Rechercher
Rechercher

Liban

Le dialogue national entre les développements en Syrie et l’aval de l’Arabie


À travers le discours d’hier, dans lequel il a en quelque sorte critiqué les deux camps adverses, le président de la République Michel Sleiman ne cache pas en réalité son amertume face au blocage des réunions de dialogue. Il a certes annoncé qu’il comptait entreprendre une nouvelle série de contacts pour le relancer et assurer la participation de toutes les parties au rendez-vous du 16 août, mais il n’ignore pas que le pari est risqué.
Des observateurs proches de Baabda révèlent à cet effet que le chef de l’État a été particulièrement surpris par le refus du 14 Mars d’assister à la réunion qui était prévue le 23 juillet, alors qu’il avait adopté une série de mesures destinées à se rapprocher d’eux. Les mêmes sources ajoutent qu’après la déclaration de Baabda adoptée au cours de la première réunion de retrouvailles – qui avait été considérée comme favorable aux thèses du 8 Mars, notamment dans le refus de toute idée de créer une zone tampon au Nord et dans la décision d’envoyer l’armée contrôler les frontières avec la Syrie –, le président Sleiman a tenté de rectifier le tir en rééquilibrant le dosage autour de la table de dialogue. Il comptait ainsi présenter sa vision de la stratégie de défense nationale basée sur l’incident de Adayssé et qui donne à l’armée le rôle le plus important dans la confrontation avec Israël et dans la défense du territoire, au détriment donc de la résistance qui, selon cette vision, devrait être en retrait de l’armée. Il avait entre-temps pris l’initiative d’envoyer une note de protestation aux autorités syriennes par le biais des ministères des Affaires étrangères des deux pays, contre les incursions à travers la frontière. Il savait que cette initiative était de nature à déplaire non seulement aux autorités syriennes mais aussi à leurs alliés libanais. Mais il était convaincu qu’elle montrait au 14 Mars son souci de la souveraineté du pays et constituerait une sorte de rapprochement avec lui. Enfin, il avait présidé une réunion samedi à Baabda au cours de laquelle il avait réussi à arracher aux ministres présents un accord pour donner la data des informations aux services de sécurité, y compris les empreintes téléphoniques appelées aussi IMZI. Grâce à ces trois initiatives, le président, selon les sources proches de Baabda, estimait que le 14 Mars reviendrait sur sa décision de boycotter le dialogue. Quelle n’a donc pas été sa déception en voyant que ce camp maintenait sa position de boycott ? Les sources proches de Baabda en arrivent donc à la conclusion qu’il existe une cause cachée qui pousse le 14 Mars à refuser le dialogue dans cette étape en particulier.
Des sources diplomatiques arabes affirment de leur côté qu’en réalité, le président a mal compris la lettre que lui avait adressée le roi Abdallah d’Arabie pour le pousser à reprendre le dialogue. Le roi avait aussi mentionné dans sa missive qu’il était indispensable de renouer le dialogue au moment où une communauté se sent menacée au Liban. Le roi n’avait pas été plus explicite, mais il visait la communauté sunnite et en filigrane, il suggérait, selon les mêmes sources diplomatiques, qu’il fallait former un nouveau gouvernement pour assurer la protection de cette communauté, par le biais de la conférence de dialogue national. Or, dès la première réunion de cette conférence, le sujet d’un éventuel changement de gouvernement a été clos, les représentants du 14 Mars présents ayant renoncé à le soulever. Ils ont d’ailleurs été la cible de nombreuses critiques au sein de leur propre camp. Cette attitude reste plus ou moins incompréhensible et certains pensent que face à l’appui américain et occidental ouvertement déclaré au gouvernement de Nagib Mikati, les représentants du 14 Mars à la conférence de dialogue ont choisi de renoncer momentanément à la volonté de le faire chuter et de faire ainsi preuve de pragmatisme. Mais ils ont surtout permis à Sleiman, et plus encore à Mikati, de marquer des points sans que le 14 Mars obtienne quelque chose en échange. C’est pourquoi il était impératif de rectifier le tir et de revenir au boycott des réunions, puisque celles-ci ne pouvaient ni favoriser la chute du gouvernement actuel ni accélérer l’adoption d’une stratégie nationale de défense capable d’aboutir au désarmement du Hezbollah. Toutes « les tentatives de consolation » de la part du chef de l’État ne pouvaient pas compenser cette réalité. De plus, le chef du PSP Walid Joumblatt qui guette les signaux venus d’Arabie et qui attend, comme il l’a lui-même déclaré mercredi dans le cadre d’une interview, d’être reçu par le roi Abdallah, a abondé dans le sens du boycott en précisant qu’il comprend la décision du 14 Mars puisque ses membres se sentent menacés.
Dans ce contexte, la réunion du 16 août a peu de chances de se tenir. Sauf si des développements décisifs interviennent sur la scène syrienne et modifient le rapport des forces actuel. Selon les milieux du 14 Mars, celui-ci prépare déjà l’étape de l’après-Assad et considère que le vent a soufflé et souffle désormais en sa faveur...
À travers le discours d’hier, dans lequel il a en quelque sorte critiqué les deux camps adverses, le président de la République Michel Sleiman ne cache pas en réalité son amertume face au blocage des réunions de dialogue. Il a certes annoncé qu’il comptait entreprendre une nouvelle série de contacts pour le relancer et assurer la participation de toutes les parties au rendez-vous du 16 août, mais il n’ignore pas que le pari est risqué.Des observateurs proches de Baabda révèlent à cet effet que le chef de l’État a été particulièrement surpris par le refus du 14 Mars d’assister à la réunion qui était prévue le 23 juillet, alors qu’il avait adopté une série de mesures destinées à se rapprocher d’eux. Les mêmes sources ajoutent qu’après la déclaration de Baabda adoptée au cours de la première...
commentaires (6)

L'Arabie Saoudite n'a pas un parti armé jusqu'aux dents a sa solde au Liban et n'obeissant qu'a ses ordres. Parti qui mene le pays lentement mais inexorablement a sa desintegration et c'est peut-etre ca le but recherche et par ce parti et par l'Iran tandis que l'Arabie ne veut desintegrer personne. Je ne prends pas la la defense d'un systeme ou d'un autre, ces deux-la se valent mais l'un est extremement nocif a l'avenir de mon pays, l'autre pas ou alors a un degre mille fois moindre.

Fady Challita

07 h 18, le 27 juillet 2012

Commenter Tous les commentaires

Commentaires (6)

  • L'Arabie Saoudite n'a pas un parti armé jusqu'aux dents a sa solde au Liban et n'obeissant qu'a ses ordres. Parti qui mene le pays lentement mais inexorablement a sa desintegration et c'est peut-etre ca le but recherche et par ce parti et par l'Iran tandis que l'Arabie ne veut desintegrer personne. Je ne prends pas la la defense d'un systeme ou d'un autre, ces deux-la se valent mais l'un est extremement nocif a l'avenir de mon pays, l'autre pas ou alors a un degre mille fois moindre.

    Fady Challita

    07 h 18, le 27 juillet 2012

  • tiens personne ne critique l'ingérence de l'Arabie Saoudite dans la politique du Liban, et en plus ils veulent un nouveau gouvernement ? Qu'est vous dites messieurs du 14 Mars vous êtes des souverainistes ? Qu'un gouvernement étranger désir un autre gouvernement ne vous dérange pas ? A si c'était l'Iran, j'entendrais les critiques

    Talaat Dominique

    06 h 13, le 27 juillet 2012

  • "Les sources proches de Baabda arrivent à la conclusion qu’il existe une cause cachée qui pousse le 14 Mars à refuser le dialogue dans cette étape en particulier." ! Encore "un Complot" de plus mis à nu par les "théoriciens spécialistes brevetés du Complot" !

    Antoine-Serge KARAMAOUN

    05 h 43, le 27 juillet 2012

  • J'aime bien le titre. Un dialogue national basé sur des éléments internationaux.

    Robert Malek

    04 h 27, le 27 juillet 2012

  • Les "sources" de ces Eclairages dépeignent toujours le 14 Mars comme un mouvement médiocre, ce qui est souvent vrai. Mais cette fois ce sont "des sources proches de Baabda" qui le dépeignent non seulement comme médicore, mais aussi comme assez bête. Cela n'est pas tout à fait exact. Encore plus dissonnante de la vérité est l'affirmation des "sources proches de Baabda qu'il existe une cause cachée qui pousse le 14 Mars à refuser le dialogue" et, d'autre part, que "le président de la République a mal compris la lettre que lui avait adressée le roi Abdallah". Tout de même !! Or pour une fois le 14 Mars a été bien clair sur les deux conditions nécessaires pour sa participation au dialogue, satisfaisant son public : 1-Remise aux FSI des données téléphonique complètes avec l'IMSI. 2-Stratégie de défense, donc armes du Hezbollah, à l'ordre du jour, ce qui avait été formellement interdit par l'autorité de l'INTERDICTION au Liban, soit le Hezbollah par la bouche du député Mohammad Raad et celle du secrétaire général du parti, Hassan Nasrallah. Concernant les données téléphoniques -qui "ne peuvent être remises que s'il y a crime" (sic), soit assassinat effectif (!!), a décrété le général Aoun- on est toujours au jeu de la marguerite, "remettent, ne remettent pas". Quant à la stratégie de défense, Raad et Nasrallah l'ont enterrée. Tout le monde est bouche bée autour de la tombe. Sincères condoléances !

    Halim Abou Chacra

    02 h 40, le 27 juillet 2012

  • Brillant comme d'hab...mais de toute façon,pour qu'il y ait dialogue,il faut aborder les vrais sujets....et comme "certains" refusent de les aborder...et "en vrai",je suis sûr que le Président n'est pas si déçu que çà...ma source est un infiltré appelé "mon petit doigt"...

    GEDEON Christian

    20 h 57, le 26 juillet 2012

Retour en haut