À en croire des sources proches de Baabda, un « gentleman agreement » pour renflouer le gouvernement de Nagib Mikati a été conclu lors de la réunion tripartite qu’ont tenu au palais présidentiel le chef de l’État, le président Michel Sleiman, le chef du législatif, Nabih Berry, et le Premier ministre Nagib Mikati. Cet accord porterait sur le règlement des principaux dossiers majeurs qui étaient en suspens depuis plusieurs mois.
Les sources susmentionnées indiquent dans ce cadre que ce qui a été convenu lors de la réunion de Baabda constitue « un accord en bonne et due forme, et non pas un simple compromis ». Un ministre du bloc de M. Walid Joumblatt précise à cet égard que des efforts soutenus ont été, et sont, déployés à plus d’un niveau afin de jeter les bases de l’accord sur le renflouement du cabinet Mikati. Le président de la Chambre, et néanmoins leader d’Amal, Nabih Berry, a informé M. Joumblatt des grandes lignes de l’accord précité, sans aborder avec lui les détails, lesquels devaient être mis au point par la commission tripartite formée de Ali Hassan Khalil (mouvement Amal), Mohammed Fneiche (Hezbollah) et Gebrane Bassil (courant aouniste).
Selon le ministre joumblattiste, l’accord qui aurait été convenu ne diffère pas de la formule de solution dont il était question il y a six mois et qui avait alors été rejetée par l’axe Hezbollah-Amal-courant aouniste. Qu’est ce qui aurait donc poussé ces composantes du gouvernement à accepter aujourd’hui les projets de règlement qu’elles refusaient il y a six mois ? Les sources proches de Baabda soulignent à ce sujet que la situation du gouvernement a atteint un tel point critique qu’il n’était plus possible de rester les bras croisés et de maintenir le cabinet dans un état de léthargie et de paralysie chroniques. Face aux tiraillements et aux dissensions profondes qui caractérisent les relations entre les diverses composantes du cabinet, les ministres n’étaient plus en mesure d’accomplir leurs tâches et de ce fait, des dossiers aussi épineux que le règlement du problème des dépenses publiques ou encore les nominations et les décisions à caractère socio-économique demeurent en suspens, ce qui se répercute gravement sur la conjoncture économique dans le pays.
Les factions gouvernementales, qui faisaient jusqu’à présent obstruction à tout déblocage de l’action du cabinet Mikati, ont fini par prendre conscience du fait qu’une telle stagnation finirait par se retourner contre elles, plus particulièrement à l’approche des prochaines élections législatives. De surcroît, lors du dernier Conseil des ministres, le chef du gouvernement a tiré la sonnette d’alarme, brandissant même, d’une manière à peine voilée, la menace d’une démission. Le 8 Mars risquait ainsi de se retrouver en dehors du gouvernement et risquait surtout d’arriver à la prochaine échéance électorale avec un cabinet formé et présidé par le 14 Mars.
De peur que l’équipe ministérielle en place ne s’écroule sous l’effet des tiraillements, des contradictions internes et du marasme économique rampant, les factions du 8 Mars auraient ainsi décidé de mettre de l’eau dans leur vin. La formule de solution préconisée par la commission tripartite Hezbollah-Amal-courant aouniste reposerait, selon une source ministérielle, sur les points suivants : la légalisation des dépenses gouvernementales pour l’année 2012 ; l’examen du projet de budget pour le transférer dans les plus brefs délais au Parlement ; la formation d’une commission parlementaire et judiciaire pour légaliser les dépenses publiques depuis 2005 ; la mise au point d’un plan pour clore le dossier des nominations administratives de manière à permettre au camp du 8 Mars de nommer ses partisans aux potes-clés de l’administration publique ; l’approbation d’une nouvelle loi électorale sur base de la proportionnelle et de la circonscription unique ou, à défaut, sur base des mohafazats comme circonscriptions, ce qui signifie le rejet des petites circonscriptions, comme le réclame le 14 Mars.
Il reste que dans ce contexte, les forces du 14 Mars se montrent particulièrement sceptiques quant aux possibilités de renflouement du cabinet Mikati, soulignant qu’il serait illusoire de redonner vie à un corps qui est pratiquement dans un état de mort clinique. Les milieux du 14 Mars relèvent sur ce plan que les contradictions qui paralysent l’équipe ministérielle sont aussi vives qu’auparavant et rien n’indique pour l’heure que le gouvernement parviendra à faire face à des défis tels que les violations répétées du territoire libanais par l’armée syrienne ou la tension née des retombées de la révolution syrienne sur la scène libanaise. Sans compter que le principal acteur régional qui a été à l’origine de la formation du cabinet Mikati, en l’occurrence le régime syrien, est plus que jamais chancelant et vacille de plus en plus sous les coups de l’opposition syrienne, ce qui fragilise d’autant le cabinet Mikati. Et dans ce cadre, l’appel de Hassan Nasrallah à réunir une Assemblée constituante représente aux yeux du 14 Mars une fuite en avant qui illustre la situation difficile dans laquelle se trouve aujourd’hui le Hezbollah, et le 8 Mars en général, en raison de la déstabilisation du pouvoir baassiste en place à Damas.
Les sources susmentionnées indiquent dans ce cadre que ce qui a été convenu lors de la réunion de Baabda constitue « un accord en bonne et due forme, et non pas un simple compromis ». Un ministre du bloc de M. Walid Joumblatt précise à cet égard que des efforts soutenus ont été, et sont, déployés à plus d’un niveau afin de jeter les bases de l’accord sur le renflouement du...


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