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Nos lecteurs ont la parole

L’honneur de la culture et la fierté du Liban

Par Hyam MALLAT
Il y a près de 60 ans, accompagné de mon père, je franchissais pour la première fois les portes de la librairie Antoine à Bab Idriss. Depuis ce jour, l’habitude était prise de ne jamais m’absenter de cette librairie qui s’est imposée à moi comme le sanctuaire même de la culture française en tout premier lieu, et élargie aujourd’hui à toutes les formes de la pensée libanaise, arabe et internationale. En effet, c’est dans cette librairie que progressivement je découvris, avec le cher Antoine puis plus tard avec Émile, toujours à Bab Idriss, et avec Pierre à la rue de l’Émir Béchir, l’importance de son témoignage éminent et quotidien. Puis je m’engageais sur la voie de la lecture et de l’écriture qui restent des aventures personnelles, mais surtout le reflet même de la fragilité de la culture si elle n’est gardée et protégée.
Les temps de l’épreuve à partir de 1975 ont également été ceux de la fidélité et de l’engagement d’Antoine Naufal et de ses frères pour permettre à cette société libanaise l’accès à toutes les productions de la culture et de continuer à battre au diapason du monde.
Et puis, il y a quelques jours, le 11 mai, la librairie Antoine inaugurait en présence du PDG de Hachette-livre, M. Arnaud Nourry, et d’une grande affluence au centre-ville un nouveau joyau incrusté dans sa longue histoire pour son bonheur et pour le nôtre. J’ai voulu entrer dans cette librairie pour la première fois accompagné des personnes qui me sont chères, et surtout de mes petits-fils en espérant qu’ils n’oublieront pas un jour ce que leur grand-père n’a pas oublié depuis plus de 60 ans.
Et puis cette inauguration était bien l’opportunité offerte de nous souvenir du grand Antoine – et de se rappeler ce qu’un homme, à force de courage, de dévouement, de solidarité avec ses frères, a pu réussir dans un pays empêtré dans les pitreries politiques. Le succès de cet homme reflète celui de toute une société civile plus grande que sa société politique. La librairie Antoine s’inscrit dans la durée car elle tire ses origines de l’authenticité de celui qui l’a établie et de cette belle génération qui a repris aujourd’hui le flambeau des fondateurs pour ériger la librairie Antoine en une institution phare d’un pays dont la culture reste en réalité la mesure unique de grandes ambitions, bien loin des petites politiques, et dont la fragilité même requiert vigilance et engagement.
En admirant cette magnifique continuité de la librairie Antoine, un devoir de reconnaissance s’impose car elle nous permet de rester sur l’échiquier du monde de la pensée. Et c’est pourquoi l’hommage rendu n’est pas un simple témoignage : la librairie Antoine est une institution servie par des personnes fidèles à l’esprit et à l’engagement du fondateur. Elle fait honneur à la culture et elle est véritablement la fierté du Liban.

Hyam MALLAT
Avocat et professeur
Ancien président
du conseil d’administration de la Caisse nationale
de la Sécurité sociale
et des Archives nationales
Il y a près de 60 ans, accompagné de mon père, je franchissais pour la première fois les portes de la librairie Antoine à Bab Idriss. Depuis ce jour, l’habitude était prise de ne jamais m’absenter de cette librairie qui s’est imposée à moi comme le sanctuaire même de la culture française en tout premier lieu, et élargie aujourd’hui à toutes les formes de la pensée libanaise, arabe et internationale. En effet, c’est dans cette librairie que progressivement je découvris, avec le cher Antoine puis plus tard avec Émile, toujours à Bab Idriss, et avec Pierre à la rue de l’Émir Béchir, l’importance de son témoignage éminent et quotidien. Puis je m’engageais sur la voie de la lecture et de l’écriture qui restent des aventures personnelles, mais surtout le reflet même de la fragilité de la culture si...
commentaires (1)

Merci docteur Mallat pour cette magnifique envolée. Et merci Librairie Antoine pour toute l'instruction et le plaisir que vous ne cessez de nous procurer. Puisse le Liban sortir de l'ornière profonde dans laquelle il s'est embourbe et puissent les Libanais enfin réaliser qu'ils peuvent aisément être maitres de leur propre destin, si seulement ils le voulaient assez fort.

George Sabat

05 h 41, le 21 mai 2012

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Commentaires (1)

  • Merci docteur Mallat pour cette magnifique envolée. Et merci Librairie Antoine pour toute l'instruction et le plaisir que vous ne cessez de nous procurer. Puisse le Liban sortir de l'ornière profonde dans laquelle il s'est embourbe et puissent les Libanais enfin réaliser qu'ils peuvent aisément être maitres de leur propre destin, si seulement ils le voulaient assez fort.

    George Sabat

    05 h 41, le 21 mai 2012

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