Il y a trois ans, une femme a osé l’impossible. Elle a ouvert au public et à diverses personnalités les portes lugubres de la sinistre prison de Roumieh. Pour la première fois les Libanais découvraient avec horreur la décadence et la pire humiliation qu’un être humain puisse vivre dans son existence. Deux heures durant, ils ont assisté à la pièce de théâtre jouée par les prisonniers eux-mêmes dans l’enceinte de leur prison. Ils voyaient des hommes qui ne ressemblaient en rien aux clichés vus et revus dans les films de cinéma. Des hommes qui payaient trop cher le prix d’un manque d’amour, d’une violence dans laquelle ils ont été jetés trop tôt dans la vie. Des hommes qui ont eu le malheur d’être nés dans un pays où les droits de l’homme n’existent pas. Il a fallu le courage et l’audace d’une femme, qui a osé briser les tabous, remuer les consciences, pour redonner un semblant de dignité et d’espoir à ces hommes perdus dans les dédales de cette prison infernale.
Aujourd’hui, Zeina Daccache, puisqu’il s’agit d’elle évidemment, reprend avec le même courage et obstination son rôle auprès des prisonnières de Baabda. Pour la première fois, elle a donné à ces femmes le droit à la parole. Devant des juges, des avocats, des militaires et des ministres, invités au lancement de leur pièce Shéhérazade à Baabda, ces femmes, qui ont toujours obéi sans rien dire, subi sans rien faire, ont osé raconter, la tête haute et le regard digne, leur passé, leurs maux, leur viols, leurs humiliations, leurs souffrances et surtout leur douleur d’être privées aujourd’hui de leurs enfants.
Pour la première fois de leur vie, ces femmes ont vu des hommes honteux, baisser les yeux et pleurer devant toute leur douleur et surtout devant leur malheur d’être née femme dans un pays patriarcal qui leur ôte toute justice, tout droit et toute dignité.
Lamia SFEIR DAROUNI
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Il y a trois ans, une femme a osé l’impossible. Elle a ouvert au public et à diverses personnalités les portes lugubres de la sinistre prison de Roumieh. Pour la première fois les Libanais découvraient avec horreur la décadence et la pire humiliation qu’un être humain puisse vivre dans son existence. Deux heures durant, ils ont assisté à la pièce de théâtre jouée par les prisonniers eux-mêmes dans l’enceinte de leur prison. Ils voyaient des hommes qui ne ressemblaient en rien aux clichés vus et revus dans les films de cinéma. Des hommes qui payaient trop cher le prix d’un manque d’amour, d’une violence dans laquelle ils ont été jetés trop tôt dans la vie. Des hommes qui ont eu le malheur d’être nés dans un pays où les droits de l’homme n’existent pas. Il a fallu le courage et l’audace d’une...