Rechercher
Rechercher

À La Une - La Situation

Dialogue national bloqué, possible détente côté électricité

Le chef de l’État et le Premier ministre en concertation, samedi : la capacité d’analyse du président Sleiman viendra-t-elle à bout du scepticisme du 14 Mars ? Photo Dalati et Nohra

Dans un contexte régional inquiétant, deux rendez-vous majeurs sont prévus cette semaine, sur le plan local : la conférence de dialogue aujourd’hui, et le Conseil des ministres mercredi après-midi.
Alors qu’aucun progrès réel n’est prévu sur la question stratégique – pour l’État – des armes du Hezbollah, le Conseil des ministres pourrait déboucher sur la signature d’un contrat avec la société turque Karadeniz pour l’acheminement de deux centrales flottantes d’appoint pour Zouk et Jyeh, produisant au total 270 mégawatts. Le contrat s’étendrait sur 3 ans, période durant laquelle de nouvelles centrales devraient être construites au Liban. De quoi détendre la rue libanaise, qui continue de manifester un peu partout contre les coupures de courant.
La conférence du dialogue national qui s’ouvre aujourd’hui est, quant à elle, plus aléatoire. Le chef de l’État, Michel Sleiman, s’est réuni samedi avec le Premier ministre, Nagib Mikati, retour de Rio de Janeiro, pour préparer cette réunion.
De source informée, on apprend que M. Sleiman a l’intention ferme de proposer un débat sur la stratégie de défense nationale réclamée par l’opposition, et même de produire sur la question une « déclaration de Baabda II », qui serait à la hauteur de la première. Pour ce faire, M. Sleiman, qui a sondé la semaine dernière les 17 personnalités invitées au dialogue, se pencherait sur les « dénominateurs communs » à toutes les prises de position sur la stratégie de défense et tenterait d’en faire l’objet d’un débat.
Pour le chef de l’État, il faut aborder la question des armes sous trois angles : les armes du Hezbollah, celles des Palestiniens et celles qui sont aux mains de la population, en particulier à Tripoli. Il va de soi que la conférence de dialogue ne saurait aborder certaines questions techniques, qui sont du ressort de la seule institution militaire.
Toutefois, le chef de l’État a beau ruser et dissocier la question des armes de celle de leur commandement, son pari semble perdant. En effet, on apprenait hier que le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, a redit une fois de plus que discuter d’une stratégie de défense ne veut pas dire discuter des armes du Hezbollah.

Raad : Réduire la tension
Cette position du parti chiite sur la stratégie de défense s’est reflétée aussi dans une déclaration faite hier par le chef du bloc parlementaire du Hezbollah, Mohammad Raad. Ce dernier a parlé des capacités de l’armée en des termes qui, s’ils ne sont pas démentis, sont particulièrement inquiétants. Selon lui, « l’armée ne dispose même pas de la capacité de financer l’essence nécessaire au mouvement des troupes, pour intervenir et régler un affrontement ici où là ».
« Comment, en pareil cas, peut-on demander à la résistance de se désister de son autonomie de décision, au profit de ceux dont les intérêts se contredisent à tout bout de champ ? » a-t-il ajouté. Et de critiquer le gouvernement qui, en huit mois, n’est pas parvenu à effectuer des nominations administratives ou diplomatiques, ou nommer un président au Conseil supérieur de la magistrature. M. Raad doute en fait que les dirigeants « jouissent d’un pouvoir de décision indépendant et d’une volonté de défendre le Liban face à l’ennemi israélien ».
« Notre problème, a-t-il expliqué, c’est que notre décision est liée à la France ou aux États-Unis. Si nos dirigeants étaient sincères, notre armée serait au mieux de ses capacités depuis des années », a assuré M. Raad. Toutefois, le parlementaire a jugé que la conférence du dialogue national aura du bon, dans la mesure où elle permettra de « désamorcer la tension interne ». Et de vanter l’action menée en ce sens par le Hezbollah, « sans laquelle, a-t-il dit, le Liban aurait glissé depuis très longtemps vers la discorde ».

 « Armes dormantes »
Pour sa part, le chef du CPL, Michel Aoun, a critiqué hier la volonté du 14 Mars d’éradiquer « les armes dormantes » du Hezbollah, alors que le ramassage des armes est autrement plus urgent à Tripoli, où une population de 400 000 habitants souffre des flambées régulières de violence qui éclatent entre Bab el-Tebbaneh et Jabal Mohsen.
Confirmant la fonction jugée accessoire par le 14 Mars de la conférence du dialogue national, telle que l’envisage le 8 Mars, le député Ayoub Hmayed (Amal) a affirmé que cette réunion pourrait paver la voie vers une entente sur une nouvelle loi électorale, voire l’examen de la dette de l’État ou même de la crise énergétique. Il y a certainement là de quoi alimenter le scepticisme du 14 Mars, qui doute de la bonne foi du Hezbollah et lui impute une volonté cachée d’hégémonie sur le Liban.
C’est au point que M. Boutros Harb a déclaré hier, en réaction aux affirmations de Hassan Nasrallah, qu’il « félicite Samir Geagea » d’avoir décidé de ne pas participer à la table de dialogue et qu’il suivra son exemple, si la séance d’aujourd’hui s’avère stérile.
Samedi, M. Amine Gemayel, au domicile duquel les ténors du 14 Mars s’étaient réunis deux jours auparavant, avait affirmé clairement que le « dialogue » ou ce qui en tient lieu s’arrêtera, si la réunion d’aujourd’hui ne débouche sur rien de concret et n’est là que pour permettre au gouvernement de gagner du temps et de se renflouer politiquement.
Dans un contexte régional inquiétant, deux rendez-vous majeurs sont prévus cette semaine, sur le plan local : la conférence de dialogue aujourd’hui, et le Conseil des ministres mercredi après-midi.Alors qu’aucun progrès réel n’est prévu sur la question stratégique – pour l’État – des armes du Hezbollah, le Conseil des ministres pourrait déboucher sur la signature d’un contrat avec la société turque Karadeniz pour l’acheminement de deux centrales flottantes d’appoint pour Zouk et Jyeh, produisant au total 270 mégawatts. Le contrat s’étendrait sur 3 ans, période durant laquelle de nouvelles centrales devraient être construites au Liban. De quoi détendre la rue libanaise, qui continue de manifester un peu partout contre les coupures de courant. La conférence du dialogue national qui s’ouvre...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut