Le chef du CPL a consacré une grande partie de son allocution à exposer, avec moult détails, les tractations et les démarches qui ont précédé son retour à Beyrouth de son exil parisien, ainsi que les contacts entrepris avec lui par le courant du Futur et par les pôles de l’opposition souverainiste de l’époque (en 2005), qui deviendra par la suite la coalition du 14 Mars. Le général Aoun a commencé par raconter qu’avant son retour à Beyrouth, il avait reçu, dans le cadre d’un petit déjeuner, des émissaires de l’opposition souverainiste qui lui ont remis le foulard de l’opposition (rouge et blanc). Il avait perçu alors ce geste comme un indice d’une volonté de coopération, mais il lui est apparu par la suite que ces émissaires ont tenté d’entraver, auprès des responsables français, son retour d’exil.
Le chef du CPL a par ailleurs indiqué, en s’appuyant sur de multiples petits détails, que peu après son arrivée à Beyrouth, des contacts ont été entrepris avec lui en vue de la répartition des sièges parlementaires et ensuite pour la composition du gouvernement issu des élections législatives de 2005. M. Aoun a notamment indiqué sur ce plan qu’il avait reçu, après son retour à Beyrouth, des émissaires de l’opposition souverainiste, notamment le ministre Marwan Hamadé. « Ils ont tenu devant moi, lors de cette rencontre, des propos inadéquats, a indiqué le général Aoun. Ils semblent parler de cette façon avec les autres. Ils m’ont dit ainsi qu’ils m’accorderaient tel ou tel siège dans telle circonscription. Je leur ai répondu que c’est moi qui prends et choisis les sièges et non pas eux qui me les accordent. »
Le général Aoun a d’autre part indiqué qu’il avait entamé un dialogue avec le courant du Futur en vue d’une collaboration politique, « mais un profond différend est apparu entre nous au sujet de la conception de la coopération et de l’équilibre au niveau du pouvoir ». « Leur approche était basée sur l’absorption et non sur la coopération, et c’est pour cette raison que le dialogue a échoué », a affirmé le chef du CPL.
Le problème de Sleiman
Abordant ensuite la conjoncture présente, le général Aoun a évoqué, entre autres, son différend avec le président Michel Sleiman. « Nous ne sommes pas la cause de la crise, a-t-il notamment déclaré. À ceux qui soutiennent qu’il existe une crise entre nous et le président de la République, nous répondons que le président est en crise avec lui-même car il est lié à ceux qui bloquent l’État. Aujourd’hui, il est en confrontation, non pas avec nous, mais avec son Conseil des ministres. » Et le chef du CPL de souligner que ce n’est pas le chef de l’État qui a le dernier mot dans la nomination de certains hauts fonctionnaires, mais certains leaders. « À titre d’exemple, a-t-il précisé, c’est Walid Joumblatt qui a nommé le brigadier Masri comme membre du conseil de commandement des Forces de sécurité intérieure. Tel est le principe qui est appliqué (le rôle des leaders dans les nominations), mais cela n’est plus valable lorsqu’on en arrive aux chrétiens. »
Le général Aoun a par ailleurs souligné qu’au sein de tous les gouvernements « il y a une force de blocage, y compris dans le gouvernement actuel que nous pensions être le nôtre ». « Certaines factions au sein de ce gouvernement sont alliées aux forces de blocage, en l’occurrence avec la minorité parlementaire actuelle, a déclaré le chef du CPL. Elles avalisent ou bloquent les projets à leur guise. »
M. Aoun a par ailleurs sévèrement critiqué M. Walid Joumblatt pour son rejet de la proportionnelle comme base de la nouvelle loi électorale. Il a reproché dans ce cadre au leader du PSP de « raviver la sensibilité druze ». « Il rejette la proportionnelle car il affirme que cela va le marginaliser, a ajouté Michel Aoun. Cela est faux, car la proportionnelle va lui donner sa véritable dimension. Ce qu’il veut, c’est éliminer les autres. Nous avons oublié pour notre part le vol des cloches des églises (durant la guerre de la Montagne) ainsi que les massacres commis à notre encontre (les chrétiens). Nous avons oublié cela pour stimuler et préserver la coexistence dans la Montagne. »
« La guerre universelle »
Le chef du CPL a d’autre part évoqué l’échéance des prochaines élections législatives. « D’importantes sommes d’argent seront déversées au cours de ces élections car la guerre universelle se poursuit contre nous, et les forces politiques internationales avec lesquelles nous sommes en désaccord interviennent en faveur de nos adversaires, a-t-il affirmé. Si nous supposons qu’ils paieront 1 000 dollars la voix, cela fera sur la période de quatre ans, c’est-à-dire le mandat de la Chambre, une moyenne de 250 dollars par an par personne, soit 68 cents par jour. Imaginez-vous, l’électeur se vend ainsi à 68 cents par jour. »
En ce qui concerne le volet régional, le général Aoun a souligné que la Syrie est le pays de la région « le plus proche de la démocratie ». « Nul n’ignore que le régime (syrien) a besoin de réformes constitutionnelles afin de parvenir à une structure démocratique, mais il est impossible que cela se fasse dans le sang, a déclaré le chef du CPL. Le peuple syrien est un peuple qui fait preuve de cohésion. Il bénéficie d’une structure étatique qui ne peut s’effondrer facilement. Le régime est stable. Mais il est préférable pour un régime stable d’être fondé sur une base démocratique et de tolérer les libertés. La Syrie aujourd’hui est la plus proche de la démocratie. Nous le disons sans être gênés, non pas parce que nous sommes amis avec le président syrien ou parce que nous nous sommes rendus en Syrie, mais parce que nous posons une série de questions. Le citoyen en Syrie est-il oui ou non libre de choisir son mode de vie ? Est-il possible de choisir son mode de vie dans les pays qui pressent la Syrie de respecter les droits de l’homme ? »
Le général Aoun a par ailleurs critiqué l’attitude des États-Unis et de la France à l’égard du Liban, affirmant que les responsables américains qualifient le Liban d’« erreur française », alors que les responsables français estiment, selon lui, que le Liban est « une quantité négligeable ». « Comment puis-je compter sur deux pays qui ont vendu le Liban à l’avance ? » s’est interrogé Michel Aoun.
En conclusion, le chef du CPL a relevé qu’il perçoit « positivement » le groupe « Brics » qui comprend la Russie, la Chine, le Brésil, l’Inde et l’Afrique du Sud « car ce groupe englobe quatre races, les races rouge (? ), noire, jaune et blanche, les quatre grandes religions, chrétienne, musulmane, bouddhiste et hindoue, ainsi que quatre continents, l’Asie, l’Europe, l’Afrique et l’Amérique ».


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine
"RACE ROUGE ! ?" ! Et pourquoi pas "ORANGE" alors !
06 h 33, le 09 mai 2012