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À La Une - Égypte

La campagne présidentielle bousculée par les violences au Caire

Vingt personnes ont été tuées mercredi au Caire lors d’affrontements entre des manifestants hostiles au pouvoir militaire et des assaillants.

Des assaillants non identifiés, accusés d’être des hommes de main en civil agissant sur commande, ont attaqué les protestataires qui étaient rassemblés depuis plusieurs jours pour réclamer le départ de l’armée au pouvoir. Photo AFP

Vingt personnes ont été tuées hier au Caire lors d’affrontements entre des manifestants hostiles au pouvoir militaire et des assaillants, faisant brusquement monter la tension politique. Hier à l’aube, des assaillants non identifiés, accusés d’être des hommes de main en civil agissant sur commande, ont attaqué les protestataires qui étaient rassemblés depuis plusieurs jours pour réclamer le départ de l’armée du pouvoir, selon des sources de sécurité et des témoins. Les deux camps ont échangé pendant des heures des jets de pierres et des cocktails Molotov, tandis que des personnes, le corps en sang, étaient battues à coups de barres de fer dans des scènes de lynchage en pleine rue. Des coups de feu ont également été entendus.

 

En milieu de journée, l’armée et la police antiémeute ont installé un cordon de sécurité pour séparer les deux camps dans ce secteur du quartier de Abbassiyah, à proximité du ministère de la Défense. Le calme est provisoirement revenu dans l’après-midi après ces violences qui ont fait des dizaines de blessés, selon les médecins de l’hôpital de campagne installé non loin de là. De nouvelles manifestations appelant à la chute du pouvoir militaire ont toutefois eu lieu en fin de journée dans le centre du Caire et à Abbassiyah, en présence notamment d’un candidat à la présidentielle, l’islamiste modéré Abdel Moneim Aboul Foutouh.

 

Au cœur des incidents figurent les partisans du leader salafiste Hazem Abou Ismaïl qui campaient depuis samedi pour protester contre l’exclusion de leur candidat de la course à la présidentielle, dont le premier tour est prévu les 23 et 24 mai et le second les 16 et 17 juin. Hazem Abou Ismaïl est l’un des dix candidats sur 23 à avoir été éliminés en raison d’irrégularités. Selon les autorités, sa mère a obtenu la nationalité américaine, ce qui contrevient à la loi électorale. Dimanche déjà, une personne avait été tuée et 119 blessées dans des affrontements avec ses partisans, toujours dans le quartier de Abbassiyah.

 

Dans un signe d’apaisement, l’armée, qui tient les rênes du pays depuis la chute de Hosni Moubarak, s’est dit prête à quitter le pouvoir dès le 24 mai en cas de victoire d’un des candidats dès le premier tour, sans attendre fin juin comme initialement évoqué. « L’intervention de l’armée est venue bien trop tard », a estimé Philip Luther, directeur d’Amnesty International pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord. Le pouvoir en Égypte « ne semble avoir aucune volonté d’éviter ces évènements tragiques. Après les heurts de ce week-end, les autorités auraient dû se préparer à des violences », a-t-il ajouté.

 

Campagne interrompue

Les affrontements d’hier ont amené quatre candidats à suspendre leur campagne, qui a officiellement commencé lundi : Mohammad Morsi pour les Frères musulmans, l’islamiste Aboul Foutouh et les candidats de gauche Khaled Ali et Hamdeen Sabbahi. L’un des favoris à la présidentielle, l’ex-secrétaire général de la Ligue arabe Amr Moussa, a estimé que les violences d’hier étaient « la preuve de la nécessité de mettre fin à la période de transition ». Le Parti de la justice et de la liberté (PLJ), issu des Frères musulmans, a annoncé pour sa part qu’il boycottait une réunion prévue hier avec le maréchal Hussein Tantaoui, chef d’État de fait de l’Égypte, et les partis politiques, en raison « des évènements sanglants » de Abbassiyah. L’opposant Mohammad el-Baradei, qui n’est pas candidat, a dénoncé sur son compte Twitter un « massacre ». « Le Conseil suprême des forces armées et le gouvernement sont incapables de protéger les civils ou sont de mèche avec les voyous. L’Égypte va à vau-l’eau », a-t-il ajouté.

 


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Vingt personnes ont été tuées hier au Caire lors d’affrontements entre des manifestants hostiles au pouvoir militaire et des assaillants, faisant brusquement monter la tension politique. Hier à l’aube, des assaillants non identifiés, accusés d’être des hommes de main en civil agissant sur commande, ont attaqué les protestataires qui étaient rassemblés depuis plusieurs jours pour réclamer le départ de l’armée du pouvoir, selon des sources de sécurité et des témoins. Les deux camps ont échangé pendant des heures des jets de pierres et des cocktails Molotov, tandis que des personnes, le corps en sang, étaient battues à coups de barres de fer dans des scènes de lynchage en pleine rue. Des coups de feu ont également été entendus.
 
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