Le constructeur américain avait ouvert le feu vendredi, sans même attendre que l’européen confirme lundi qu’il allait ouvrir une chaîne d’assemblage d’avions aux États-Unis. Il avait affirmé qu’Airbus allait créer moins d’emplois avec cette usine en Alabama qu’il n’en a détruits avec les subventions des gouvernements européens. « L’OMC a conclu spécifiquement que ce sont les erreurs de gestion de la direction de Boeing et sa politique de délocalisation et de sous-traitance qui sont seules responsables de pertes d’emplois aux États-Unis », a répliqué Airbus dans un communiqué incendiaire. Le constructeur de Toulouse, dans le sud-ouest de la France, ajoute qu’il « est prouvé que Boeing a bénéficié de plus de subventions illégales que toute autre compagnie dans l’histoire du droit commercial ». Et, attaquant le dernier-né de la gamme Boeing, le long-courrier 787 « DreamLiner » (« avion de ligne de rêve »), il écrit : « L’OMC a confirmé que le B787 SubsidyLiner (“avion de ligne de subsides”) n’existerait même pas sans les milliards de subventions gouvernementales directes reçues par Boeing. »
Le géant américain n’a pas tardé à répondre, affirmant que l’OMC avait évalué à 18 milliards de dollars les subsides reçus par Airbus, contre trois milliards reçus par Boeing. Dans un communiqué, l’avionneur de Seattle réaffirme son intention de respecter avec le gouvernement américain les règles de l’OMC. « Nous attendons le même engagement de la part d’Aribus et de l’Union européenne », dit-il.
Ironiquement, la contre-attaque d’Airbus fait suite à des déclarations apaisantes de Boeing. Ted Austell, vice-président juridique du groupe, avait déclaré que l’américain cherchait à parvenir à une « discipline » sur les aides publiques « dans l’intérêt à long terme du secteur ».
Airbus comme Boeing partagent la même inquiétude devant les subventions reçues par les nouveaux constructeurs chinois, russe, brésilien et canadien, avait-il affirmé. Et son collègue, Bob Novick, conseiller de Boeing sur l’OMC, avait laissé entendre que le constructeur américain ne voulait pas recourir aux sanctions prévues par l’OMC. Les dirigeants d’Airbus font valoir depuis des mois que le conflit entre les deux groupes avantage leurs concurrents émergents et ont laissé entendre que les deux parties feraient mieux de trouver un accord à l’amiable.
Cette guerre de communiqués intervient à quelques jours de l’ouverture du Salon de Farnborough (Grande-Bretagne), un des grands rendez-vous de l’aéronautique mondiale où les constructeurs rivalisent à coups de contrats.
(Source : AFP)

