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Nos lecteurs ont la parole

Lui...

Par Tania HADJITHOMAS
Durant la brève mais passionnante expérience professionnelle que j’ai eu la chance de partager avec lui, il me demandait tout le temps de l’appeler Ghassan. J’en étais proprement incapable. Sa prestance m’écrasait, son intelligence m’éblouissait et sa finesse m’étourdissait. C’était un prince, un seigneur, et surtout un juste. Il laissait « des bouts de lui au creux de chaque endroit, un peu de chair à chaque empreinte de ses pas », de la lumière partout où il parlait. Il a laissé aussi s’échapper ses amours, une à une et inéluctablement, comme un prix à payer pour tant d’exceptions. Aujourd’hui où tu n’es plus, je vais peut-être t’appeler Ghassan. Parce que Ghassan va bientôt devenir un nom générique, synonyme de tout ce qu’on n’aura plus. On dira Ghassan pour se rappeler des mots brillants, des pensées vraies, d’une politique intelligente. On dira Ghassan pour évoquer cet amour de la culture, des lettres, des beaux mots, des langues et des livres. On dira Ghassan pour parler de ces quelques Libanais qui jadis défendaient le patrimoine, restauraient les églises et protégeaient la pierre. On dira Ghassan pour se souvenir de ce Liban où le respect était primordial et où un honnête homme n’était pas un crétin. On dira Ghassan pour se consoler un peu aussi. Pour se dire que peut-être un jour, il y aura un autre Ghassan pour nous sortir de cette médiocrité politique, humaine et sociale dans laquelle nous sommes. En attendant, repose-toi Ghassan, tu fais partie de la famille de beaucoup de Libanais, mais les tiens t’attendent. Nous, on va continuer, que veux-tu, on aime ce pays autant que tu l’as aimé et on va survivre dans le sillage lumineux des hommes comme toi qui savaient rester debout. Merci.

Tania HADJITHOMAS
MEHANNA
Durant la brève mais passionnante expérience professionnelle que j’ai eu la chance de partager avec lui, il me demandait tout le temps de l’appeler Ghassan. J’en étais proprement incapable. Sa prestance m’écrasait, son intelligence m’éblouissait et sa finesse m’étourdissait. C’était un prince, un seigneur, et surtout un juste. Il laissait « des bouts de lui au creux de chaque endroit, un peu de chair à chaque empreinte de ses pas », de la lumière partout où il parlait. Il a laissé aussi s’échapper ses amours, une à une et inéluctablement, comme un prix à payer pour tant d’exceptions. Aujourd’hui où tu n’es plus, je vais peut-être t’appeler Ghassan. Parce que Ghassan va bientôt devenir un nom générique, synonyme de tout ce qu’on n’aura plus. On dira Ghassan pour se rappeler des mots...
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