Prenant la parole, Samir Frangié a estimé que « l’existence de Taëf est l’un des rares points positifs qui définissent notre situation actuelle en tant que libanais ». En effet, sans cet accord, « nous nous serions tous impliqués dans une série de paris et d’aventures en ignorant leur aboutissement ». L’ancien député a estimé que « la première indépendance de l’an 1943 a consisté en notre décision de demeurer ensemble, à un moment où la rupture était une possibilité ouverte ». Quant à l’accord de Taëf, « c’est notre décision de nous réunir à nouveau, après des tentatives de séparation », a-t-il affirmé. Toutefois, cet accord « n’a pas pu produire une entité qui transcende les communautés, ni une culture de Taëf ; parce que la vie politique demeure gouvernée par la mentalité de guerre, nous continuons d’être tributaires de la lutte entre partis politiques à caractère confessionnel », a expliqué l’auteur de l’essai Voyage au bout de la violence.
Samir Frangié a présenté une réflexion sur l’état des lieux actuel. « Le 8 Mars ne veut pas de l’accord de Taëf, comme le prouvent leurs efforts à établir de nouvelles idées à partir de cet accord, a-t-il souligné. Ainsi, ils ont paralysé le gouvernement sur base de la théorie du tiers de blocage, en alléguant que cette théorie est prévue par Taëf, alors qu’elle ne l’est pas. »
Par ailleurs, Samir Frangié a estimé que la journée du 14 mars 2005 « aura ébauché, pour la première fois dans l’histoire du pays, les contours d’une identité nationale ». Toutefois, « les forces du 14 Mars n’ont pas su compléter ou prolonger ce moment historique, et l’autre camp a torpillé cette possibilité ». M. Frangié a précisé que « le général Michel Aoun (chef du bloc du Changement et de la Réforme) a joué un rôle fondamental dans ce sabordage, qui a conduit à une nouvelle séparation entre Libanais ». Le leader chrétien a « stimulé, dès son retour, un problème confessionnel en opposant à l’époque des chrétiens à l’alliance quadripartite ». « Il a été de l’avant dans ce problème confessionnel en orientant les chrétiens contre les musulmans sunnites, qu’il accuse de naturalisation, de fanatisme salafiste et autres », a poursuivi M. Frangié. « Aujourd’hui, enfin, (Michel Aoun) vient raviver la théorie des minorités contre la majorité, une théorie ancienne qu’Israël a d’abord défendue et que le régime syrien s’est chargé de mettre en œuvre, a relevé Samir Frangié. C’est cette théorie qui a rejailli dans l’intervention du député Alain Aoun à l’hémicycle », a-t-il fait remarquer, estimant que « le dégoût exprimé par le président de la Chambre Nabih Berry lors de la dernière séance de débat parlementaire transmet pour la première fois, et avec précision, les sentiments des citoyens ».
Samir Frangié a appelé enfin les forces du 14 Mars à « renouveler clairement leur attachement à l’accord de Taëf, contribuant à relancer une dynamique civile transcommunautaire ». « Ce pays n’est la propriété ni du 14 ni du 8 Mars, mais celle de tout homme qui y vit. (...) L’État est notre territoire commun (...) », a-t-il conclu.


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Le visionnaire-qui-n’arrive-pas-à-se-faire-élire au menu de la semaine prochaine sera peut-être Gibran Bassil. Ceci dit, ce n’est pas parce qu’on manque d’électeurs qu’il faut fermer sa gueule. Sinon aucun d’entre nous n’aurait droit au chapitre sur ce forum.
10 h 51, le 28 avril 2012