Pour une fois, effectuons le zoom, non sur les enfants, mais sur le chef d’orchestre invisible et si discret, la maîtresse de cérémonie, travaillant d’arrache-pied durant des semaines entières afin de nous offrir cet éblouissement final. Avec son âme d’enfant et ses doigts de fée, elle opère une magie certaine à travers le tissage de tableaux merveilleux emportant petits et grands dans un voyage sublime, blotti au fond de notre mémoire, au fond de notre enfance ou de notre paradis perdu où tout était « ordre et beauté, luxe calme et volupté ». Les couleurs défilent teintées par les sourires des gamins et guidées par leurs pas furtifs et leur bonheur d’être applaudis par tant de monde.
Les moindres détails sont fignolés avec la minutie de l’artiste si exigeant envers lui-même mais qui ne s’attend à aucun retour, même pas un remerciement ou une reconnaissance publique. Pourtant, le remerciement est de loin plus profond que cela, il est dans chaque cœur touché par tant de beauté et de dévouement inconditionnel. Tes yeux larmoyants de la fin du spectacle expriment toute la gratitude et la satisfaction du travail « bien fait ». À mes yeux, c’est le plus beau des tableaux. Merci donc à toi, Marie-Hélène (Loulou pour les petits), et à tous ceux qui, comme toi, œuvrent dans le silence, sans avoir besoin de fracas ou de grande pompe pour faire prévaloir la beauté, l’art et la sensibilité dans notre monde. Merci de nous faire encore croire au merveilleux et au rêve. Nos écoles en ont besoin, autant que notre pays, en manque de personnes dévouées, passionnées et bouillonnantes, allant jusqu’au bout de leur vocation. Avec des êtres comme vous, nous irons mieux et certainement loin...
Les larmes chaudes de la fin, comme dans toute séparation, ne sont que les prémices de vacances bien méritées pour tous, une parenthèse, le souffle en suspens, avant d’entreprendre une nouvelle année avec un nouveau tissage de liens et de belles œuvres, le cœur palpitant.
Carla Bejjani ARAMOUNI

