Dans une interview accordée à la MTV, M. De Freige a souligné que « le Hezbollah et le mouvement Amal ne devraient plus participer désormais au gouvernement du fait qu’ils n’ont rien pu réaliser avec le gouvernement actuel qui est pourtant monochrome ». Le député de Beyrouth a déclaré dans ce cadre qu’un gouvernement d’union nationale serait envisageable « mais à condition qu’il n’y ait pas dans le pays un arsenal militaire échappant au contrôle de la légalité libanaise ». « Lorsqu’une solution sera trouvée au problème des armes (illégales) au plan interne, nous n’aurons plus alors d’objection à la formation d’un gouvernement d’union nationale », a-t-il souligné.
M. De Freige a ainsi écarté la possibilité que le 14 Mars forme, après les prochaines élections législatives, un gouvernement en partenariat avec le Hezbollah. « Il est difficile désormais de cohabiter avec eux (le Hezbollah) au sein d’un même gouvernement », a-t-il ajouté. Et de poursuivre : « Tant qu’il y a des armes illégales, nous continuerons à nous souvenir du 7 mai (2008) et nous continuerons à nous rappeler que ces armes illégales ont été utilisées sur le plan interne. Si nous incitons les gens à oublier ce problème des armes et si nous occultons cette question, l’arsenal militaire pourrait alors être utilisé une deuxième fois. Notre arme à nous est la parole, la mémoire, la logique et la modération. Mais nous devons nous rappeler de ce qui s’est passé le 7 mai car un tel arsenal militaire illégal a été utilisé non pas seulement le 7 mai, mais également en 1975 et jusqu’en 1990. »
L’accord de Taëf
M. De Freige a par ailleurs relevé qu’il existe des failles au niveau de l’accord de Taëf, « notamment en ce qui concerne la représentation des minorités » (au sein du pouvoir). « Mais il est inconcevable que l’on réclame l’amendement de cet accord alors qu’il n’a pas été appliqué dans sa globalité, du fait de la tutelle syrienne par le passé et du poids des armes illégales, aujourd’hui. »
En ce qui concerne, par ailleurs, la crise syrienne, M. De Freige a souligné que « la révolution syrienne prend une tournure semblable à la guerre civile (libanaise) qui a débuté le 13 avril 1975 ». « Le régime syrien joue sur ce facteur », a affirmé le député de Beyrouth qui a relevé dans ce cadre que les forces syriennes sont rentrées au Liban en 1976 « sous prétexte de protéger les chrétiens ». « Mais en réalité, a-t-il précisé, il s’est avéré que la plupart des victimes qui sont tombées (sous les balles ou du fait des bombardements de l’armée syrienne) étaient d’Achrafieh, de Aïn el-Remmaneh ou de Zahlé ». Et M. De Freige d’ajouter dans ce cadre que « la Syrie a rendu un grand service à Israël afin de maintenir sa présence au Liban ». « Elle a en effet divisé la résistance palestinienne et elle a évincé Yasser Arafat et l’OLP du Liban », a rappelé le député de Beyrouth.
Antoine Zahra et l’UCLM
Il convient d’indiquer, par ailleurs, que le député Antoine Zahra, membre du bloc parlementaire des Forces libanaises, a déclaré que « la situation en Syrie et le lien entre le gouvernement actuel et les régimes syrien et iranien constitueront un obstacle au bon déroulement des élections législatives ». « Il reste que notre position est claire et sans appel sur ce plan, en l’occurrence qu’il faut respecter les échéances constitutionnelles », a souligné M. Zahra qui a mis en garde contre toute velléité du régime syrien d’exporter vers le Liban sa crise interne.
Et le député FL d’ajouter : « Les élections de 2013 sont cruciales, en ce sens qu’elles reflèteront des choix décisifs sur le plan politique entre l’option de l’État ou celle du coup de force. »
Toujours sur le plan de l’échéance électorale, notons que le député Hassan Fadlallah, membre du bloc parlementaire du Hezbollah, a critiqué la loi électorale de 1960, affirmant qu’elle « nous a fait revenir au Moyen Âge puisqu’elle a produit un Parlement formé sur une base sectaire et régionale ». « Un retour à cette loi, a affirmé Hassan Fadlallah, ne fera qu’accroître davantage les clivages et les dissensions internes ». Et de souligner que la proportionnelle est susceptible d’assurer une représentation véritable de toutes les composantes libanaises.
Signalons enfin qu’une délégation de l’Union culturelle des Libanais dans le monde (UCLM), conduite par M. Michel Douaihy, a rendu visite au député Sleimane Frangié. M. Douaihy a réaffirmé à cette occasion que « les émigrés libanais ont le droit de participer aux élections législatives de 2013 ».


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