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Nos lecteurs ont la parole

Au-delà de la rhétorique

Par Jocelyne el-BOUSTANY
Conformément à la promesse faite par le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, suite à la guerre de juillet 2006, la banlieue sud de Beyrouth a été reconstruite « plus belle qu’avant ». La célébration de la fin du projet de reconstruction a donné lieu à un grand rassemblement au cours duquel le secrétaire général a prononcé un discours devant ses partisans. Si la marque distinctive de l’agir politique du parti s’est toujours caractérisée par le déploiement iconographique et sonore destiné à la fois à promouvoir son message et à construire un espace de significations ; dans le cas de la célébration de l’achèvement du projet de reconstruction Waad, tout a été mis en place pour souligner une fois de plus cette caractéristique, qu’il s’agisse de la théâtralité de l’événement, où la puissance de l’évocation pleine de sous-entendus s’est traduite, entre autres, dans la projection sur les immeubles flambant neufs de scènes représentant des combattants en pleine action, d’une symbolique communicationnelle supposée rappeler au public présent que ces combattants sont les seuls garants des acquis dont certains servent ce soir-là d’écrans géants ; ou bien des paroles des chants interprétés par la chorale, glorifiant la victoire arrachée par les armes du Hezbollah et dont dépend la pérennité de la nation. Quant au discours du secrétaire général, il tend à démontrer que le parti donne dans les arguments sophistes prenant appui sur les mécanismes psychologiques qui influencent les préférences et les choix, à savoir : l’émotion de l’auditoire, l’ascendant social du locuteur (ou l’argument d’autorité) et la véhémence de son style qui sert à rallier le public par la levée des passions. Mais s’il ne s’agit pas d’analyser le contenu du discours du secrétaire général, force est de constater que Hassan Nasrallah, qui maîtrise fort bien l’art de la discussion qui est aussi l’art de la guerre, sait pertinemment que le vrai maître du jeu reste in fine le langage et ses ressources infinies et qu’il est possible d’avoir toujours raison. À condition toutefois de ne pas trop tirer sur la corde, car l’observation de près des modalités discursives adoptées permet de repérer les arguments sophistes ayant servi à structurer sa rhétorique, à savoir : 
1- « Le biais de confirmation » qui consiste à garder les preuves qui vont dans le sens de son raisonnement. À cet égard, il s’agit de la justification de l’envergure des destructions occasionnées par Israël en 2006, qui, selon le secrétaire général, aurait pu se suffire d’une simple confrontation militaire avec les combattants, mais a préféré faire payer aux partisans de la résistance le prix de leur choix.
Or il n’est un secret pour personne que le Hezbollah opère à la manière des guérillas, que le soutien de la population, qui, souvent lui sert de bouclier, est essentiel pour sa survie. Par conséquent, comment demander à l’ennemi d’observer les règles de la guerre classique dans un contexte de guerre non conventionnelle ? 
2- « Le postulat indémontrable » où il est question de faire une déclaration qui ne peut être en aucun moyen vérifiée. Sur ce point, le secrétaire général précise que certains responsables ont misé sur une crise économique et sociale aiguë contre la population de la résistance, afin de la soumettre sur le plan social et économique après l’échec de l’option militaire. Pourtant, le gouvernement libanais a payé 33,4 % du montant total de la reconstruction qui a atteint 400 millions de dollars américains. Si Hassan Nasrallah le mentionne furtivement dans son discours, en revanche, il insiste à faire valoir l’existence de sommes non versées. 
3- « L’argument circulaire » dont la conclusion résulte des arguments eux-mêmes fondés sur la conclusion.
En effet, le secrétaire général du Hezbollah considère que le raisonnement derrière la décision du 14 Mars de boycotter les élections de 2013 ne tient pas la route, étant donné que tous les Libanais sont armés et que les élections de 2005 et 2009 se sont déroulées à l’ombre des armes. Refuser cette logique, c’est reconnaître selon Hassan Nasrallah que les élections de 2005 et de 2009 sont invalides. 
4- « La charge de la preuve » où la partie attaquante n’a pas à prouver ce qu’elle avance, c’est plutôt la partie attaquée qui doit prouver le contraire. Cet argument est applicable à la représentation des incidents du 7 mai 2008 proposée par le secrétaire général Hassan Nasrallah, qui affirme posséder des documents sur la présence de milliers de combattants en 2008 dans la capitale, pour provoquer une division sunnito-chiite au Liban et entraîner ainsi la venue des forces arabes et internationales dans le pays après l’échec de la guerre de juillet 2006. Il est peut-être temps de produire ces documents. 
Enfin, bien qu’elle relève des actions d’influence, la volonté de donner un sens aux événements dans le cadre du jeu politique est sans aucun doute légitime.
Par contre, chercher à imposer ce sens représente une dérive qui tend à brouiller les limites entre les cadres interprétatifs qui classent, identifient et perçoivent les événements. Ces cadres déterminent les règles du jeu et du combat et il serait dangereux d’y porter atteinte.
Conformément à la promesse faite par le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, suite à la guerre de juillet 2006, la banlieue sud de Beyrouth a été reconstruite « plus belle qu’avant ». La célébration de la fin du projet de reconstruction a donné lieu à un grand rassemblement au cours duquel le secrétaire général a prononcé un discours devant ses partisans. Si la marque distinctive de l’agir politique du parti s’est toujours caractérisée par le déploiement iconographique et sonore destiné à la fois à promouvoir son message et à construire un espace de significations ; dans le cas de la célébration de l’achèvement du projet de reconstruction Waad, tout a été mis en place pour souligner une fois de plus cette caractéristique, qu’il s’agisse de la théâtralité de l’événement,...
commentaires (4)

Z'ont pas pu le mettre ailleurs,je suppose...en fait,c'éatit relatif au prix de M. Khlat,le spécialiste du High Yield...et encore attend la deuxième partie...çà va être beaucoup plus drôle...enfin ,pas pur tout le monde je suppose...Libanais ou pas,je déteste cordialement ces gens là...

GEDEON Christian

05 h 45, le 24 mai 2012

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Commentaires (4)

  • Z'ont pas pu le mettre ailleurs,je suppose...en fait,c'éatit relatif au prix de M. Khlat,le spécialiste du High Yield...et encore attend la deuxième partie...çà va être beaucoup plus drôle...enfin ,pas pur tout le monde je suppose...Libanais ou pas,je déteste cordialement ces gens là...

    GEDEON Christian

    05 h 45, le 24 mai 2012

  • Christian, ton commentaire est très mignon, mais qu'est-ce qu'il fout là ?

    Robert Malek

    15 h 53, le 23 mai 2012

  • Très bon article, Mme el-Boustany.

    Robert Malek

    15 h 50, le 23 mai 2012

  • Chose promise ,chose dûe...opinion donc sur les High Yield... Prononcé et écrit comme çà,High Yield,çà a presque l'air héroïque,çà a du panache (apparent),çà sent la poudre financière et la guerre de tranchées de place à place...las,rien d'héroïque dans ce qui est l'un des modes d'exploitation financière des pays et des peuples des plus méprisables...en gros,de quoi s'agit-il?(nous allons éviter les termes savants derrière lesquels se cachent les "financiers" qui utilisent ce genre de "techniques"...Vous êtes par exemple....la Grèce(au hasard,bien entendu)...vous êtes dans la m...(pas par hasard,bien entendu)...vous avez besoin de fric...mais franchement,qui va s'intéresser à des obligations grecques à 2,3,ou 4 %...alors,et avec l'aide d'une de ces merveilleuses banques spécialisée,vous allez émettre des obligations à un taux nettement plus élevé...(au passage ,les gentilles banques vont prendre des frais on ne peut plus substantiels,n'est ce pas?)Et que croyez vous qu'il se passe à ce moment là...eh bien,à peine émises(les banquiers le savaient),les obligations en question vont perdre une bonne partie de leur face-value...de leur nominal,si vous préférez...les abrutis auprès desquels on les avaient placées vont les revendre à 50% par exemple,de leur valeur...ce qui double automatiquement leur rendement,n'est ce pas?Et là,voyez un peu la finesse(sic) du truc!Mais ce truc là,je vous le dis au prochain épisode...see you!

    GEDEON Christian

    09 h 41, le 23 mai 2012

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