L'armée libanaise s'était déployée, mardi, dans les quartiers de Tripoli pour mettre un terme aux heurts qui ont fait 9 morts et plusieurs blessés. Omar Ibrahim / Reuters
Un calme précaire règne de nouveau à Tripoli, après avoir été brisé, mercredi après-midi, par une brève reprise des combats entre partisans et opposants au président syrien Bachar el-Assad.
Au moins six personnes ont été blessées dans ces nouveaux affrontements, a rapporté un responsable au sein des services de sécurité. En outre, un homme qui tentait de fuir ces violences est mort après avoir été heurté par une voiture, a précisé le responsable, qui s'exprimait sous couvert de l'anonymat.
Des tirs ont éclaté après que des soldats ont essayé d'enlever des barricades dans le quartier de Bab el-Tebbaneh, majoritairement sunnite et hostile au régime syrien. Des habitants ont ouvert le feu sur les soldats, faisant un blessé parmi les troupes, qui ont répliqué.
Les affrontements ont pris de l'ampleur quand des habitants du quartier voisin de Jabal Mohsen, essentiellement de confession alaouite comme le président Assad, ont ouvert le feu.
Les heurts ont duré deux heures avant de cesser progressivement, et l'armée a annoncé dans un communiqué avoir arrêté plusieurs personnes en liens avec les violences de mercredi.
Ce bref retour à la violence est intervenu malgré le déploiement, hier, de l’armée libanaise dans l’ensemble des quartiers de Tripoli touchés ces derniers jours par des violences confessionnelles meurtrières liées au conflit dans la Syrie voisine.
Des unités de l’armée étaient arrivées à 6h lundi matin, rue de Syrie, qui sépare le quartier de Bab el-Tebbaneh de celui de Jabal Mohsen, selon un communiqué de l'armée. Une unité militaire avait également commencé à désamorcer les bombes non explosées, parallèlement au démantèlement des barrages et barricades érigées par les parties en conflit.
Au cours des affrontements du week-end, neuf personnes ont été tuées et plusieurs dizaines blessées. Les violences ont été déclenchées après l'arrestation d'un islamiste Chadi Mawlaoui, 27 ans, accusé de "lien avec une organisation terroriste". Une accusation rejetée par ses proches qui affirment que Mawlaoui est simplement un partisan de la révolte en Syrie. Mawlaoui a été arrêté dans un centre social relevant du ministre Mohammed Safadi, dans le cadre d’une opération de démantèlement d’un réseau salafiste à Tripoli.
Les affrontements ont repris cet après-midi malgré une rencontre, ce matin, entre le ministre de l'Intérieur, Marwan Charbel, et des islamistes, en présence du directeur général des Forces de sécurité intérieure, Ashraf Rifi.
Marwan Charbel s’est réuni aujourd’hui avec une délégation de manifestants islamistes au Sérail de Tripoli "pour examiner leurs demandes", a indiqué l’Agence nationale d’information (ANI). Ces derniers exigent la libération des prisonniers islamistes détenus au Liban depuis plusieurs années sans inculpations et sans jugements.
"Je peux assurer à tous les politiciens et les hommes armés que l’État va régler prochainement la situation des islamistes incarcérés et des autres détenus à la prison de Roumieh", a déclaré le ministre de l’Intérieur avant d’ajouter : "El-Qaëda n’existe pas au Liban, il y a juste des sympathisants des idées de ce groupe. El-Qaëda ne possède pas de base d’entraînement dans le pays et ne reçoit pas d’aide financière".
"Nous demandons aux parents des détenus islamistes d’aider la justice, de nommer des avocats, de traiter cette affaire de façon pacifique et de laisser la justice dire ce qu’elle a à dire", a indiqué M. Charbel, précisant que certains islamistes arrêtés allaient être relâchés bientôt.
Concernant le détenu Chadi Mawlaoui, le ministre a expliqué que cette "affaire est entre les mains des forces de sécurité et nous sommes prêts à coopérer pour révéler la vérité". "Le juge Sakr Sakr (commissaire du gouvernement près le tribunal militaire, ndlr) est connu pour son intégrité et s’il n’y avait rien contre Mawlaoui, ce dernier aurait été relâché. Le verdict sera toutefois donné par la justice", a-t-il précisé, ajoutant que trois avocats ont été nommés dans le cadre de cette affaire.
En fin d'après-midi, les concertations de M. Charbel avec les dignitaires et les protestataires islamistes ont abouti à un accord : en échange d'une nouvelle enquête avec Chadi Mawlaoui, demain en présence de ses avocats, les protestataires ont débloqué la route de la place Nour, y maintenant toutefois leur rassemblement.
Hier, l’ancien député Misbah Ahdab s'était rendu auprès des protestataires islamistes pour discuter avec eux de l’affaire de l’arrestation de Mawlaoui et de celle des détenus islamistes. Dans une déclaration à la presse, il a rappelé qu’il y a eu depuis des années des mises en garde contre une exacerbation de la tension née de la détention, sans jugement, d’un groupe d’islamistes arrêtés après la guerre de Nahr el-Bared, en 2007.
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Au moins six personnes ont été blessées dans ces nouveaux affrontements, a rapporté un responsable au sein des services de sécurité. En outre, un homme qui tentait de fuir ces violences est mort après avoir été heurté par une voiture, a précisé le responsable, qui s'exprimait sous couvert de l'anonymat.
Des tirs ont éclaté après que des soldats ont essayé d'enlever des barricades dans le quartier de Bab el-Tebbaneh, majoritairement sunnite et hostile au régime syrien. Des habitants ont ouvert le feu sur les soldats, faisant un blessé parmi les troupes, qui ont répliqué.
Les affrontements ont pris de l'ampleur quand des...


