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Lifestyle - Rencontre

Audrey Pulvar, engagée et réactive

Audrey Pulvar au Liban pour un court week-end, invitée par l’Institut français du Liban, en partenariat avec le Centre SKeyes, c’est l’occasion de découvrir la journaliste et la femme, qui ne se cache pas, derrière. L’occasion aussi de lui poser la question qui fait son actualité : journaliste et compagne d’un homme politique, est-ce un mariage difficile ?

Audrey Pulvar, une femme libre. Photo Michel Sayegh

Heureuse de découvrir notre pays, « cette espèce de poésie et de mythologie dans la relation entre le Liban et la France », surprise « d’y être aussi connue » et ravie de donner une conférence à l’Institut français du Liban dans le cadre des « Rendez-vous médias », sur le thème « divertissement et émissions politiques, un mariage difficile ? », Audrey Pulvar précise : « Ce qui est important pour moi, c’est d’échanger. »
Et c’est ce qu’elle fera, durant un intense aparté chargé de questions et la conférence qui suivra, en présence d’une salle pleine, de l’ambassadeur de France Patrice Paoli et de la journaliste Gisèle Khoury.
Chemise blanche, sourire franc, des lunettes qui ont également créé la polémique, entre les pro et les anti, le visage public de Audrey Pulvar, sa notoriété et sa voix de journaliste, à la radio et la télévision françaises sont aujourd’hui invités à se taire. « On m’enlève ma liberté de penser, dit-elle, et je trouve ça hypocrite. »
Hypocrite car, selon elle, pour de fausses raisons. Son compagnon, Arnaud Montebourg, faisant partie du gouvernement de Jean-Marc Ayrault, la célèbre éditorialiste et journaliste radio et télé, est privée d’antenne. L’annonce, officielle depuis quelques jours, et qui a fait la une du journal Libération vendredi, est loin de décourager cette femme de caractère qui en a connu d’autres.

Un parcours enrichissant
Née en Martinique, Audrey Pulvar s’embarque pour la capitale française où elle entreprend des études en sciences économiques avant d’intégrer l’école de journalisme de Paris, dont elle sort major de promotion en 1994. Après des débuts remarqués à Antilles Télévision, sa carrière connaît un premier envol en 2002, lorsqu’elle devient pigiste à la présentation d’éditions pour LCI, TV5 et France 3 Méditerranée. Les téléspectateurs du monde découvrent son visage et son style. Une certaine rigueur et une grande détermination qui deviennent son label. « J’avais ma fille de 5 ans avec moi, j’étais une mère célibataire. J’avais confiance, ça a marché... ».
En 2004, second tournant important dans sa vie, elle prend les rênes de Soir 3. Avec près de 6 millions de spectateurs tous les soirs et une part de marché importante, Audrey Pulvar devient la signature du 19-20. Elle recevra en 2008 le trophée des femmes en or (catégorie média). En 2009, « encore autre chose », précise-t-elle, mue par « un besoin d’exercer ce métier différemment », elle devient rédactrice en chef de I>télé, chaîne sur laquelle elle anime également la tranche 18h-20h et coprésente l’émission hebdomadaire 17h politique. « Par peur de m’endormir, j’ai toujours besoin de me remettre en danger », confie-t-elle.
En 2010, elle devient animatrice sur France-Inter de la tranche 6h-7h et, l’an dernier, Laurent Ruquier fait appel à elle et Natacha Polony pour remplacer le duo Éric Zemmour-Éric Naulleau. « On nous a demandé d’être nous-mêmes et de défendre nos points de vue en faisant des interviews politiques très fouillées. Un questionnement journalistique que je ne pouvais pas faire dans un journal. » Son passage dans l’émission est remarqué. Certains applaudissent, d’autres l’accusent de partialité et de complaisance, convaincus qu’elle défendait la ligne politique de son compagnon, actuel ministre du Redressement productif. Le 20 novembre, dès l’annonce de la candidature d’Arnaud Montebourg aux primaires socialistes, il a fallu, déjà, qu’elle réoriente sa carrière, comme de nombreuses femmes d’hommes politiques...
« Quand on me dit : le problème, ce n’est pas toi, c’est lui, c’est le soupçon que tu pourrais être manipulée, je ne trouve pas ça normal. J’ai profité de ce seul espace où je pouvais parler de politique, en exprimant mes propres opinions. Tous les invités étaient logés à la même enseigne. Je considère que j’ai fait un métier d’intervieweuse politique dans une émission de divertissement où la politique est spectacularisée. Je ne peux pas accepter ce procès d’intention. » Et de conclure : « J’ai envie de continuer mon métier d’une manière ou d’une autre. Je ne vais pas me victimiser. Je continue à penser que dans la situation de crise où se trouve la France, 9,2 millions de pauvres, je serais toujours assez privilégiée. »

Une conférence passionnante
Quelques instants plus tard, Audrey Pulvar reprend son discours devant une audience à l’écoute de ses confessions, de son analyse du métier et de ses conseils. Avec la même clarté et générosité, elle tente de répondre à la question : « Divertissement et émissions politiques, un mariage difficile ? »
« Au début des années 90, explique-t-elle, les émissions politiques n’avaient plus bonne presse en France. La politique ne passionnait plus les foules. Arrive Tout le monde en parle de Thierry Ardisson. Il était le premier à mélanger information et divertissement, en invitant, comme le disait la formule, un politicien entre deux bimbos ! Au début, il a choqué. Mais d’autres ont suivi, à leur manière, comme Michel Drucker ou Michel Denisot et son Grand Journal. Ce n’est pas le contexte classique de l’interview politique où le politicien vient, fait son interview et repart. Ce mariage, de plus en plus fréquent, est devenu presque incontournable. Une interview, souligne-t-elle, n’est réussie que quand il y a un moment de vérité. Quand l’invité abandonne la communication, qui est en train de tuer la politique, pour aller dans la conviction. Notre métier est de maintenir le rythme de l’émission mais surtout de mettre les politiciens faces à leurs contradictions, leurs vérités, en fait leurs mensonges. Pour y arriver, nous devons pouvoir gratter la plaie et aller jusqu’au bout. On est journaliste ou on ne l’est pas. Ce n’est pas un métier de 9h à 17 heures. La seule technique que je connaisse, c’est le travail et l’expérience... ».
Heureuse de découvrir notre pays, « cette espèce de poésie et de mythologie dans la relation entre le Liban et la France », surprise « d’y être aussi connue » et ravie de donner une conférence à l’Institut français du Liban dans le cadre des « Rendez-vous médias », sur le thème « divertissement et émissions politiques, un mariage difficile ? », Audrey Pulvar précise : « Ce qui est important pour moi, c’est d’échanger. »Et c’est ce qu’elle fera, durant un intense aparté chargé de questions et la conférence qui suivra, en présence d’une salle pleine, de l’ambassadeur de France Patrice Paoli et de la journaliste Gisèle Khoury. Chemise blanche, sourire franc, des lunettes qui ont également créé la polémique, entre les pro et les anti, le visage public de Audrey Pulvar, sa notoriété...
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