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Liban - Exécutif

Conseil des ministres à caractère principalement socio-économique à Baabda

Le président Michel Sleiman a ouvert la séance du cabinet, hier, en soulignant la nécessité d’organiser coûte que coûte les élections législatives de 2013 et d’y associer les émigrés. Il a confirmé les propos qu’il a tenus en Australie où il avait dénoncé l’existence aux AE d’une « machine rouillée » entravant les rapports avec la diaspora libanaise.
En dépit du climat politique manifestement tendu sur la scène locale, le Conseil des ministres qui s’est tenu hier matin au palais de Baabda sous la présidence du chef de l’État, Michel Sleiman, a revêtu un caractère principalement socio-économique. Et pour cause : la grogne sociale fait boule de neige et élargit jour après jour le vaste éventail des secteurs touchés par le malaise ambiant. Si le gouvernement a réussi à éviter in extremis la grève des boulangers et des enseignants contractuels du secteur public (qui ont accordé un délai d’une semaine au pouvoir), il n’a pu par contre désamorcer celle qui sera observée aujourd’hui par le syndicat des transports routiers, qui englobera, notamment, le secteur vital des autobus de ramassage scolaire.
Face à la tension sociale grandissante, l’exécutif a adopté hier trois décisions importantes susceptibles d’atténuer quelque peu les effets de la crise : le poids du paquet de pain arabe (la « rabta ») a été diminué de 100 grammes, passant d’un kilogramme à 900 grammes, sans que le prix ne soit modifié (ce qui donne satisfaction aux boulangers) ; les tarifs médicaux et d’hospitalisation ont été augmentés (ce qui donne satisfaction aux propriétaires des hôpitaux privés et aux médecins) ; et enfin le ministère des Finances a été chargé de continuer à payer les salaires des fonctionnaires en dépit de la non-approbation du budget et du texte de loi approuvant les dépenses hors budget (les 8 900 milliards de livres libanaises).
Ce dernier point (l’affaire des dépenses hors budget de 8 900 milliards de LL) a été hier au centre d’un long débat entre les ministres. On sait que les pôles du 8 Mars, notamment le Hezbollah et le courant aouniste, insistent pour que le président Sleiman signe le décret approuvant la dépense hors budget des 8 900 milliards. Le chef de l’État a toutefois souligné lors de la séance qu’il avait entrepris avec des experts juridiques et constitutionnels des consultations sur ce sujet, dont il ressort que le décret ne peut pas être signé (par le président) dans sa forme actuelle car il pourrait, auquel cas, faire l’objet facilement d’un recours en invalidation. Le débat sur ce plan a mis en relief, de l’aveu même du ministre de l’Information, de profondes divergences entre les membres du gouvernement. Au terme des discussions, décision a été prise de charger le ministre des Finances de revoir sa copie et d’amender le décret en question « afin qu’il soit conforme aux lois en vigueur et à la Constitution, pour qu’il puisse ainsi être transmis au Parlement, revêtu du caractère d’urgence », comme l’a précisé un communiqué du service de presse de la présidence de la République.

Le vote des émigrés et la « machine rouillée » aux AE
Parallèlement aux dossiers socio-économiques, le seul point fondamentalement politique qui a été soulevé lors de la séance d’hier aura été le problème des prochaines élections législatives, notamment la participation des émigrés libanais, pour la première fois, à ce scrutin. Le président Sleiman a mis l’accent à cet égard sur la nécessité d’approuver dans les meilleurs délais une nouvelle loi électorale et d’organiser coûte que coûte ces élections, quelles que soient les circonstances. Il a relevé à ce propos que « certains pays arabes » (allusion à peine voilée aux pays qui ont été touchés par le printemps arabe) « ont organisé des élections de manière démocratique, et il est donc inacceptable que les élections n’aient pas lieu au Liban et que les émigrés ne puissent pas y participer ».
Le président Sleiman a indiqué sur ce plan que lors de sa visite en Australie, il lui est apparu que « les émigrés libanais désirent participer aux élections parlementaires ». Le communiqué du Conseil des ministres a relevé « que le président (Sleiman) a confirmé la concordance de points de vue à cet égard (la participation des émigrés au vote) entre lui et le ministre des Affaires étrangères, ainsi que ses propos sur la machine rouillée (aux AE) et sur les efforts à déployer afin d’améliorer et de dynamiser l’action diplomatique à l’étranger ». À la lumière de l’intervention du chef de l’État à ce propos, le gouvernement a « approuvé les propositions du ministère des Affaires étrangères concernant le vote des Libanais résidant à l’étranger ». Aucun détail n’a toutefois été fourni sur la nature de ces propositions.
Notons par ailleurs que le Conseil des ministres a avalisé la formation d’un comité supérieur conjoint libano-iranien, présidé par le chef du gouvernement. Enfin, le cabinet a approuvé la nomination de M. Jean Elliyé au poste de directeur général des adjudications à l’Inspection centrale.
En dépit du climat politique manifestement tendu sur la scène locale, le Conseil des ministres qui s’est tenu hier matin au palais de Baabda sous la présidence du chef de l’État, Michel Sleiman, a revêtu un caractère principalement socio-économique. Et pour cause : la grogne sociale fait boule de neige et élargit jour après jour le vaste éventail des secteurs touchés par le malaise ambiant. Si le gouvernement a réussi à éviter in extremis la grève des boulangers et des enseignants contractuels du secteur public (qui ont accordé un délai d’une semaine au pouvoir), il n’a pu par contre désamorcer celle qui sera observée aujourd’hui par le syndicat des transports routiers, qui englobera, notamment, le secteur vital des autobus de ramassage scolaire. Face à la tension sociale grandissante, l’exécutif a...
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