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À La Une - Éclairage

Dans les coulisses du Hezbollah : appels feutrés pour une révision stratégique ?

Pour certains analystes, le discours prononcé par le chef de l’État à l’occasion de la Fête de l’armée est, sans aucun doute, révolutionnaire et fondateur d’une nouvelle phase à venir qui doit être désormais définie à la lumière de la crise syrienne.


D’ailleurs, soutiennent les tenants de cet avis, il n’y a qu’à voir la réaction, le moins qu’on puisse dire virulente, du secrétaire général du Hezbollah, qui a dénoncé une fois de plus, et de manière encore plus frontale, l’incapacité de l’État à libérer et à défendre la nation. Pour ces observateurs, il n’y a aucun doute que le président a annoncé le début d’une phase transitoire, en vue de préparer le terrain en cas de chute inopinée du régime syrien, sérieusement ébranlé depuis quelque temps.


Tel n’est pas l’avis d’une source autorisée qui affirme que les propos du chef de l’État ne sont pas tout à fait nouveaux, et qu’il a tout simplement proclamé tout haut ce qu’il disait dans ses assemblées privées depuis un certain temps. Selon cette source, le président ne fait que remplir son rôle d’arbitre, en se positionnant une fois de plus au-dessus des factions, convaincu qu’il est que la nation ne saurait être protégée par les chefs communautaires qui ont fait faillite sur ce plan, chacun étant préoccupé par ses intérêts propres et par l’amélioration de son audience électorale.
Michel Sleiman a ainsi saisi l’opportunité de la Fête de l’armée pour tirer le signal d’alarme, après avoir détecté plusieurs menaces contre l’institution militaire, notamment en provenance de l’extérieur, à la frontière avec la Syrie, et de l’intérieur. L’armée a été non seulement la cible d’attaques de la part de la rue sunnite (l’affaire du cheikh Abdel Wahed), mais elle a été en même temps embarrassée par la rue chrétienne (le blocage des voies publiques au nom et pour la défense de l’armée), et décrédibilisée par la résistance chiite qui a mis en relief à plus d’une reprise son impuissance. C’était l’occasion pour le chef de l’État de rectifier le tir et de redorer le blason de la troupe en lui restituant ses lettres de noblesse.


En défendant de cette manière l’État et son armée, Michel Sleiman veut rappeler à qui veut l’entendre que seules les institutions peuvent en définitive protéger les citoyens et sauvegarder la souveraineté. Dans la logique du chef de la première magistrature, la récupération de la souveraineté de l’État ne peut se faire que pas à pas, en mordant à chaque fois un peu plus sur l’espace occupé par les forces de facto et les leaders communautaires, et en restituant peu à peu aux institutions leur rôle.


Et la même source de rappeler que le président, qui ne s’encombre pas de considérations politiciennes, ne fait qu’énoncer les grands principes nationaux dont il est convaincu et qu’il espère qu’ils serviront d’inspiration à ceux qui tiennent le gouvernail. Autrement dit, le chef de l’État n’a pas les prérogatives pour mettre en application les principes énoncés, mais cherche tout simplement à insuffler les principes de base qui devraient dicter l’orientation générale du pays, dans son effort visant à préserver l’unité et l’intégrité territoriale de la nation comme le lui dictent ses prérogatives constitutionnelles.


La lecture de ce discours, que certains considèrent historique à plus d’un point de vue, devrait également se faire à la lumière de la dynamique du dialogue que le chef de l’État cherche à entretenir en permanence, estime encore la source. Celle-ci reconnaît toutefois qu’en élaborant le concept de stratégie nationale, Michel Sleiman a tenu à mettre en avant l’idée que celle-ci se fonde sur les capacités nationales du peuple entier, toutes communautés confondues, et non comme étant le produit du triptyque armée-peuple-résistance, un concept développé par le secrétaire général du Hezbollah et non par les représentants officiels de l’État.


Autrement dit, pour le président de la République, la résistance, qui englobe toutes les capacités nationales, ne se met en branle que lorsque les forces légales ont subi une défaite. Par conséquent, la résistance entre en jeu a posteriori et non a priori. Une position que certains estiment très avancée et indissociable des développements en Syrie.
C’est ce que confirme d’ailleurs une autre source autorisée qui rejoint tous ceux qui voient dans le discours de M. Sleiman l’amorce d’une nouvelle phase. D’ailleurs, ajoute-t-elle, il est indéniable qu’une nouvelle lecture stratégique de la phase à venir s’impose non seulement au chef de l’État, mais à tous les protagonistes concernés de près ou de loin par l’avenir de la région. Avec, à leur tête, le Hezbollah.


Ainsi, assure-t-on de même source, la réponse vive du numéro un du Hezbollah aux positions affichées par le président de la République ne reflète pas nécessairement l’humeur de l’ensemble des cadres du parti chiite, voire de la base. Il n’y a qu’à voir le débat qui a eu lieu il y a quelques semaines lors du congrès général du parti de Dieu, au cours duquel plusieurs voix se sont élevées pour prôner la nécessité d’une révision stratégique à la lumière de la dégradation de la situation en Syrie. Selon certaines informations qui ont filtré de ce congrès, un député du Hezbollah a même présenté une étude officielle sur le besoin impérieux pour le parti de reconsidérer ses calculs en fonction des développements régionaux.


Une initiative que viendrait d’ailleurs corroborer une lassitude observée au sein de certains milieux chiites de la capitale mais aussi du Liban-Sud, où l’on croit de plus en plus que le Hezbollah est désormais en déphasage total avec son environnement régional, son discours n’étant plus aussi mobilisateur et convaincant. À tel point qu’une source officieuse bien informée s’aventure même à dire que Hassan Nasrallah finira par perdre le soutien non seulement des Libanais, mais de l’ensemble des habitants du Sud. C’est dans ce contexte qu’il faudra d’ailleurs lire le retour en force de certains intellectuels chiites, tels que Saoud Mawla et Abbas Jawhari que l’on verra bientôt réapparaître sur la scène publique en vue de ressusciter le courant chiite dit modéré. C’est de la même manière qu’il faudrait interpréter également les nombreuses délégations chiites qui ont défilé chez l’ancien président de l’Assemblée, Hussein Husseini, à l’occasion des funérailles de son épouse. « Un véritable plébiscite pour une famille chiite traditionnelle que la montée du Hezbollah avait complètement écartée de la tribune politique », commente la source.

Pour certains analystes, le discours prononcé par le chef de l’État à l’occasion de la Fête de l’armée est, sans aucun doute, révolutionnaire et fondateur d’une nouvelle phase à venir qui doit être désormais définie à la lumière de la crise syrienne.
D’ailleurs, soutiennent les tenants de cet avis, il n’y a qu’à voir la réaction, le moins qu’on puisse dire virulente, du secrétaire général du Hezbollah, qui a dénoncé une fois de plus, et de manière encore plus frontale, l’incapacité de l’État à libérer et à défendre la nation. Pour ces observateurs, il n’y a aucun doute que le président a annoncé le début d’une phase transitoire, en vue de préparer le terrain en cas de chute inopinée du régime syrien, sérieusement ébranlé depuis quelque temps.
Tel n’est pas l’avis d’une...
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