Plusieurs banques chypriotes sont touchées de plein fouet par la crise grecque. Chypre a rejoint l’UE en 2004 et l’euro en 2008. L’agence d’évaluation financière Moody’s a abaissé mardi les notes de deux banques chypriotes, Bank of Cyprus et Hellenic Bank, invoquant « le risque accru de sortie de la Grèce de la zone euro ». La note d’une troisième banque, Cyprus Popular Bank, a été mise sous surveillance en vue d’un éventuel abaissement. Toutes ces notes sont dans la catégorie « spéculative » et correspondent à des emprunteurs peu fiables.
Le gouvernement chypriote craint d’être contraint d’appliquer des mesures économiques d’austérité dans le cadre d’une aide européenne et de devoir notamment renoncer au taux d’imposition de 10 % qui s’applique aux entreprises. Une telle mesure pourrait provoquer un départ des sociétés étrangères installées à Chypre. Les partis d’opposition pressent toutefois le gouvernement du président Demetris Christofias de demander l’aide européenne le plus tôt possible afin de pouvoir négocier des conditions favorables. Le quotidien pro-gouvernemental Haravgi a indiqué hier que le gouvernement tentait d’obtenir un prêt bilatéral plutôt que de se tourner vers l’Union européenne. Il n’a pas précisé quel pays pourrait venir en aide à Chypre mais la Chine pourrait faire partie des pays sollicités alors que la Russie a déjà consenti au gouvernement chypriote un prêt bonifié de 2,5 milliards de dollars pour couvrir ses besoins de financement en 2012.
Mardi, le porte-parole du gouvernement, Stefanos Stefanou, avait indiqué que Nicosie étudiait « différentes options » et qu’aucune décision sur un recours à l’aide européenne n’avait encore été prise. Le ministre des Finances Vasos Shiarly avait toutefois pour sa part laissé entendre devant une commission parlementaire lundi qu’une aide européenne n’aurait pas pour seul objet de soutenir les banques mais pourrait aussi subvenir à « d’autres besoins ».
Le gouvernement chypriote a déjà apporté son soutien à un plan de recapitalisation de 1,8 milliard d’euros pour la deuxième banque du pays, Popular Bank, qui est celle la plus exposée à la dette grecque. Une émission destinée à recueillir les fonds nécessaires doit s’achever le 29 juin. Si elle n’atteint pas ses objectifs, les autorités du pays devront trouver un autre moyen d’aider cette banque en difficulté. Le recours à des fonds publics semble exclu, le programme du gouvernement étant de ramener cette année le déficit budgétaire sous les 3 % du produit intérieur brut, contre 6,4 % en 2011. Ni le gouvernement ni les banques privées ne peuvent emprunter sur les marchés de la dette depuis un an en raison de l’abaissement de la note de Chypre à des niveaux spéculatifs.
(Source : AFP)


Et les banques libanaises, c'est pour quand ?
10 h 14, le 14 juin 2012