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À La Une - Société

L’American Task Force et le talent libanais en vedette à Washington

L’ONG libano-américaine a rendu hommage à des talents libanais comme Reem Acra ou encore Anthony Chedid.

Reem Acra, ou la fierté d’être « une designer libanaise ».

« Ce soir n’est pas une exception car les personnes que nous honorons sont dans la lignée de ces “success stories” libanaises en Amérique. » Dixit l’ambassadeur du Liban à Washington, Antoine Chédid, qui donnait ainsi le coup d’envoi du gala annuel de l’American Task Force for Lebanon (ATFL), traditionnellement destiné à honorer des talents originaires du pays du Cèdre qui se sont imposés aux USA. On en a connu beaucoup à travers l’ATFL qui, cette fois, avait braqué les feux sur la designer Reem Acra, le poète Samuel Hazou et le financier Phil Ruffin. Dans une magnifique robe vert émeraude de sa création, Reem Acra était telle qu’en elle-même d’une grande affabilité, comme chaque fois qu’on la rencontre; ce qui pourrait surprendre chez cette griffe de la haute couture new-yorkaise qu’elle est devenue. Et qui croit toujours, comme elle l’a dit dans son adresse, que si elle « n’avait pas rencontré des personnes qui avaient cru en elle, elle ne serait pas là aujourd’hui. Car ce qui fait le succès, ce sont le support, le courage et la conviction ». Sa grande fierté ? « Me présenter comme une designer libanaise, afin que le Liban demeure dans la région une icône de liberté, de culture et de sophistication. »
Du côté des lettres américaines, un des noms qui émergent, riche de son héritage libanais, Samuel Hazou, a été présenté par le légendaire Ralph Nader. Celui-ci a commencé par dire : « Lorsque l’on a demandé à Isaac Newton pourquoi il était plus brillant que les autres, il a répondu : “Je ne le suis pas du tout, mais je conserve longtemps les problèmes dans ma tête.” À comprendre la “concentration”. Einstein disait : “Je n’ai pas un talent spécial mais une curiosité passionnée”, et la compagne de vie de William Blake était son “imagination”. » Trois qualités retrouvées chez Samuel Hazou, poète, philosophe et « visionnaire». Cet écrivain de grande envergure (également professeur d’anglais à l’Université Dusquesne durant 45 ans et traducteur d’œuvres françaises) est le fondateur et le directeur du Forum poétique à Pittsburgh qui réunit de grands noms de la poésie du monde entier. À noter qu’étant enfant, il a été initié à la littérature arabe par sa tante, émigrée libanaise.

Hommage posthume à Anthony Shadid
Dans le domaine de la finance américaine, Phil Ruffin jongle à merveille avec les milliards qu’il a engrangés à partir d’un magasin d’alimentation (début des premiers émigrés libanais, dont son père) que lui-même avait ouvert (à l’américaine), 24 heures sur 24, puis qu’il a multiplié par 65, y ajoutant l’acquisition de stations d’essence, de banques, d’achat de terrains, d’hôtels fastueux, d’une coopération avec Donald Trump pour un complexe hôtelier à Las Vegas. Et « last but not least », on suppose, il se lance en 2009 dans le business des casinos de jeux en achetant (pour 755 dollars) la « Treasure Island » à Las Vegas.
La clôture du gala était réservée à un grand talent de la presse américaine, amoureux de son Liban d’origine et du Moyen Orient jusqu’à la mort, Anthony Shadid. L’ATFL lui a décerné un trophée posthume remis à sa mère Randa.
Créée en 1989, la « Task Force for Lebanon » est une ONG composée de personnalités américaines d’origine libanaise, ayant pour objectif d’aider à conforter la stabilité, l’indépendance et la souveraineté du Liban par le biais d’un lobbying auprès de l’administration et du Congrès, et en stimulant les relations entre les deux pays. Parmi ses activités, une campagne des plus efficaces pour compléter le déminage de certaines régions du Liban-Sud comportant encore des bombes à fragmentation lâchées par l’aviation israélienne durant la guerre de 2006 et qui ont fait plus de 1 000 victimes parmi des Libanais innocents. Suit, aujourd’hui, une campagne (en collaboration avec l’ambassade du Liban et le département d’État) destinée à soigner les personnes ayant été grièvement blessées par l’explosion de ces bombes. Ces accidents, qui ont déjà tué 51 personnes, ont laissé 357 autres handicapées, après la perte de certains de leurs membres : jambes, pieds, mains, doigts.
« Ce soir n’est pas une exception car les personnes que nous honorons sont dans la lignée de ces “success stories” libanaises en Amérique. » Dixit l’ambassadeur du Liban à Washington, Antoine Chédid, qui donnait ainsi le coup d’envoi du gala annuel de l’American Task Force for Lebanon (ATFL), traditionnellement destiné à honorer des talents originaires du pays du Cèdre qui se sont imposés aux USA. On en a connu beaucoup à travers l’ATFL qui, cette fois, avait braqué les feux sur la designer Reem Acra, le poète Samuel Hazou et le financier Phil Ruffin. Dans une magnifique robe vert émeraude de sa création, Reem Acra était telle qu’en elle-même d’une grande affabilité, comme chaque fois qu’on la rencontre; ce qui pourrait surprendre chez cette griffe de la haute couture new-yorkaise qu’elle est...
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