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Ahwak, ou se rencontrer chez soi ailleurs

Il y a le café turc et il y a le marc. Celui d’Ahwak est le visage d’un café jeune à l’esprit ouvert.

Il ne faut pas se fier aux apparences nostalgiques du décor. Ahwak est un café jeune. Les vieux papiers peints, les anciens fauteuils, l’éclectisme des années 60 mélangé à un style moderne et oriental, c’est le parti pris de Sahar Minkara Karamé, qui a voulu créer un café où on se sent chez soi. D’emblée, le comptoir annonce la donne de la philosophie régnante – l’espace de travail étant ouvert – pour qu’on puisse, comme dit la propriétaire, «se servir comme on veut».
Si Alia, étudiante en biologie à Balamand et férue de café américain, vient à Ahwak, c’est «parce que c’est le seul café tripolitain où les gens sont cools et où l’on peut venir comme on est». Nicole, étudiante en business à l’AUB, partage cet avis et considère qu’Ahwak est un de ces rares lieux où on peut facilement se mêler à des gens qu’on ne connaît pas. Pour Tamim, étudiant en business à l’USJ, et qui ne vient là que les fins de semaine, «Ahwak est le retour à un certain calme, à l’apaisement après une semaine d’études à Beyrouth».

Couleur turquoise et cake fait maison
À l’intérieur, les arcs pointés du petit café se veulent dépositaires de la maison libanaise traditionnelle, alors que des lumières tamisées créent une ambiance intime. «Le bleu turquoise est pris sur le modèle des vieilles maisons libanaises et permet d’éloigner le mauvais œil», plaisante la propriétaire. La philosophie alternative de Sahar est de n’offrir que des pâtisseries maison. Quant aux odeurs, le café se fait sur place et sur ordre. «Ici, il y a toujours une odeur de café moulu qui donne l’impression qu’on est bel et bien dans une maison et qui vous donne envie d’y rester.» Les clients du café sont majoritairement des étudiants et la musique elle-même est de circonstance. «Je ne mets que des sonorités essentiellement jazzy afin que les personnes venues se concentrer ne soient pas gênées par le bruit des mots », affirme Sahar.
De plus, les jeunes renouvellent l’esprit de cette «seconde maison», et des évènements sont régulièrement tenus dans le café: petites expositions, journée sans cigarettes, vente de CD ou bazars qui se tiennent à l’extérieur du café. «On fait tous les ans un stand-up contre la pauvreté. Ahwak soutient également les jeunes artistes en les invitant à jouer ici et couvre parfois les frais de leur première production artistique.» Pour Fofi, graphic designer, le «plus» d’Ahwak est que c’est le premier café à Tripoli ayant pris le (grand) risque d’interdire le narguilé. «Je m’intéresse à mes clients, confie Sahar, et j’aime faire sentir à chacun qu’il est unique et qu’il est ici comme chez lui.»

Maya SOURATI
Il ne faut pas se fier aux apparences nostalgiques du décor. Ahwak est un café jeune. Les vieux papiers peints, les anciens fauteuils, l’éclectisme des années 60 mélangé à un style moderne et oriental, c’est le parti pris de Sahar Minkara Karamé, qui a voulu créer un café où on se sent chez soi. D’emblée, le comptoir annonce la donne de la philosophie régnante – l’espace de travail étant ouvert – pour qu’on puisse, comme dit la propriétaire, «se servir comme on veut». Si Alia, étudiante en biologie à Balamand et férue de café américain, vient à Ahwak, c’est «parce que c’est le seul café tripolitain où les gens sont cools et où l’on peut venir comme on est». Nicole, étudiante en business à l’AUB, partage cet avis et considère qu’Ahwak est un de ces rares lieux où on peut facilement...
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