Rechercher
Rechercher

Nos lecteurs ont la parole

Retour à la normale ?

Par Marie ONEISSI
« En France, on ne permet qu’aux événements de voter »
Madame de Staël

Après la présidentielle, les élections législatives françaises, dont le second tour vient de s’achever, signent le retour de la gauche, mais il y aussi peut-être d’autres constats à en tirer car ils sonnent comme un rejet pur et simple, quasi simpliste, des têtes d’affiche d’« avant » – quelle que soit leur couleur politique – et traduisent le désenchantement politique des Français. Implacablement, toutes les personnalités qui ont « fait » la politique depuis 2007, de gauche comme de droite, ou encore des extrêmes, ont été balayées. Ce ne sont pas de nouvelles têtes politiques qui émergent, mais simplement des personnalités qu’on avait qualifiées d’« effacées » ou qui s’étaient (judicieusement ?) effacées pendant les cinq dernières années, Anni horribiles en France comme dans plusieurs autres pays européens. Fin d’illusions et « retour à la normale » ? 2012, dernier acte « politique » ?
Balayé Nicolas Sarkozy lors de la présidentielle, mais aussi, depuis dimanche dernier, aux législatives, Claude Guéant, Nadine Morano ainsi que, à l’extrême-droite, Marine Le Pen, à l’extrême gauche Jean-Luc Mélenchon, à gauche Ségolène Royal et, enfin, last but not least, François Bayrou au centre, sont tombés.
L’hécatombe politique a donc emporté, aussi, des personnalités de premier plan à gauche, dont l’emblématique Ségolène Royal qui avait porté l’étendard rose devant les électeurs, à l’élection présidentielle en 2007. Mme Royal a incriminé les « machos », mettant dans le même panier Jean-Pierre Raffarin, de l’UMP et... « l’ancien appareil socialiste » ...Tout n’est pas rose au sein du parti de la rose. Mais là, il n’y a rien que nous ne savions déjà.
Derrière l’alternance politique, il y a donc aussi que les Français ont voté avec les pieds tout comme l’ont fait, au premier tour, les Grecs, avant de se raviser, au second tour, devant le spectre du retour de la drachme.

Un peu de piquant
Ce vote n’enlève rien à la victoire de la gauche, car c’est bien la gauche qui a la majorité. Victoire étriquée à la présidentielle, largement amplifiée par les législatives qui se déroulaient, il est vrai, juste après. En réalité, le vote des Français enlève quelque chose à tous les partis en lice car il signe un sursaut revanchard et illustre aussi la fin des illusions politiques. Les envolées lyriques de Jean-Luc Mélenchon ont beaucoup séduit et enchanté, mais ne se sont pas traduites en bulletins de vote dans les urnes, où le désenchantement fut à la mesure des espérances. Le candidat du Front de gauche a pris une véritable déculottée. Nicolas Sarkozy, dont les tirades avaient ébloui les « communicants » en 2007, a trébuché aussi.
À l’instar de Madame Royal, ses compatriotes ont mis tous les partis dans le même sac. Ne s’en sortent que ceux qui n’ont pas mouillé dans la crise et n’y ont même pas mouillé leur chemise. Ne s’en sortent que ceux qu’on n’avait ni vus ni entendus depuis des lustres, plus précisément depuis le début du précédent mandat. Retour aux réalités – euh ! à la normale ? La « présidence normale » que M. François Hollande souhaite instaurer est symbolique de la fin du glamour. Madame Trierweiler a bien tenté de mettre un peu de piquant dans ce ciel (de lit) gris, mais mal lui en a pris, les Français qui se sont complus dans les secrets d’alcôve de Nicolas Sarkozy ne veulent plus se laisser bercer de sérénades. Il n’y a que les « Guignols de l’info » pour en rire. Fin du glamour, en interne, mais aussi fin des grandes ambitions internationales. Il est vrai que l’intervention française en Libye a laissé un goût amer. Tant dans sa gestion (Bernard-Henri Lévy quasiment aux commandes, au nez et à la barbe du ministre des Affaires étrangères !) que dans ses conséquences sur le terrain. Désormais, en matière de droits de l’homme, on compte ses sous et ses mots.

Ça finit bien !
Les électeurs veulent du concret dans leurs poches, du pouvoir d’achat, des euros sonnants et trébuchants, et comment ne pas les comprendre alors que le chômage a refranchi la barre des 10 % de la population active, du jamais-vu depuis 1999.
Signe des temps, le cinéma, « industrie du rêve », filme maintenant des « gens normaux » ou à l’image des temps anormaux que nous traversons : éclopés du cœur et de la vie comme dans Intouchables et De rouille et d’os. Sauf que, dans l’un comme dans l’autre film, « ça finit bien » et on en a bien besoin !
« En France, on ne permet qu’aux événements de voter »Madame de StaëlAprès la présidentielle, les élections législatives françaises, dont le second tour vient de s’achever, signent le retour de la gauche, mais il y aussi peut-être d’autres constats à en tirer car ils sonnent comme un rejet pur et simple, quasi simpliste, des têtes d’affiche d’« avant » – quelle que soit leur couleur politique – et traduisent le désenchantement politique des Français. Implacablement, toutes les personnalités qui ont « fait » la politique depuis 2007, de gauche comme de droite, ou encore des extrêmes, ont été balayées. Ce ne sont pas de nouvelles têtes politiques qui émergent, mais simplement des personnalités qu’on avait qualifiées d’« effacées » ou qui s’étaient (judicieusement ?) effacées...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut