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Nos lecteurs ont la parole

Doux comme un bonbon

Lina SINNO
J’ai appris récemment un nouveau mot : « papivore ». Imaginez-vous que l’on qualifie de ce nom les personnes qui lisent beaucoup – contraction de papier et de dévoreur. Je ne fais pas de jeu de mots, contrairement à mon habitude : le dico est là !
Tout cela pour dire que je suis peut-être une passionnée de scrabble, une mordue de films, mais hélas une piètre papivore. Le fin mot de l’histoire c’est que, hier soir, ma mère m’a tendu un livre me disant : « Je sais que tu ne lis pas beaucoup, mais ce livre, tu n’as pas le droit de le rater ! » Ce n’est qu’au dénouement et pour les beaux yeux de Ting Ting que j’allais comprendre, la gorge nouée, la raison de son insistance. Là-dessus, avec une grimace, je jetais un œil distrait sur la chose. Il a suffi cependant que je lise le nom de l’auteur, Éric Emanuel Schmitt, que j’affectionne particulièrement, pour que je passe tout de go au titre, lequel à son tour éveilla au plus haut point ma curiosité : Les dix enfants que Madame Ming n’a jamais eus. Ces pages ne me lâchèrent plus deux bonnes heures durant. Dans toute leur sobriété, j’oserais même parler de naïveté, vous tombez sur des phrases, des mots, des situations que vous éprouvez beaucoup de plaisir à lire et à relire pour leur sens en filigrane. À d’autres passages, vous irez jusqu’aux larmes tellement, dans toute sa fluidité, dans toute sa générosité, Éric Emanuel Schmitt a l’art de trouver le mot juste pour vous émouvoir, tellement ce récit, sorti de nulle part, vous paraît aussi doux qu’un bonbon. Un texte émaillé d’une kyrielle d’aphorismes, plus délicieux les uns que les l’autres. Je suis tombée en arrêt devant plusieurs de ces bons mots, mais il en est un qui reste le plus cher à mon cœur : « La vérité m’a toujours fait regretter l’incertitude. »
Sans vouloir vous gâcher le plaisir de la surprise, il s’agit d’un conte des plus attendrissants, des plus inattendus aussi, mettant en scène une attachante Madame Ming et un Parisien souvent amené à se rendre en Chine pour y conclure des affaires avec des usines de jouets « made in China ». Quand cet homme négocie un contrat, il aime susciter le doute et faire attendre ses interlocuteurs, le temps pour lui d’un passage dans les toilettes. Et c’est dans les sous-sols de ce grand hôtel qu’il fait la rencontre de Madame Ming, la Dame Pipi ! La conversation s’engage, et au fil des jours, il n’a plus qu’une envie : se rendre dans le « royaume » de Madame Ming, afin de poursuivre inlassablement leurs conversations sur la vie, la Chine, et surtout les enfants. En fait, ce qui fait le charme de cette histoire aussi insolite qu’intimiste, c’est cette dame qui, malgré son métier ingrat, connaît Confucius sur le bout des doigts, mais surtout embrasse la vie réelle, cultive le mystère et distille ces phrases acidulées qui piquent l’esprit. Dans ce pays de l’enfant unique, au fil des pages, on s’interroge : est-il possible que cette Madame Ming soit la mère d’une fratrie de 10 enfants ? Tantôt on ne peut que la croire, tantôt on ne peut que douter, mais au final peu importe, tant elle réveille notre sympathie et nous tient sous son charme tout au long du récit. Jusqu’au dénouement, qui va droit au cœur.
Je ne vous en dirai pas plus. Si vous ne l’avez pas encore lu, courez vite acheter ce must-read chez votre libraire, conseillez-le à vos amis, offrez-le, prenez le temps de le siroter, rangez-le ensuite soigneusement dans votre bibliothèque, puis ressortez-le de temps en temps, époussetez-le s’il se trouve, dégustez-le de nouveau, et surtout faites-le lire « aux dix petits enfants » que j’espère vous aurez eu entre-temps...

Lina SINNO
J’ai appris récemment un nouveau mot : « papivore ». Imaginez-vous que l’on qualifie de ce nom les personnes qui lisent beaucoup – contraction de papier et de dévoreur. Je ne fais pas de jeu de mots, contrairement à mon habitude : le dico est là ! Tout cela pour dire que je suis peut-être une passionnée de scrabble, une mordue de films, mais hélas une piètre papivore. Le fin mot de l’histoire c’est que, hier soir, ma mère m’a tendu un livre me disant : « Je sais que tu ne lis pas beaucoup, mais ce livre, tu n’as pas le droit de le rater ! » Ce n’est qu’au dénouement et pour les beaux yeux de Ting Ting que j’allais comprendre, la gorge nouée, la raison de son insistance. Là-dessus, avec une grimace, je jetais un œil distrait sur la chose. Il a suffi cependant que je lise le nom de l’auteur,...
commentaires (1)

Tres tentant:)

Michele Aoun

03 h 11, le 02 août 2012

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Commentaires (1)

  • Tres tentant:)

    Michele Aoun

    03 h 11, le 02 août 2012

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