Dans l’un ou l’autre cas, il y a une erreur fondamentale, oui, fondamentale: aucune table ronde ne pourra aboutir à une vie en commun de 18 communautés sans qu’elle ne comprenne une présence physique et morale des représentants des différents courants politiques, ainsi que des représentants des principales communautés religieuses du Liban.
Cette table doit être très soigneusement préparée, et ce après une première et brève réunion au cours de laquelle on en définira. Celle-ci devra avoir pour objet, après réflexions et préparations de tout un chacun: la naissance d’un citoyen libanais qui pourra enfin définir sa nationalité. Elle devra se baser sur un système éducatif, accepté de tous, politiques et religieux, pour créer et former ce citoyen, lequel n’est aujourd’hui qu’un citoyen se réclamant de sa religion.
Ce système éducatif devra être proclamé et contresigné par tous les participants à cette réunion.
En effet, toutes les décisions politiques qui sont prises au Liban se heurtent très souvent, pour ne pas dire le plus souvent, aux décisions des courants religieux. La présence du Hezbollah à la table ronde politique n’est-elle pas la preuve de l’irruption du religieux dans le politique ?
Le but de cette table ronde mixte doit forcément être d’aboutir à une révolution du droit de vivre de tous les Libanais, ce qui constituerait alors le « printemps libanais ».
Il y aurait lieu de fixer des critères d’éducation citoyenne, convenue entre tous, pour éduquer et enseigner à tous ceux qui vivent sur nos 10 452 kilomètres carrés le sens de l’appartenance à une citoyenneté, le sens du respect de l’autre, le sens de l’acceptation des traditions et des règles de vie des autres religions, tout comme le sens de la liberté d’expression politique de chaque courant, sans avoir recours aux blasphèmes, injures, insultes.
Cette éducation commence par la cellule familiale, pour être proclamée ensuite dans les mosquées et les églises lors des prêches hebdomadaires, puis relayée par l’éducation dans le primaire, le secondaire, et l’universitaire.
Il est triste de constater, au sein des campus universitaires, l’apparition de courants politiques divers alors que l’étudiant est appelé à apprendre un métier. Cela revient à mettre le ver dans le fruit. Comment, dans un pays aussi diversifié que le Liban, ne s’est-il pas trouvé un gouvernement qui interdise au sein du campus universitaire la proclamation de l’appartenance politique ? C’est un crime politique qui va à l’encontre du sens d’une citoyenneté dont on en est encore à rechercher l’identité. Hors campus l’étudiant est libre de défendre ses idées et ses idéologies, mais à l’intérieur du campus cela doit être catégoriquement interdit.
Bref, telles sont les idées qui me travaillent, et je souhaite qu’elles soient prises en considération par tous ceux qui ont le souci du bien vivre ensemble au Liban... mots vains en ce moment. Continuons de rêver...


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