Le Conseil de sécurité de l’ONU s’est réuni hier en consultations en présence de Terjé Roed-Larsen, représentant du secrétaire général pour le suivi de la résolution 1559, pour entendre son exposé et discuter du quinzième rapport semestriel du secrétaire général de l’ONU sur l’application de cette résolution.
M. Roed-Larsen a souligné une fois de plus la « déception » du secrétaire général en « l’absence de tout progrès tangible » en ce qui concerne l’application de certaines des principales dispositions de cette résolution. Il a mis en évidence les obstacles qui continuent de s’opposer aux initiatives visant à renforcer la souveraineté, l’intégrité territoriale et l’indépendance politique du Liban, « objectif principal de la résolution ». « Nous sommes parfaitement conscients que la situation dans la région n’a pas été propice à de nouveaux progrès », a-t-il dit, relevant que cela « pourrait conduire à l’érosion des dispositions déjà mises en œuvre et les efforts visant à renforcer la souveraineté du Liban et son indépendance politique ».
La question de l’armement du Hezbollah est toujours au centre de la scène politique libanaise. « Si plusieurs groupes libanais de différentes affiliations politiques possèdent des armes échappant au contrôle du gouvernement, la branche armée du Hezbollah demeure la milice libanaise la plus importante et la plus lourdement armée du pays ; ses capacités sont proches de celles d’une armée ordinaire », a-t-il dénoncé, sans oublier les groupuscules armés palestiniens dans et hors les camps. « Ce n’est un secret pour personne. Dans les déclarations publiques, les dirigeants du Hezbollah ont fait savoir qu’ils avaient renforcé leurs capacités militaires et continueraient de le faire, au mépris flagrant de la résolution 1559. En outre, le Hezbollah a reconnu publiquement, pour la première fois depuis sa création en 1982, avoir été appuyé sur plusieurs plans par la République islamique d’Iran. Ce qui constitue une violation de la résolution 1559 », a ajouté Terjé Roed-Larsen, précisant que Ban Ki-moon a appelé les dirigeants du Hezbollah à cesser d’acquérir des armes et d’accroître leur puissance militaire en marge de l’autorité de l’État. Le patron de l’ONU regrette ainsi que le dialogue national n’ait pas repris depuis novembre 2010.
Par ailleurs, la crise de plus en plus grave qui se déroule en Syrie a continué de toucher le Liban, exacerbant la polarisation politique et les inquiétudes négatives pour la stabilité du pays. Terjé Roed-Larsen a aussi indiqué que les « forces de sécurité syriennes ont continué de mener des opérations le long de la frontière libano-syrienne, dont une partie au cours des derniers mois », déplorant que le tracé de cette frontière n’ait toujours pas été fait, en vertu des résolutions 1559 et 1680. Ban Ki-moon a invité le gouvernement libanais à avancer sur la voie de l’adoption et de la mise en œuvre d’une stratégie globale de gestion des frontières dans la période à venir, de manière à mieux pouvoir contrôler les frontières internationales du Liban et empêcher les transferts illégaux d’armes dans un sens ou dans l’autre. De plus, il « déplore qu’Israël continue de porter atteinte à la souveraineté et à l’intégrité territoriale du Liban », et appelle l’État hébreu à respecter les obligations onusiennes qui lui incombent.
Enfin, la fréquence des incidents en matière de sécurité dans tout le Liban demeure un sujet de préoccupation pour le secrétaire général qui s’est dit « troublé par la tentative d’assassinat de Samir Geagea » qu’il « condamne vigoureusement ». Il a lancé un appel pour que les autorités libanaises mettent tout en œuvre pour arrêter les auteurs de cet attentat et les traduire en justice. « Il est inacceptable de tenter de déstabiliser la situation intérieure du Liban par des assassinats politiques », a-t-il noté, soulignant en outre que la création du Tribunal spécial pour le Liban témoigne de la forte détermination de la communauté internationale à mettre fin à l’impunité.
Et dans sa déclaration devant la presse à l’issue des consultations, M. Roed-Larsen a de nouveau mis en garde contre « l’ouragan qui souffle sur la région ». « Le Liban est au cœur de cet imbroglio. Il est heureusement resté stable mais la situation risque de changer », a-t-il dit.
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M. Roed-Larsen a souligné une fois de plus la « déception » du secrétaire général en « l’absence de tout progrès tangible » en ce qui concerne l’application de certaines des principales dispositions de cette résolution. Il a mis en évidence les obstacles qui continuent de s’opposer aux initiatives visant à renforcer la souveraineté, l’intégrité territoriale et l’indépendance politique du Liban, « objectif principal de la résolution ». « Nous sommes parfaitement conscients...


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine
Oh non...Bouchons-nous les oreilles... l'effet Larsen est de retour!!
05 h 06, le 09 mai 2012