Dans ces colonnes, il y a quelques jours, une mère désamparée critiquait le système d’admission de certaines écoles élitistes de Beyrouth. Elle a raison ! Nos enfants qui passent des tests dignes du bac pour être admis en petite section, c’est déplacé. Mais je ne peux qu’avoir une pensée particulière pour mon enfance sur les bancs des écoles de mon pays durant la guerre. Dix-sept ans durant, ces écoles assuraient des stocks de nourriture (pain arabe et Picon !) et d’eau pour les élèves qui ne pouvaient pas rentrer chez eux à cause des routes devenues dangereuses. Ces écoles qui, envers et contre tout, voulaient assurer un niveau d’enseignement digne des meilleurs systèmes scolaires. Ces écoles qui menaient leur combat, noble, celui de ne pas sombrer, avec le pays, dans le chaos. Ces écoles qui tenaient, malgré la situation, à ouvrir les portes des universités étrangères à leurs élèves après le bac. Ces professeurs qui trouvaient toujours moyen de réconforter leurs élèves dans les jours difficiles. Ces professeurs qui devaient souvent être séparés de leurs familles pour s’assurer que l’année scolaire sera terminée à temps en rattrapant les jours de congés forcés. Ces chauffeurs de bus à qui incombait cette noble et périlleuse mission de ramener les enfants à la maison sains et saufs. Et pour terminer, ces écoles, dont les élèves, arrivés aux années cruciales de terminale, mettaient en place tous les moyens possibles, créativité incluse, pour leur assurer un bac en poche. Pour que nous Libanais, envers et contre tout, nous ayons accès à l’enseignement supérieur dans un pays en guerre. Ce n’est pas un hasard si, dans la diaspora libanaise éparpillée de par le monde, il y a tant d’hommes et de femmes, issus de ces écoles, qui tiennent des postes-clés et portent haut les couleurs de notre drapeau.
Dans ces colonnes, il y a quelques jours, une mère désamparée critiquait le système d’admission de certaines écoles élitistes de Beyrouth. Elle a raison ! Nos enfants qui passent des tests dignes du bac pour être admis en petite section, c’est déplacé. Mais je ne peux qu’avoir une pensée particulière pour mon enfance sur les bancs des écoles de mon pays durant la guerre. Dix-sept ans durant, ces écoles assuraient des stocks de nourriture (pain arabe et Picon !) et d’eau pour les élèves qui ne pouvaient pas rentrer chez eux à cause des routes devenues dangereuses. Ces écoles qui, envers et contre tout, voulaient assurer un niveau d’enseignement digne des meilleurs systèmes scolaires. Ces écoles qui menaient leur combat, noble, celui de ne pas sombrer, avec le pays, dans le chaos. Ces écoles qui tenaient,...
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