Le bloc parlementaire du Futur réuni comme chaque mardi autour de l’ancien Premier ministre Fouad Siniora. Photo Dalati et Nohra
Le bloc parlementaire du Futur, réuni comme chaque mardi sous l’égide de son chef, Fouad Siniora, a ainsi dénoncé l’incapacité du gouvernement à « prendre une décision claire concernant la transmission aux services de sécurité des données sur les mouvements téléphoniques dans tous leurs aspects et sur l’ensemble du territoire libanais, mais sans le contenu des conversations ».
Relevant que « la gravité du problème a été illustrée dernièrement par la tentative d’attentat » contre le député Boutros Harb, le bloc relève dans un communiqué que les services de sécurité « n’ont pas pu, jusqu’ici, faire la lumière sur les circonstances de cette tentative, alors même que ses exécutants ont pris la fuite dans des directions connues ».
« L’insistance (du 8 Mars) à dénier la transmission de ces données aux services de sécurité sous des prétextes fallacieux ou à accepter une transmission tronquée constitue en soi un complot », souligne le bloc, qui accuse le gouvernement de « faciliter ainsi la tâche des criminels qui en veulent aux dirigeants du 14 Mars ».
Le bloc accuse nommément le Hezbollah de « contribuer à mettre les dirigeants du 14 Mars en danger de liquidation ».
En revanche, le Futur a favorablement accueilli la décision du gouvernement d’ouvrir la voie à un élargissement de l’enquête sur l’affaire du meurtre du cheikh Ahmad Abdel Wahed et de son compagnon dans le Akkar, sous la supervision du procureur de la République. « Cette décision témoigne d’un début d’orientation vers un traitement sérieux de cette affaire », affirme le bloc.
Chez les députés du Akkar, favorables à une saisine de cette affaire par la Cour de justice, la réaction est également favorable dans l’ensemble. Seul Riad Rahal a considéré que la décision du gouvernement est « tardive ».
Mais pour en revenir à la question des données téléphoniques, la réaction la plus virulente a été celle du député Ammar Houry, également du bloc du Futur. « Depuis 2005 et jusqu’à cet instant, l’épée de Damoclès des assassinats est exclusivement au-dessus des têtes du 14 Mars, et nous voyons la partie adverse continuer à nier les tentatives de meurtre. Cela complique la situation et renforce les suspicions à l’égard des intentions (du 8 Mars) », a souligné M. Houry.
« Je déplore le fait que le 8 Mars bénisse toute atteinte sécuritaire touchant le 14 Mars », a-t-il ajouté, accusant le premier de « ne pas faire la différence entre les désaccords politiques et les haines personnelles ».
De son côté, le député Joseph Maalouf, membre du bloc des Forces libanaises, s’est demandé si, « dans le cas où les assassinats viseraient les personnalités du 8 Mars, il y aurait autant de contestation au sujet de la transmission des données téléphoniques ».
Quant au président de la commission parlementaire de l’Administration et de la Justice, Robert Ghanem, il a estimé que « l’anarchie régnante ne peut plus perdurer ». Qu’est-ce qui est préférable, la préservation des droits individuels du citoyen ou la sauvegarde de sa vie ?
Kanaan et Layoun
Du côté de la majorité gouvernementale, personne n’a évoqué l’affaire des données téléphoniques. Le député Ibrahim Kanaan, qui a remplacé hier le général Michel Aoun devant les journalistes à l’issue de la réunion hebdomadaire du bloc du Changement et de la Réforme, s’est contenté d’émettre quelques considérations consensuelles – et plutôt sibyllines – au sujet de l’affaire du Akkar. Il a appelé à « préserver la capacité et l’efficacité de l’institution militaire » tout en insistant sur « la nécessité d’une justice qui ne soit pas en contradiction avec la pérennité de l’armée ».
Pour sa part, le ministre de la Culture, Gaby Layoun, également membre du bloc aouniste, a souligné qu’il était faux de dire que la décision du gouvernement au sujet de l’affaire Abdel Wahed était « un compromis ». « Nous traversons une période délicate et il nous faut traiter avec ces choses d’une façon sérieuse et responsable. »
Par ailleurs, M. Layoun a affirmé que les raisons qui avaient poussé les ministres aounistes à boycotter les avant-dernières séances du Conseil des ministres « sont toujours là », mais qu’il « existe à l’heure actuelle un traitement du problème ».
M. Layoun faisait référence à la contestation par le bloc du Changement et de la Réforme, rejoint en la circonstance, par les formations chrétiennes du 14 Mars, de la manière dont s’est déroulé le vote à la Chambre sur la titularisation des journaliers d’EDL.


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03 h 06, le 11 juillet 2012