et néanmoins sensé, de JFK. La forêt de Harissa ? Merci pour le tuyau ! :-)

    Robert Malek

    07 h 03, le 09 août 2012

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