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À La Une - La Situation

Le 14 Mars craint l’aventurisme du Hezbollah après les propos de Nasrallah

Dans les milieux politiques, notamment dans les rangs de l’opposition, on considère que les positions exprimées mercredi soir par le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, sont une réponse directe aux propos tenus le matin du même jour par le président de la République, Michel Sleiman, à l’occasion de la fête de l’Armée.
L’intervention du président Sleiman a été elle-même qualifiée d’importante par nombre d’observateurs politiques et diplomatiques, qui y ont vu rien de moins qu’un discours présidentiel fondateur pour la nouvelle phase qui s’annonce.
Le chef de l’État avait notamment souligné que l’État n’accepterait sous aucun prétexte que l’armée soit contrainte d’abandonner son devoir dans n’importe quelle région du pays, mais aussi et surtout qu’il ne saurait y avoir de « partenariat » avec l’armée et les autres forces légales dans la sécurité, la souveraineté et le monopole de l’usage de la force.
Il avait également fait valoir « le besoin pressant de l’adoption d’une stratégie nationale qui se fonde sur tous et rassemble les capacités nationales résistantes et dissuasives » face à Israël, une vision aux antipodes de la doctrine basée sur le triptyque armée-peuple-résistance.
Il convient de noter que cette dernière équation a disparu depuis quelque temps déjà du vocabulaire politique du président de la République, qui lui préfère désormais l’expression « capacités nationales ».
Nombre d’observateurs politiques et diplomatiques ont estimé que ces prises de position annoncent clairement une phase nouvelle, allant même jusqu’à souligner qu’il s’agit de la phase de « l’après-Bachar el-Assad ».
Quelques heures à peine après le discours présidentiel, Hassan Nasrallah prenait le contrepied de la démarche du chef de l’État, non seulement en prônant une « stratégie de libération », parallèlement à la stratégie défensive, mais aussi en soulignant que si « l’État était incapable ou non désireux d’adopter une stratégie de libération, il serait du droit des habitants du Sud ou de tout citoyen libanais de proclamer qu’il existe un territoire occupé et qu’il s’acquitterait de son devoir ».
« Du fait même que l’État s’abstienne de toute stratégie de libération, cela signifie que cette tâche revient au peuple », avait ajouté le secrétaire général du Hezbollah, tout en se défendant d’avoir torpillé le dialogue national et en rejetant cette accusation sur le 14 Mars, qui chercherait selon lui à « exercer un chantage sur le président de la République et le gouvernement » avec comme but de faire tomber le cabinet en place.
Mais Hassan Nasrallah est allé encore plus loin en affirmant que « si les armes (du Hezbollah) étaient placées sous le commandement de l’État, elles perdraient de ce fait leur force de dissuasion » et encore que « l’armée est incapable d’intégrer, de protéger, d’utiliser et d’abriter » cet arsenal.
Ces propos, ainsi que l’insistance de Hassan Nasrallah à défendre l’idée d’un armement iranien pour l’armée libanaise, ont naturellement suscité des craintes dans les rangs de l’opposition, alors que les milieux diplomatiques relevaient que ces prises de position constituaient une réponse claire au discours du chef de l’État.
Au sein du 14 Mars, on craint essentiellement que le Hezbollah ne soit tenté une nouvelle fois par une fuite en avant sous prétexte de libération et qu’il ne commette dans cette perspective un acte aventureux, exactement comme ce fut le cas en juillet 2006.
À ce propos, les milieux du 14 Mars s’interrogent sur la nature justificative d’une « stratégie de libération » dans la mesure où le secteur occupé des fermes de Chebaa est toujours considéré dans les registres des Nations unies comme étant un territoire syrien.
En effet, on sait que les autorités syriennes n’ont jamais remis à Beyrouth les documents justificatifs prouvant l’appartenance de ce territoire au Liban et que le président syrien s’est toujours dérobé à ce qu’il soit procédé au tracé de la frontière dans ce secteur, comme le réclamaient l’ONU et les gouvernements libanais successifs, sachant que la Syrie avait mis la main dans les années cinquante sur ce territoire et l’avait intégré de facto.
En tout état de cause, on estime dans les rangs de l’opposition que si le secrétaire général du Hezbollah souhaite libérer les territoires occupés, le moins qu’il doive faire, c’est de retirer ses ministres du gouvernement, puisque ce dernier reconnaît la résolution 1701 du Conseil de sécurité et la présence de la Finul au Liban-Sud pour empêcher justement toute confrontation militaire dans cette région.
Quoi qu’il en soit, on indique de sources proches du 14 Mars que ce dernier envisage, à la lumière des positions adoptées par le président Sleiman, tant sur la question des données téléphoniques que sur celle des armes du Hezbollah, de participer à la prochaine séance du dialogue national, fixée au 16 août.
Le 14 Mars avait annoncé la suspension de cette participation, ce qui a conduit le chef de l’État à ajourner la réunion qui était initialement prévue le 24 juillet dernier.
Dans les milieux politiques, notamment dans les rangs de l’opposition, on considère que les positions exprimées mercredi soir par le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, sont une réponse directe aux propos tenus le matin du même jour par le président de la République, Michel Sleiman, à l’occasion de la fête de l’Armée.L’intervention du président Sleiman a été elle-même qualifiée d’importante par nombre d’observateurs politiques et diplomatiques, qui y ont vu rien de moins qu’un discours présidentiel fondateur pour la nouvelle phase qui s’annonce.Le chef de l’État avait notamment souligné que l’État n’accepterait sous aucun prétexte que l’armée soit contrainte d’abandonner son devoir dans n’importe quelle région du pays, mais aussi et surtout qu’il ne saurait y avoir de...
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