Rechercher
Rechercher

Nos lecteurs ont la parole

Pour qui sonne le glas ?

Ralda KARAM
Alors que le Moyen-Orient bouillonne sous les yeux du monde entier paralysé par les intérêts géopolitiques, le Liban se concentre sur des débats, sur des disputes, sur des discordes on ne peut plus futiles. C’est à croire que ce cercle vicieux dans lequel le citoyen est enlisé n’a ni échappatoire ni bouée de secours.
Un gouvernement qui me rappelle bien l’histoire de la fourmi que je vais vous conter.
Il était une fois une fourmi heureuse et productive qui, tous les jours, arrivait de bonne heure à son travail. Elle passait toute sa journée à travailler avec plaisir en sifflotant des airs joyeux. Elle se réjouissait de travailler et son rendement était excellent mais... Malheur!
Le PDG de l’entreprise, un frelon, s’étonna que la fourmi travaille sans supervision, et considéra que la situation ne pouvait perdurer ainsi. «Si elle produit autant sans supervision, ne produirait-elle pas encore davantage si elle était supervisée, se demanda le frelon? Il recruta un cafard avec une grande expérience en tant que supérieur, réputé pour ses magnifiques rapports.
La première décision du cafard fut de mettre en vigueur un système de pointage des entrées et des sorties de la fourmi, ainsi qu’un système de comptes-rendus. Peu après le cafard eut besoin d’une secrétaire pour rédiger ses comptes-rendus et il recruta un criquet qui, en plus, constitua des archives, un système de classement des documents et un contrôle des communications téléphoniques. Pendant ce temps, la fourmi heureuse et productrice poursuivait son travail en sifflotant joyeusement.
Le frelon fut enchanté par les rapports du cafard et lui demanda, en outre, des graphiques décrivant le taux de production et une analyse des tendances afin de réaliser des études comparatives pour finalement les présenter dans des réunions entièrement consacrées à l’évolution de l’entreprise. C’est alors que le cafard fit acheter un ordinateur ainsi qu’une imprimante et recruta une mouche pour gérer le nouveau service informatique. La fourmi, naguère épanouie, se plaignait de cet univers de papiers et de réunions, lui prenant une grande partie de son temps, le frelon ne voyait qu’une solution : créer un poste de responsable de service de la fourmi.
Le poste fut confié à un moustique, dont la première décision fut d’acheter un fauteuil ergonomique et une machine à café pour son bien-être au bureau. Le nouveau responsable eut également besoin d’un ordinateur avec écran plat et d’une assistante pour l’aider à préparer un plan stratégique d’optimisation du travail et de supervision du budget pour le secteur de la fourmi, qui, à ce stade, ne rigolait plus et était moins productive de jour en jour. Ce fut à ce moment que le moustique convainquit le patron, le frelon, de l’absolue nécessité de la réalisation d’une étude de climat social de l’entreprise. Après avoir étudié les charges de travail et les relations humaines et sociales, le frelon s’aperçut que le secteur de la fourmi était moins rentable qu’auparavant. Afin de constater les raisons de cette baisse de productivité, il eut recours aux services d’un prestigieux consultant, un hibou, afin qu’il réalise un audit. La mission du hibou dura trois mois conclue par un énorme rapport en plusieurs volumes, stipulant: «Il y a beaucoup trop de personnel dans ce service!» Devinez qui le frelon licencia en premier ?
La fourmi bien sûr, parce qu’elle faisait preuve d’un manque de motivation et avait une attitude conflictuelle envers ses supérieurs.
Moralité? Voilà pour qui sonne le glas!
Pour vous, pour nous pauvres citoyens qui devrons arrêter de contempler le théâtre quotidien de la mascarade politique. Cette scène n’est plus une comédie, mais un drame dont nous sommes les témoins silencieux et coupables qui s’achèvera par notre propre déchéance et celle de notre entourage...

Ralda KARAM
Alors que le Moyen-Orient bouillonne sous les yeux du monde entier paralysé par les intérêts géopolitiques, le Liban se concentre sur des débats, sur des disputes, sur des discordes on ne peut plus futiles. C’est à croire que ce cercle vicieux dans lequel le citoyen est enlisé n’a ni échappatoire ni bouée de secours.Un gouvernement qui me rappelle bien l’histoire de la fourmi que je vais vous conter.Il était une fois une fourmi heureuse et productive qui, tous les jours, arrivait de bonne heure à son travail. Elle passait toute sa journée à travailler avec plaisir en sifflotant des airs joyeux. Elle se réjouissait de travailler et son rendement était excellent mais... Malheur! Le PDG de l’entreprise, un frelon, s’étonna que la fourmi travaille sans supervision, et considéra que la situation ne pouvait perdurer...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut