Le général Aoun bien sûr, car c’est lui qui a donné le signal de départ de cette mascarade de soutien à l’armée. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’il a décidé en son âme et conscience que la justice ne faisait pas son travail en arrêtant les officiers de l’armée à nouveau et, comme tout le monde le sait, ce que le général veut, Dieu le veut! Et la justice, c’est lui qui décide si elle fait son travail ou pas ! Peu importe si le ministre de la Justice appartient à son parti. N’est-ce pas lui qui avait déclaré à la veille de l’élection présidentielle, il y a près de cinq ans : C’est moi ou le chaos ? Il vient de faire mieux. Nous sommes au-dessus de tous les pouvoirs, exécutif et judiciaire, a-t-il dit, car nous sommes les élus du peuple. Et les élus qui ne pensent pas comme vous, cher ami ?
A-t-il oublié qu’il y a la séparation des pouvoirs dans les pays démocratiques et que les élus du peuple ne peuvent en aucun cas intervenir dans le déroulement d’un processus judiciaire ? Mais honnêtement, faut pas trop lui demander. Il confond tout et son contraire. Lors des événements de Nahr el-Bared, il avait déclaré que l’armée ne devait pas attaquer le camp. Voilà maintenant qu’il loue les héros de l’armée à Nahr el-Bared. Défendre l’assassin de sang-froid d’un capitaine de l’armée pilote d’hélicoptère ne le trouble pas le moins du monde car l’assassin appartenait au Hezbollah. Mais une décision de justice qui arrête à nouveau des officiers de l’armée, et voilà que notre bien-aimé général s’effarouche. L’armée pour cet ex-général en chef, il est pour ou contre, selon l’inspiration du moment. Il a peut-être oublié que ce gouvernement qu’il fustige et qui a décidé l’extension de l’enquête menant à la réincarcération des officiers en question comporte pas moins de dix ministres appartenant à sa propre coalition. Ils étaient où, ses ministres, quand le gouvernement a pris cette décision ?
Tout cela ne serait pas bien grave s’il n’y avait un électorat conquis par ses discours ubuesques ainsi que des petits ambitieux qui n’osent le contredire.
Cet électorat a été mené l’autre jour place du Musée par le ministre des Télécoms en personne, M. Nicolas Sehnaoui. Un ministre menant une manifestation non autorisée contre ses propres alliés au gouvernement et s’attaquant à une décision qu’il avait lui-même agréée ? On aura tout vu ! Oubliant qu’il se présentait aux élections à Achrafieh, le candidat malheureux aux dernières élections n’a rien trouvé de mieux pour s’assurer les suffrages de ses électeurs potentiels que de les bloquer pendant des heures dans des embouteillages dans les rues de la circonscription dans laquelle il compte se présenter. Je suis certain qu’il y avait pas mal d’Orange parmi ces automobilistes pris en otages par les partisans du général. Quant aux services de sécurité, si vigilants quand ils tapaient sur les étudiants il y a trois mois à peine, dont le neveu de Dany Chamoun, parce qu’ils avaient dépassé le périmètre qui leur était assigné, ils brillaient par leur absence lors d’une manif non autorisée. Chapeau pour le mois sécuritaire ! C’est à la tête du client !
Mais il faut avouer que M. Sehnaoui n’est pas à une erreur de jugement près. N’a-t-il pas refusé, suite à des conseils amicaux, de donner les détails des communications téléphoniques réclamés par les services de sécurité cherchant à faire la lumière sur les tentatives d’assassinat sur MM. Geagea et Harb ? Ne comprend-il donc pas que la stabilité politique et sécuritaire du pays, qui ne tient qu’à un fil, aurait volé en éclats si ces tentatives d’assassinat avaient abouti ? Cela ne l’intéresse donc pas de savoir qui a cherché à déstabiliser le Liban ?
Revenons aux manifestants rentrant tranquillement chez eux au Kesrouan et qui n’ont rien trouvé de mieux que de couper l’autoroute du Nord à l’entrée du Kesrouan avec des pneus brûlés, créant des embouteillages inextricables dans leur propre région. Autant s’envoyer une balle de bêtise dans la tête ! Je suis persuadé que les partisans du général bloqués pendant des heures autour de chez eux étaient très heureux. Le Kesrouan n’est-il pas la seule circonscription où le général a remporté les élections grâce à l’appui populaire dont il jouissait ? Ailleurs, à Baabda, Jbeil et Jezzine, il a eu besoin de Hezbollah pour se hisser au-dessus de la barre. Quant au Metn, sans le vote Tachnag, ses candidats étaient cuits.
Mais des pneus brûlés, ce n’est pas bien grave ! Le dernier qui a tenté de mettre le feu à la New TV a été relâché par le juge Ghassan Oueidate.
Le président de la République avait clairement déclaré que bloquer des voies de circulation vitales ne devait pas être un moyen de protestation et avait invité l’armée et le ministre de l’Intérieur à empêcher ce type d’activité. Et voilà que le président lui-même a été pris dans les embouteillages créés par les partisans de ses propres ministres. Des ministres qui n’ont peut-être pas entendu ses vœux pieux ou alors qui n’en ont cure. Mais bien sûr, au Liban, même le président devra fermer les yeux et se rabibocher avec ses ministres, même si leurs partisans l’enferment dans des
embouteillages.
Non mais quel pays! Quelle République !


L'Iran ripostera de façon « décisive » à toute attaque, avertit son négociateur en chef
Ceux qui accusaient G.W.B. de vouloir répandre la Fawda al khallaka dans la région, sont ceux qui la pratiquent au Liban ? mais...c'est qu'elle n'est pas Khallaka mais Khannaka !
05 h 04, le 26 juillet 2012