Pourquoi la libération des pèlerins chiites pris en otage en Syrie alors qu’ils regagnaient le Liban en bus en provenance d’Iran a-t-elle été entravée ? La question est sur toutes les lèvres, mais les réponses sont multiples et peut-être toutes partielles.
En tout état de cause, une chose est sûre : survenant en pleine crise intérieure due aux événements du Nord, cette affaire a suscité malgré tout l’union sacrée au Liban et l’on a vu pour la première fois depuis plus d’un an des contacts se dérouler à cette occasion entre le chef du courant du Futur, Saad Hariri, et le président de la Chambre, Nabih Berry.
C’est à la suite de ces contacts que les nouvelles initiales sur une libération imminente des otages avaient été diffusées vendredi dernier et que M. Hariri avait dépêché son avion personnel à Adana, dans le sud de la Turquie, pour les recueillir et les rapatrier. Depuis, il est apparu que les pèlerins n’avaient pas quitté le territoire syrien.
Faut-il en déduire que cette union sacrée des Libanais puisse être elle-même la cause ayant entravé la libération des otages ? D’une certaine façon cela est possible, et c’est en tout cas l’une des options retenues par des sources proches des tractations en cours sur cette affaire.
Selon ces sources, la partie qui a enlevé les pèlerins est un groupe d’opposition au régime syrien. Toutefois, il semblerait que, depuis, les otages ont été transférés d’un groupe à un autre dans des secteurs proches de la frontière turque, mais toujours sur le territoire syrien.
D’autre part, ces sources n’écartent pas le fait que le discours prononcé vendredi dernier par le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, à l’occasion du 25 mai, ait eu un impact négatif sur les négociations.
Au moment où le secrétaire général s’exprimait, tout le monde au Liban croyait que les otages étaient déjà arrivés en Turquie et qu’ils s’apprêtaient à embarquer à bord de l’avion personnel de M. Hariri. Or il n’en était rien et le discours contenait de quoi irriter les parties concernées par l’affaire.
Toujours selon les mêmes sources, il a également été question de la présence, parmi les pèlerins, de responsables ou de cadres du Hezbollah, ainsi que de nationaux iraniens, en particulier le chauffeur du bus. Ces responsables seraient en charge des contacts entre le parti, la Syrie et l’Iran, et seraient donc en possession d’informations intéressantes aux yeux de leurs ravisseurs.
Parmi d’autres causes évoquées, on parle aussi de tiraillements entre groupuscules d’opposition, mais aussi des conséquences du massacre de Houla, dans la région de Homs.
Et puis, naturellement, il reste l’option selon laquelle le régime syrien, ayant constaté que l’affaire allait se terminer sur un succès marquant pour la Turquie et pour Saad Hariri, aurait tout fait pour empêcher la sortie des otages du territoire syrien, notamment en pilonnant intensivement la zone frontalière où ils sont supposés se trouver.
Au Liban, on se montre plus ou moins sceptique vis-à-vis de toutes ces données et on pense que les ravisseurs tentent simplement d’obtenir de meilleurs prix politiques, surtout après ce qui s’est passé à Houla.
En tout état de cause, un responsable au sein de l’opposition libanaise estime que le plan conçu par ceux qui ont enlevé les pèlerins a d’ores et déjà échoué du fait de l’union sacrée qui s’est produite au Liban autour de cette affaire.
Selon des sources ministérielles, qui pensent que le discours de Hassan Nasrallah a réellement eu un impact négatif sur les tractations, tout comme les commentaires dans la rue entendus sur les chaînes de télévision libanaises, le mieux qui reste à faire à l’heure actuelle est d’éloigner l’affaire de toute exploitation politique et médiatique.
Ces sources conseillent à tout le monde de s’abstenir de commenter cette question et de se livrer à des surenchères dans les médias afin de permettre à des efforts en cours, loin des projecteurs, d’aboutir.
Ces efforts, croit-on savoir, pourraient impliquer la Croix-Rouge internationale et peut-être même l’équipe de l’émissaire de l’ONU en Syrie Kofi Annan.
En tout état de cause, une chose est sûre : survenant en pleine crise intérieure due aux événements du Nord, cette affaire a suscité malgré tout l’union sacrée au Liban et l’on a vu pour la première fois depuis plus d’un an des contacts se dérouler à cette occasion entre le chef du courant du Futur, Saad Hariri, et le président de la Chambre, Nabih Berry.C’est à la suite de ces contacts que les nouvelles initiales sur une libération imminente des otages avaient été diffusées vendredi dernier et que M. Hariri avait dépêché son avion personnel à...


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08 h 07, le 29 mai 2012