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À La Une - Arabie Saoudite

Le prince héritier saoudien décède huit mois après sa désignation

Le prince Nayef serait décédé de "problèmes cardiaques", en Suisse ; il sera inhumé dimanche soir à La Mecque.

Le prince héritier d'Arabie saoudite, Nayef ben Abdel Aziz. Photo archives /

Le prince héritier d'Arabie saoudite, Nayef ben Abdel Aziz, est décédé samedi à l'étranger à l'âge de 79 ans, seulement huit mois après avoir été désigné par les membres d'une dynastie dirigée par une fratrie vieillissante. 

 

La dépouille du prince héritier, qui s'est éteint à Genève, était attendue dimanche en milieu de journée à La Mecque, où se sont déjà rendus le roi Abdallah et les dignitaires du royaume. Seules des personnalités étrangères musulmanes assisteront aux obsèques prévues en soirée, les non-musulmans n'étant pas autorisés à entrer à la Mecque, premier lieu saint de l'islam dans l'ouest du royaume.

 

Les journaux saoudiens sont apparus dimanche avec une manchette barrée de noir, rendant un hommage appuyé au prince Nayef, un homme à poigne qui a dirigé pendant 37 ans le ministère de l'Intérieur et s'était imposé comme le rempart de la dynastie des Al-Saoud.
"Il était l'un des piliers de la stabilité dans ce pays (...) il a fait face à d'énormes défis, internes et externes, dans une région où les crises se succèdent et il a pu les surmonter", écrit le quotidien Al-Jazira.
"Grâce à sa sagesse et sa bonne direction, le royaume a pu surmonter les dangers notamment le terrorisme", affirme pour sa part le journal Al-Ryad.


Le prince Nayef est décédé de "problèmes cardiaques" alors qu'il se trouvait en Suisse, dans la résidence de son frère, feu le prince Sultan, auquel il a succédé en octobre 2011 comme prince héritier. Selon des spécialistes du royaume, il avait souffert d'un cancer.

 

L'annonce de sa mort a été soudaine d'autant plus que ses proches se sont montrés rassurants récemment sur son état de santé.

Le prince Nayef s'était rendu le 26 mai à l'étranger pour y subir, selon les médias saoudiens, des examens médicaux, trois mois après un séjour médical aux Etats-Unis. Le 3 juin, son frère Ahmed ben Abdel Aziz, avait affirmé qu'il se portait bien et allait regagner bientôt le royaume.

Avant même son départ pour l'étranger, la télévision saoudienne le montrait la plupart du temps assis et les traits fatigués mais souriant et conversant avec ses hôtes.

 

Avec sa disparition, l'Arabie saoudite, acteur politique et puissance pétrolière de premier plan, située au coeur d'une région en pleine mutation politique, va encore se choisir un successeur au roi Abdallah, demi-frère du disparu et âgé de 88 ans.

Personne n'est officiellement désigné pour devenir prince héritier mais le prince Salmane ben Abdel Aziz, ministre de la Défense, âgé de 76 ans, et frère du prince décédé, apparaît comme celui qui pourrait lui succéder.

 

La nomination d'un successeur doit passer par le "Conseil d'allégeance" constitué de 35 princes et présidé par le doyen des Al-Saoud, le prince Mechaal ben Abdel Aziz (demi-frère du roi Abdallah), qui a notamment pour rôle de désigner le prince héritier à la majorité de ses membres.

Traditionnellement, les successions à la tête du royaume se sont toujours déroulées sans conflit apparent entre les membres de la famille royale. Depuis la mort en 1953 du roi Abdel Aziz, fondateur en 1932 du royaume saoudien, cinq de ses fils se sont succédé sur le trône.

La transition s'est toujours passée en douceur, sauf en 1964, lorsque le roi Saoud a été forcé d'abdiquer au profit de son frère et prince héritier, Fayçal.

 

Le prince Nayef avait été nommé fin octobre 2011 héritier du trône après le décès de son frère, le prince Sultan.

Ministre de l'Intérieur depuis 37 ans, il a supervisé la lutte contre el-Qaëda qui avait mené des attentats sanglants dans le royaume de 2003 à 2006, obligeant ses chefs et membres à s'enfuir au Yémen. Il avait aussi sévis contre toute forme d'opposition contre la famille Al-Saoud.

Il était connu pour entretenir de bonnes relations avec les milieux religieux tenants de l'orthodoxie et généralement opposés à une évolution du royaume ultra-conservateur.

Tenant d'une ligne dure à l'égard de l'Iran, il avait néanmoins de solides relations dans le monde arabe. Il avait, selon des diplomates, joué un rôle dans la décision du royaume d'accueillir le président tunisien déchu Zine El Abidine Ben Ali et d'envoyer des troupes à Bahreïn pour aider à la répression de la contestation animée par des chiites. Né à Taëf en 1933, il avait été nommé gouverneur de Riyad à 20 ans, avant de devenir vice-ministre de l'Intérieur en 1970 puis ministre de l'Intérieur en 1975.

 

 

Les dirigeants étrangers ont envoyé des messages de condoléances et souligné le rôle que jouait le prince Nayef dans la lutte contre le terrorisme.
Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a souligné qu'il "avait consacré sa vie à promouvoir la sécurité de l'Arabie saoudite" où il avait établi un centre de l'ONU pour la lutte contre le terrorisme.
Le président américain Barack Obama a souligné que "sous sa direction, les Etats-Unis et l'Arabie saoudite ont développé un partenariat fort et efficace dans la lutte contre le terrorisme". Son homologue français François Hollande a estimé pour sa part que l'Arabie saoudite avait perdu "un homme d'Etat.

Le prince héritier d'Arabie saoudite, Nayef ben Abdel Aziz, est décédé samedi à l'étranger à l'âge de 79 ans, seulement huit mois après avoir été désigné par les membres d'une dynastie dirigée par une fratrie vieillissante. 
 
La dépouille du prince héritier, qui s'est éteint à Genève, était attendue dimanche en milieu de journée à La Mecque, où se sont déjà rendus le roi Abdallah et les dignitaires du royaume. Seules des personnalités étrangères musulmanes assisteront aux obsèques prévues en soirée, les non-musulmans n'étant pas autorisés à entrer à la Mecque, premier lieu saint de l'islam dans l'ouest du royaume.
 
Les journaux saoudiens sont apparus dimanche avec une manchette barrée de noir, rendant un hommage appuyé au prince Nayef, un homme à poigne qui a dirigé pendant 37 ans le ministère...
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