Le chef des Forces libanaises, Samir Geagea. Photo AFP
« L’autre camp a commencé à faire circuler l’idée selon laquelle il ne serait pas bon qu’il y ait des élections législatives en 2013. Or il est nécessaire que cette échéance se déroule dans les délais impartis, quelles que soient les circonstances, par respect pour les délais constitutionnels. » C’est ce qu’a affirmé le président des Forces libanaises, Samir Geagea.
M. Geagea s’exprimait dans le cadre d’un dîner à Meerab en l’honneur des présidents de municipalités et des moukhtars du caza de Aley, en présence notamment des députés Sethrida Geagea, Henri Hélou, Fouad el-Saad, Fady el-Habre, du vice-président du courant du Futur, Antoine Andraos, du secrétaire général du Renouveau démocratique, Antoine Haddad, et du président de la Gauche libanaise, Mounir Barakat.
« La loi électorale est liée à l’accord de Taëf, sans lequel il n’y a pas de salut pour le Liban et qui est fondé sur plusieurs piliers, dont l’un est la parité islamo-chrétienne. C’est pourquoi il faudrait en principe qu’il y ait un accord sur une loi électorale qui incarnerait le contenu de l’accord de Taëf en termes de parité », a-t-il indiqué. « Le vote des émigrés a été adopté dans le cadre de la loi électorale de 2009 et n’a pas besoin à l’heure actuelle que de l’élaboration, par le ministère des Affaires étrangères, les ambassades et les consulats à l’étranger, des procédures de mise en œuvre et de la logistique nécessaires pour permettre aux Libanais émigrés ou résidant à l’étranger de voter là où ils se trouvent », a noté M. Geagea.
Abordant la situation en Syrie, le chef des FL a estimé que « la crise syrienne est entrée dans une phase d’internationalisation avec l’adoption effective par le Conseil de sécurité de la résolution d’envoyer près de 300 observateurs internationaux ». « C’est donc le début de la fin pour le régime afin de parvenir enfin à une Syrie libre, souveraine et indépendante, gouvernée au moyen d’un système démocratique libre », a-t-il ajouté.
Dans son allocution de bienvenue à ses hôtes, Samir Geagea a par ailleurs évoqué le souvenir de la guerre civile : « Aucun mot du lexique politique ne peut exprimer ce que signifie cette réunion, ce soir. Nous avons traversé des jours difficiles, terribles. Chacun de nous en est coupable quelque part. Mais l’essentiel, c’est de ne pas rester bloqués à ce niveau, mais d’en tirer les leçons et de planifier pour l’avenir. (...) Ce qui nous lie est un très grand projet. La réconciliation entre le patriarche Sfeir et le député Walid Joumblatt, nous devons la renouveler tous les jours par des actes concrets. Cette rencontre aujourd’hui s’inscrit dans ce cadre : il s’agit de faire de cette réconciliation une réalité bien gravée dans nos cœurs et nos esprits, comme elle l’est désormais dans les manuels d’histoire. »
« Si le fait d’aller à la rencontre de l’autre est si important, pourquoi ne pas nous rencontrer tous ensemble une bonne fois pour toutes ? pourraient renchérir certains. Sincèrement, nous avons l’intention d’aller à la rencontre de tout le monde, mais il est regrettable que certains n’en veuillent pas. Aller à la rencontre de l’autre ne fait pas partie de leur culture et de leurs valeurs. Ils pensent détenir le droit et la vérité absolus, et s’il y a nécessité de rencontre, c’est aux autres de prendre l’initiative parce qu’ils ne veulent se donner aucun mal pour faire la moitié du chemin. C’est ce en quoi ils croient qui est juste, et tout le reste n’est que non-sens. Et s’ils interagissent positivement avec nous par certains moments, c’est uniquement pour voir ce qu’ils peuvent nous arracher », a poursuivi le leader FL.
Inodore, incolore...
« Il existe une partie que j’ai du mal à qualifier. J’ai continuellement appelé à une entente avec les autres, surtout avec cette partie, qui est la plus proche de nous au Mont-Liban. Je suis parvenu à la conviction que cette partie (...) est inodore, incolore et insipide, et qu’il n’y a aucune possibilité de négocier avec elle. Elle n’a aucun projet politique sur la scène chrétienne. Nous ne savons pas en quel Liban, quel État et en quelles institutions elle croit. Comment négocier avec elle? Cette partie ne connaît que les attaques permanentes, la manipulation et le mensonge continuel. Depuis trente ans, elle nous donne des leçons de chasteté, d’intégrité et de lutte contre la corruption... et dès que le bloc parlementaire des Forces libanaises a proposé, avec ses alliés parmi les autres blocs, un projet de loi pour former une commission d’enquête parlementaire, elle a perdu la raison. Si son histoire, son intégrité et son honneur sont tellement saufs, pourquoi, pourquoi avoir peur d’une commission d’enquête parlementaire ? » a-t-il déclaré.
Samir Geagea a ensuite donné des exemples prouvant qu’il est, selon lui, impossible de discuter avec les parties adverses. « L’une d’entre elles est totalement inconsciente et l’autre n’a aucun lien avec le Liban », a-t-il dit.
L’hommage à Joumblatt
Le dîner a été marqué par d’autres allocutions, notamment de la députée Sethrida Geagea, qui a rendu hommage à son tour à la réconciliation de la Montagne en 2001 entre Walid Joumblatt et Mgr Sfeir, et à la visite de M. Joumblatt à sa résidence de Zouk pour se solidariser avec le président des FL, qui se trouvait toujours en prison à l’époque. Walid Joumblatt avait bravé tous les interdits mis en place par le régime syrien, qui faisait tout pour empêcher les Libanais de se rencontrer, a-t-elle noté. « C’est la réconciliation de la Montagne qui a vraiment mené au printemps arabe », a-t-elle dit, faisant valoir que « les faits prouvent que les piliers chrétien et druze ont toujours eu une influence capitale dans l’histoire du Liban ».
Parmi ceux qui ont également pris la parole : le président de la Ligue des moukhtars de Aley, Anouar el-Halabi, qui a condamné la tentative d’assassinat de Samir Geagea, le moukhtar de Btater, Adib Gharizi, et le moukhtar Saleh Bou Moujahed. Toutes les allocutions ont mis l’accent sur l’importance de la réconciliation druzo-maronite de la Montagne.
Signalons par ailleurs que M. Geagea s’est entretenu hier avec la responsable US Elizabeth Dibble, en présence notamment de l’ambassadrice des États-Unis Maura Connelly. Il a également rencontré l’ambassadrice d’Allemagne, Brigitte Siefker-Eberle.
« La loi électorale est...


S'il n'y a pas " terre fertile " les complots ne passent pas. Mais, là c'est plutôt de complot "interne" et "voisin" qu'il en est question ! Libanais, Dialoguez et Entendez-vous urgemment, pour éviter l'importation des crises chez nous !
15 h 28, le 27 avril 2012