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Culture

À Paris, « Arabesques et psaumes » de Violaine Prince

Musique
30/06/2012
«Arabesques et psaumes», un concert inédit consacré aux œuvres de Violaine Prince, compositrice libanaise établie en France, a été donné en l’Église Notre-Dame du Liban à Paris, haut lieu de la vie spirituelle et culturelle des Libanais de France et célèbre auprès des musiciens pour son excellente acoustique.
Un public nombreux et parfois venu de loin s’était déplacé pour entendre, interprétées par de merveilleux musiciens français et libanais, un florilège de pièces originales, dont cinq créations mondiales.
Avant le début du concert, Violaine Prince, dans une courte allocution très émouvante, explique qu’elle dédie ce concert à la mémoire de son père Moussa Prince, célèbre défenseur des valeurs politiques et culturelles libanaises, disparu quatorze ans plus tôt, jour pour jour.
La musique peut commencer et, d’emblée, elle emporte l’auditeur dans l’univers si particulier de la compositrice, trouvant sa source dans un harmonieux mélange de folklore, de musique savante et sacrée. On entend alors des arabesques sur des thèmes populaires interprétées avec la précision et la féerique vélocité que l’on connaît à la pianiste Christine Marchais, une élégie où le saxophone profond, déchirant et inspiré de Marc Sieffert fait son entrée, ou encore des prières et des psaumes qui, en syriaque ou en latin, s’élèvent sous les voûtes de l’église par la voix somptueuse et bouleversante de la mezzo soprano Roula Safar dont le subtil vibrato et les sons filés font merveille.
Dans Syrianicae, cycle de pièces pour piano inspirées de la liturgie syriaque, la beauté du toucher de Georges Daccache ainsi que le modelé extrêmement pur du chant se confrontent à l’art subtil du dépouillement et à l’intense émotion que dégage son jeu. Ce talentueux musicien que l’on connaît comme pianiste et compositeur offre alors à l’auditoire la surprise d’interpréter en duo, avec Roula Safar, un extrait du Psaume 42, d’une voix de baryton claire et naturellement placée.
La dernière partie du concert est consacrée au De Profundis, œuvre très structurée pour chœur mixte et piano, et qui suit un développement «en spirale» alliant rigueur scientifique et émotion exacerbée, magnifiquement interprétée par l’ensemble vocal Varia Voce, sous la direction ferme et sensible d’Agathe Bioulès, toujours partante pour découvrir des musiques nouvelles. D’ailleurs, les compositeurs libanais réussissent bien à ce chœur parisien qui, en 2011, s’était déjà produit dans des œuvres de Zad Moultaka et Ibrahim Maalouf.
La musique de Violaine Prince, qu’elle soit d’inspiration populaire ou religieuse, vocale ou instrumentale, parle du Liban dans ce qu’il a de plus beau. Ses œuvres sont programmées dans de nombreux festivals en France et il serait intéressant qu’elles puissent être aussi entendues dans leur ampleur et leur ensemble au Liban. Encore un motif de fierté et une preuve que l’art libanais rayonne à travers le monde dans sa spécificité et son universalité.

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