Photo AFP
Les chrétiens d'Orient "doivent réinventer des raisons de vivre et d'espérer avec leurs frères musulmans" après les révolutions arabes, a affirmé mardi le politologue libanais Joseph Bahout.
L'enseignant et chercheur associé à Sciences-Po Paris, s'exprimait lors d'une conférence de presse, organisée mardi par l'Oeuvre d'Orient à la Conférence des évêques de France, à trois mois de la visite de Benoît XVI au Liban.
"Il faut regarder la part d'espoir. Ne pas oublier que ces révolutions (arabes) trouvent leurs racines dans les idées des Lumières et de la Nahda, qui fut au XIXème siècle une véritable renaissance arabe".
"Il faut admettre que le vecteur principal de ces contestations arabes est porté par des forces islamistes. Il faut voir comment faire avec, chercher les articulations de la construction d'un nouveau projet politique. Dans ce monde arabe nouveau, il y a des gens avec lesquels on peut parler et d'autres avec lesquels on peut clarifier durement certaines choses", a-t-il dit.
Joseph Bahout a encore noté que "les révolutions que l'on vit depuis 2010 vont cruellement mettre en lumière le dilemme du positionnement politique des chrétiens d'Orient. Un choix quasi impossible entre des pouvoirs autoritaires, liberticides, mais protecteurs des minorités et une opposition au pouvoir très largement articulée à partir d'une rhétorique islamiste".
Mgr Pascal Gollnisch, directeur général de l'Oeuvre d'Orient, a pour sa part souligné que "le voyage (du pape au Liban) intervient dans un contexte sociopolitique très tendu dans la région. Trois pays et non des moindres, l'Egypte, la Syrie et l'Irak, vivent des jours critiques pour leur avenir".
Benoît XVI doit se rendre au Liban du 14 au 16 septembre pour y délivrer un message, suite au synode pour le Moyen-Orient qui s'est tenu à Rome du 10 au 24 octobre 2010, et à l'issue duquel 44 propositions lui ont été faites.
"Ce voyage ne peut revêtir l'aspect d'un soutien à un +camp chrétien+ face à un +camp musulman+, a souligné Mgr Gollnish. Le Pape rappellera la mission des chrétiens pour construire une société juste avec toutes les personnes de bonne volonté".
Pour Joseph Bahout, "il faut que les chrétiens, s'ils veulent rester des chrétiens en Orient, réinventent avec leurs frères (musulmans, nldr) des raisons de vivre et d'espérer".
L'enseignant et chercheur associé à Sciences-Po Paris, s'exprimait lors d'une conférence de presse, organisée mardi par l'Oeuvre d'Orient à la Conférence des évêques de France, à trois mois de la visite de Benoît XVI au Liban.
"Il faut regarder la part d'espoir. Ne pas oublier que ces révolutions (arabes) trouvent leurs racines dans les idées des Lumières et de la Nahda, qui fut au XIXème siècle une véritable renaissance arabe".
"Il faut admettre que le vecteur principal de ces contestations arabes est porté par des forces islamistes. Il faut voir comment faire avec, chercher les articulations de la construction d'un...


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