Sarisse grecque et discours politique
Clé des succès militaires d’Alexandre, cette longue pique pointue est adoptée par les successeurs du conquérant, qui veulent la perfectionner toujours plus. Mais cette course vire à l’absurde. Tel le discours de nos hommes politiques qui n’ont de cesse de faire hausser la surenchère. Je m’explique. L’une des armes les plus efficaces des armées d’Alexandre le Grand était la sarisse, longue pique de 4 mètres terminée par une pointe en fer. Les fantassins des formidables phalanges macédoniennes en brandissaient chacun une, les premiers rangs à l’horizontale puis de façon oblique pour les suivants. Ainsi les Macédoniens surent inspirer crainte et respect dans le monde antique. Mais sitôt Alexandre disparu, ses généraux se disputèrent son héritage et ce magnifique empire se scinda en plusieurs royaumes qui se firent immédiatement la guerre. Le problème, c’est que toutes leurs armées étaient équipées et organisées de la même manière. Ainsi les phalanges se neutralisèrent mutuellement et les sarisses des différents royaumes hellénistiques s’allongèrent toujours plus dans le but de dépasser celles de l’adversaire jusqu’à atteindre 7 mètres. Il était devenu impossible aux hoplites de les manier et cette tactique est entrée en décadence. C’est probablement une leçon à méditer pour nombre de politiciens libanais incapables de s’exprimer autrement que par un discours des plus vindicatifs. Où va donc s’arrêter cette recherche effrénée dans le but de perfectionner encore et toujours plus la rhétorique la plus insultante possible ? Ce besoin d’aller plus loin, plus haut que l’autre. Si une chose est sûre, c’est bien la déchéance du débat politique dans un pays qui fut celui de Gebran Khalil Gebran, de Charles Malek et de Charles Helou.
Eddy TOHMÉ
Tendres épines
Il y a bien longtemps, quand les végétaux marchaient et parlaient entre eux, un petit cactus commençait sa jeunesse dans un monde d’amour et de méchanceté. Malgré sa petite taille, il n’était pas toujours accepté, c’était un peu le souffre-douleur des autres végétaux. Au tout début, il était lisse comme une pomme, mais par la suite, il apprit à se forger une carapace. C’est alors que ses petites épines sont sorties. Depuis ce jour, petit cactus a été accepté, et aucun végétal ne lui a plus cherché noise. Ainsi on peut résumer l’histoire de nos femmes parlementaires sous l’hémicycle de cette fameuse place de l’Étoile . Ni chaud ni froid face aux mugissements et insultes des mâles qui ont sorti toutes leurs épines et débitent les pires vulgarités. On se demande, dame cactus, quel est votre rôle, en quoi vous aidez la femme de votre pays et n’est-il pas honteux face à cet absentéisme total de rester toujours à l’écart ?
Nazira A. SABBAGHA
Entre doute et espoir !
Après les défaillances au sein de nos institutions, le pays s’orientera probablement vers sa propre destruction si le gouvernement ne réagit pas à temps. Certes, nous demeurons sceptiques et nous nous interrogeons sur sa capacité à pouvoir surmonter les difficultés : la crise économique, la corruption et surtout la question sécuritaire. Nos représentants ont beau nous promettre des solutions (peu convaincantes) à tous nos maux à travers leurs déclarations et leurs discours, nous demeurons peu confiants quant à l’avènement d’un avenir meilleur. N’est-il pas temps qu’ils mettent tout en œuvre pour remédier à cette situation critique, d’autant plus que nous vivons actuellement dans un contexte régional très instable ? Imposons-nous face aux désastres qui nous menacent. Réedifons notre nation sur des bases solides afin de retrouver, l’image exemplaire qu’elle s’était donnée en tant qu’éden du Moyen-Orient, admiré pour son ouverture à toutes les cultures. Évitons de replonger dans les erreurs du passé. Après toutes les épreuves qui l’ont secoué, notre pays finira par renaître.
Hilda DADOURIAN
Clé des succès militaires d’Alexandre, cette longue pique pointue est adoptée par les successeurs du conquérant, qui veulent la perfectionner toujours plus. Mais cette course vire à l’absurde. Tel le discours de nos hommes politiques qui n’ont de cesse de faire hausser la surenchère. Je m’explique. L’une des armes les plus efficaces des armées d’Alexandre le Grand était la sarisse, longue pique de 4 mètres terminée par une pointe en fer. Les fantassins des formidables phalanges macédoniennes en brandissaient chacun une, les premiers rangs à l’horizontale puis de façon oblique pour les suivants. Ainsi les Macédoniens surent inspirer crainte et respect dans le monde antique. Mais sitôt Alexandre disparu, ses généraux se disputèrent son héritage et ce magnifique...


L'Iran ripostera de façon « décisive » à toute attaque, avertit son négociateur en chef