Des jeunes saoudiens assistent à un match de football le 28 juin 2012 à Taëf, en Arabie Saoudite. AMER HILABI /
L'Arabie saoudite peine à offrir des emplois à ses jeunes, notamment les diplômés qui quittent chaque année en nombre les universités, en dépit de richesses colossales et d'une économie florissante.
Dans la première économie arabe et le premier exportateur de pétrole au monde, le taux de chômage dépasse les 10%, selon la Banque mondiale.
Les jeunes forment 55 à 60% des 19 millions d'habitants du royaume.
"J'ai cherché un emploi dans le secteur public comme dans le privé mais sans succès", déplore Majed Hassan, 26 ans, diplômé d'anglais.
Ce jeune homme de la cité portuaire de Jeddah (ouest) raconte avoir travaillé pendant un an dans un magasin de télécommunications, puis avoir ouvert une épicerie qu'il a dû fermer en raison "de la concurrence des étrangers".
Mufreh al-Kubaishi, 25, ans, diplômé en droit d'une université australienne, dit envisager de poursuivre ses études "parce que les conditions du marché du travail ne sont pas encourageantes".
Ses deux soeurs et un frère, tous diplômés, ne trouvent pas de travail dans la province de Jizane (sud), ajoute-t-il.
"Le chômage en province est beaucoup plus aigu qu'à Ryad ou Jeddah", dit-il.
Selon la Banque mondiale, le chômage touche en particulier les jeunes diplômés dans un pays où des dizaines d'universités déversent chaque année quelque 100.000 d'entre eux sur le marché de l'emploi.
Le marché local de l'emploi reste dominé par les étrangers, au nombre de huit millions, qui viennent principalement du sud-est asiatique et ne rechignent pas devant les bas salaires et les tâches pénibles.
Les autorités tentent d'encourager les Saoudiens à occuper les emplois des étrangers et ont créé à leur intention un programme de soutien appelé "Hafiz" (incitation).
Quelque 1,23 million de chômeurs saoudiens, dont 86% de femmes, bénéficiaient en mai de ce programme, a indiqué son directeur Khaled al-Ajmi, ajoutant que les inscrits reçoivent une allocation mensuelle de 2.000 riyals (534 dollars).
L'économie saoudienne amasse les revenus depuis des années en profitant de la hausse des prix du pétrole, ce qui permet au gouvernement de financer les dépenses sociales comme les grands chantiers d'infrastructure.
La croissance a atteint 7,1% en 2011, a indiqué le mois dernier le ministre des Finances Ibrahim al-Assaf.
Mais les autorités font face à un problème: la préférence des Saoudiens pour les emplois dans le public, mieux payés et moins fatigants, alors que le secteur privé semble aussi préférer les étrangers aux Saoudiens.
L'économiste Ihsan Abu Haliqa impute le problème à un "manque de volonté" quand il s'agit d'imposer les Saoudiens à la place des étrangers.
"Les chiffres officiels montrent qu'en 2011, quelque 1,1 million de permis de travail ont profité aux étrangers pour des postes autres que les domestiques, ce qui signifie qu'on a fait appel à 100.000 étrangers par mois", souligne-t-il.
Selon Farouk al-Khatib, professeur d'économie à l'Université Roi Abdel Aziz de Jeddah, le secteur public offre pour les Saoudiens la sécurité de l'emploi.
"Les droits des employés sont mieux protégés, il n'y a pas de licenciements abusifs, ni d'heures supplémentaires, les vacations sont matinales et le repos hebdomadaire de deux jours", dit-il.
Même lorsqu'ils ont des emplois dans le privé, les Saoudiens continuent de chercher à se faire engager par le secteur public, dit-il.
Quotas de Saoudiens
"Le défi est comment trouver des emplois pour les Saoudiens dans le secteur privé, car on doit créer trois millions de postes d'ici 2015 et six millions avant 2030", avait souligné en janvier le ministre du Travail Adel Faqih.
La main d’œuvre saoudienne est forte, a-t-il indiqué, de quatre millions d'actifs alors que quelque deux millions sont à la recherche d'un emploi.
Sous un autre programme destiné à inciter les firmes locales à recruter des Saoudiens, le ministère a imposé l'année dernière un système de quotas limitant le nombre d'employés étrangers.
Les banques de plus de 500 employés doivent par exemple avoir un quota de 49% de Saoudiens, alors qu'un quota de 19% de Saoudiens est imposé aux commerces de gros, aux médias, aux assurances et aux établissements publics d'enseignement.
Des chiffres officiels montrent que le taux de chômage atteint 30% chez les femmes, qui souffrent de restrictions sur le marché de l'emploi dans un pays ultraconservateur qui interdit la mixité sur les lieux de travail.
Au total, un million de Saoudiennes sont à la recherche d'un emploi, dont 373.000 ayant un diplôme universitaire.
Dans la première économie arabe et le premier exportateur de pétrole au monde, le taux de chômage dépasse les 10%, selon la Banque mondiale.
Les jeunes forment 55 à 60% des 19 millions d'habitants du royaume.
"J'ai cherché un emploi dans le secteur public comme dans le privé mais sans succès", déplore Majed Hassan, 26 ans, diplômé d'anglais.
Ce jeune homme de la cité portuaire de Jeddah (ouest) raconte avoir travaillé pendant un an dans un magasin de télécommunications, puis avoir ouvert une épicerie qu'il a dû fermer en raison "de la concurrence des étrangers".
Mufreh al-Kubaishi, 25, ans, diplômé...

