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À La Une - Révolte

En Syrie, un long vendredi de sang et de manifs

Explosion à Alep en fin de soirée ; l’UE va prendre de nouvelles sanctions.

Une manifestation antirégime parmi tant d’autres hier à Kafranbel. Shaam News Network/Raad al-Farès/Reuters

Plusieurs dizaines de milliers de Syriens ont bravé hier les tirs des forces de sécurité pour manifester leur opposition au régime de Bachar el-Assad, au moins treize d’entre eux ont trouvé la mort, selon la chaîne satellitaire al-Jazira. Les forces de sécurité ont tiré sur les manifestants à Tadamone, un quartier de Damas traditionnellement hostile au régime, faisant cinq blessés, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH) et des militants. Les troupes gouvernementales ont également ouvert le feu sur des manifestants à Hama, Alep, où un manifestant a été tué, et à Hassaka, où les protestataires ont riposté en jetant des pierres sur les soldats, d’après les mêmes sources.
Malgré un déploiement massif de l’armée dans plusieurs villes et localités, des dizaines de milliers de manifestants sont ainsi sortis après la prière du vendredi pour réclamer la chute du régime et accuser le pouvoir d’avoir perpétré les attentats de Damas de la veille pour nuire à leur révolte. « Notre révolution n’a rien à voir avec les attentats terroristes du régime », pouvait-on lire sur une pancarte brandie par des manifestants dans la ville côtière de Jableh, alors que régime et opposition se rejettent la responsabilité des attaques qui ont fait 55 morts et 372 blessés.
Hier, la télévision d’État a annoncé que les autorités avaient empêché un nouvel « attentat-suicide » à Alep. La chaîne a précisé que le kamikaze avait été tué « avant qu’il ne puisse perpétrer son crime terroriste ». Cependant, en fin de soirée, une forte explosion suivie d’une fusillade a eu lieu devant des locaux du Baas, faisant un mort dans la deuxième ville du pays, a indiqué l’OSDH. « L’explosion a été puissante, mais nous ne savons pas quelle est son origine », a déclaré Rami Abdel Rahmane, président de l’OSDH, précisant que « nous pouvons confirmer qu’un agent de sécurité du parti Baas a été tué, pas par l’explosion, mais par ce qui s’est passé juste après, quand des hommes armés ont ouvert le feu sur les locaux du parti ».
Pour le régime, qui assimile les rebelles à des « terroristes » et ne reconnaît pas la contestation, ces attentats sont la preuve que la Syrie est visée par un « complot terroriste » financé par l’étranger. Un militant basé à Alep, Mohammad al-Halabi, a cependant affirmé qu’il n’était « pas dans l’intérêt de l’Armée syrienne libre (ASL) de perpétrer des attaques le vendredi », jour traditionnel de manifestations antirégime depuis le début de la révolte en mars 2011. « Le régime tente de faire croire aux gens qu’el-Qaëda est implanté ici, mais c’est faux », a-t-il ajouté. Selon le Conseil national syrien (CNS), c’est le régime qui entretient une relation « très forte » avec el-Qaëda et recourt à « une nouvelle technique, le terrorisme », pour saboter le plan de sortie de crise de l’émissaire Kofi Annan. D’après l’OSDH, 938 personnes dont 662 civils ont péri dans les violences depuis la trêve, entrée techniquement en vigueur le 12 juillet.

Rice et UE
Le Conseil de sécurité de l’ONU a demandé au régime et à l’opposition « la cessation de toute forme de violence armée » conformément au plan Annan, tandis que le pape Benoît XVI a exprimé « sa proximité et son émotion » après les attentats. L’Iran de son côté a condamné les attentats de Damas, accusant l’Occident de les avoir orchestrés.
Parallèlement, le porte-parole du secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon, Martin Nesirky, a indiqué à notre envoyée spéciale à New York Sylviane Zéhil que « le bureau de Kofi Annan a été informé par les autorités syriennes que 114 journalistes internationaux ont obtenu des visas », précisant que le bureau a remarqué « une augmentation du nombre d’articles de médias étrangers émanant de Syrie ».
Affirmer que la mission de Kofi Annan en Syrie est un échec serait prématuré, a déclaré pour sa part l’ambassadrice des États-Unis à l’ONU, Susan Rice. « Bien que nous soyons sceptiques quant à l’empressement et la volonté du gouvernement syrien d’appliquer ses engagements, ce qu’Annan tente de faire a évidemment du sens et nous le soutenons », a ajouté la diplomate américaine.
Alors que la mission des observateurs de l’ONU ne parvient pas à faire respecter la trêve, l’escalade de violences, qualifiée de « dangereuse » par le chef de la Ligue arabe Nabil el-Arabi, rapproche encore un peu plus la Syrie de la guerre civile, selon des analystes. Selon l’expert Joshua Landis, l’affaiblissement du régime augmente également le risque de voir « se développer les groupes radicaux » dans le pays. Le Front al-Nosra, un groupe extrémiste ayant déjà revendiqué plusieurs attentats en Syrie, a affirmé hier dans un communiqué avoir mené deux attentats le 5 mai à Damas, faisant 24 morts au total.
Du côté de l’opposition, le CNS va se réunir la semaine prochaine au Caire pour reconduire Burhan Ghalioun à sa tête ou se doter d’une nouvelle présidence, a indiqué un de ses responsables, Georges Sabra.
Enfin, pour mettre davantage de pression sur Damas, l’Union européenne va prendre lundi de nouvelles sanctions en gelant les avoirs d’entreprises et de personnes considérées pour la plupart comme des sources de financement du régime.
(Sources : agences et rédaction)
Plusieurs dizaines de milliers de Syriens ont bravé hier les tirs des forces de sécurité pour manifester leur opposition au régime de Bachar el-Assad, au moins treize d’entre eux ont trouvé la mort, selon la chaîne satellitaire al-Jazira. Les forces de sécurité ont tiré sur les manifestants à Tadamone, un quartier de Damas traditionnellement hostile au régime, faisant cinq blessés, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH) et des militants. Les troupes gouvernementales ont également ouvert le feu sur des manifestants à Hama, Alep, où un manifestant a été tué, et à Hassaka, où les protestataires ont riposté en jetant des pierres sur les soldats, d’après les mêmes sources.Malgré un déploiement massif de l’armée dans plusieurs villes et localités, des dizaines de milliers de manifestants...
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