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À La Une - Révolte

Le second souffle de la rébellion syrienne

L’ONU accuse le régime syrien de « la plupart des abus »

Burhan Ghalioun, chef démissionnaire du CNS, a quitté ses fonctions notamment à cause de « divisions » entre islamistes et laïques. Son successeur sera élu dans une quinzaine. Alessandro Bianchi/Reuters

Le président Bachar el-Assad, qui ne reconnaît pas la contestation qui secoue la Syrie et l’assimile à du « terrorisme », a assuré hier que son pays « a pu surmonter les pressions et les menaces qu’il subit depuis des années. La Syrie est capable par la résistance de son peuple et son attachement à l’unité et à l’indépendance de sortir de cette crise ». Ces propos ont été rapportés par l’agence SANA qui a indiqué que M. Assad, allié stratégique de Téhéran dans la région, a reçu de son homologue iranien, Mahmoud Ahmadinejad, une invitation au sommet des pays non alignés en septembre en Iran.

 

Par ailleurs, dans un nouveau rapport publié à Genève, les enquêteurs mandatés par le Conseil des droits de l’homme ont estimé que « la plupart des violations graves » en Syrie « ont été commises par l’armée et les services de sécurité ». « L’armée a employé un large éventail de moyens militaires, y compris des tirs d’artillerie lourde sur des zones civiles », écrit la commission d’enquête tout en faisant état d’informations selon lesquelles « les groupes armés rebelles commettent aussi des abus ». Selon la commission, les troupes poursuivent les exécutions extrajudiciaires et la pratique de la torture, même sur des enfants de 10 ans, soulignant que les plus jeunes « font fréquemment partie des tués ou des blessés durant les attaques sur les manifestations et les bombardements ». Cette commission d’enquête internationale, établie en août 2011, n’a toujours pas reçu le feu vert de Damas pour se rendre en Syrie.

 

Le Baas majoritaire au Parlement

À Damas, le nouveau Parlement, issu des élections du 7 mai raillées par la communauté internationale et boycottées par l’opposition, a élu un nouveau président, Jihad Lahham, un avocat membre du parti Baas au pouvoir. Plus de la moitié des députés seraient désormais issus des rangs du Baas qui dirige la Syrie depuis 1963, selon un décompte de médias syriens en ligne. Aucune annonce officielle des résultats n’a été faite pour le moment.

 

Au moins 30 tués

Sur le terrain, et malgré le plan de sortie de crise de l’émissaire international Kofi Annan soutenu par l’ONU et accepté par le régime et les rebelles, les violences ne connaissent aucun répit avec des dizaines de victimes chaque jour. Quelque 270 observateurs de l’ONU sont déployés dans le pays et tentent en vain de faire respecter un cessez-le-feu en vigueur officiellement depuis le 12 avril, en application du plan Annan, mais systématiquement violé. Hier, au moins 30 personnes ont péri dans les violences, dont 20 civils, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH).

 

Dans la région d’Idleb, les troupes ont exécuté sommairement quatre personnes arrêtées dans leurs maisons. Quatre autres civils ont été tués lors de combats entre soldats et rebelles dans cette région, poursuit l’OSDH. L’armée continuait en outre à bombarder Rastane, dans la province de Homs, farouchement défendue depuis des mois par les rebelles, et encerclait la ville presque vidée de ses habitants. « Des obus sont tombés sur la boulangerie de Rastane » faisant au moins cinq morts, a rapporté l’OSDH. Dans la province de Deir ez-Zor, un jeune homme a été tué par l’armée et un soldat a péri lors de combats avec des rebelles. Dans la ville même de Homs, le quartier de Jobar était pilonné alors que des explosions étaient entendues dans d’autres quartiers, dont celui de Khaldiyé. Plus au nord, dans la province de Hama, les corps de six membres d’une même famille, kidnappés il y a deux jours, ont été retrouvés sur la route d’al-Ghab. Enfin à Deraa, des tirs nourris étaient entendus alors qu’une explosion avait secoué la ville le matin.

 

 

L'opposition

D’autre part, l’Armée syrienne libre (ASL) a annoncé s’être dotée d’un statut fixant comme objectifs prioritaires « d’aider le peuple syrien à se libérer » du régime. L’ASL, créée en juillet 2011 et qui rassemble des milliers de militaires dissidents, a précisé que sa mission était de « protéger les manifestations pacifiques » et de « traduire devant des tribunaux internationaux des auteurs de crimes de guerre contre le peuple syrien ». Dans ce manifeste, l’ASL annonce avoir formé un conseil militaire provisoire composé de hauts officiers ayant rejoint la rébellion. Le chef de ce conseil sera « élu » pour un mandat de trois mois renouvelable. L’ASL s’est aussi engagée dans ce manifeste à « respecter les principes du droit international et humanitaire » et à interdire à ses membres d’appartenir à des formations politiques ou religieuses. Elle affirme aussi qu’elle sera au service du « gouvernement qui sera élu par le peuple » après la chute du régime Assad, qu’elle « veillera à l’unité du peuple et à son intégrité territoriale » et qu’elle « ne s’ingérera pas dans le processus politique ».

 

Et en ce qui concerne le bras politique de l'opposition, le président du Conseil national syrien, Burhan Ghalioun, a démissionné, estimant que le CNS n’avait pas été « à la hauteur ». (Lire les détails de l'annonce de la démission de Ghalioun en cliquant ici)

 

 

(Source : agences)

Le président Bachar el-Assad, qui ne reconnaît pas la contestation qui secoue la Syrie et l’assimile à du « terrorisme », a assuré hier que son pays « a pu surmonter les pressions et les menaces qu’il subit depuis des années. La Syrie est capable par la résistance de son peuple et son attachement à l’unité et à l’indépendance de sortir de cette crise ». Ces propos ont été rapportés par l’agence SANA qui a indiqué que M. Assad, allié stratégique de Téhéran dans la région, a reçu de son homologue iranien, Mahmoud Ahmadinejad, une invitation au sommet des pays non alignés en septembre en Iran.
 
Par ailleurs, dans un nouveau rapport publié à Genève, les enquêteurs mandatés par le Conseil des droits de l’homme ont estimé que « la plupart des violations graves » en Syrie « ont été commises par...
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