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Liban - Génocide

Des milliers de manifestants arméniens en colère devant l’ambassade de Turquie

Le catholicos arménien de Cilicie Mgr Aram Ier a mis en garde contre « la politique turque qui use de son autorité internationale pour faire taire le peuple arménien ».

Vue générale de la marche, une première dans le cadre de la commémoration annuelle du génocide et qui aura rassemblé près de 25 000 manifestants.

À l’occasion de la 97e commémoration du génocide arménien, le catholicos arménien de Cilicie Aram Ier a présidé hier une messe au siège du catholicossat à Antélias, à laquelle a assisté une importante foule de fidèles et de responsables de la communauté.
Dans son sermon, Mgr Aram Ier a mis en garde le monde arabe contre la Turquie, « dont les ancêtres ont tué vos aïeux, chrétiens et musulmans ». Il a signalé en outre que l’État turc aujourd’hui « commence à s’infiltrer, non seulement dans les pays du Moyen-Orient et du monde musulman, mais aussi dans les continents d’Europe, d’Afrique et d’Amérique. La Turquie use de ses relations diplomatiques et de son influence politique afin de faire taire la voix du peuple arménien qui réclame la justice ». Or, « l’amitié apparente des descendants de l’autorité ottomane est une amitié mensongère », a-t-il encore prévenu. Ils « se présentent au monde en défenseurs des principes démocratiques et des droits de l’homme, mais recourent au langage des menaces ». De plus, la Turquie continue de « renier les droits des minorités et le meurtre caractérisé qu’est le génocide arménien (...) et dépense des sommes faramineuses pour semer la confusion au niveau de l’opinion publique internationale », a ajouté le catholicos. Il a toutefois déclaré que « nous n’avons pas encore désespéré dans notre lutte pour que justice soit rendue au peuple arménien ». Mgr Aram Ier a rappelé ainsi les principales revendications réitérées depuis des années par les Arméniens. « Nous voulons que la Turquie reconnaisse dans les faits historiques le génocide et admette cette vérité, avant de payer les indemnités aux familles des victimes et de restituer à l’Église ses biens confisqués », a affirmé Mgr Aram Ier. Rappelons que le catholicossat arménien avait organisé une conférence internationale de trois jours en mars dernier en vue d’examiner les voies juridiques pour la restitution de ses biens.

Un million et demi de morts...
Après le service, la foule réunie a marché en direction de l’ambassade turque à Rabieh, dans la banlieue nord-est de Beyrouth, brandissant des banderoles écrites en arabe, arménien et anglais, et demandant à Ankara de reconnaître officiellement le génocide arménien. Près de 25 000 Arméniens ont participé à la marche, au rythme de chants patriotiques, épousant les trois couleurs rouge, bleu et orange du drapeau de leur pays d’origine. Cette marche accompagne pour la première fois la commémoration annuelle du génocide. Les organisateurs, à savoir les différents partis arméniens, ont voulu que cette manifestation soit pacifique et retransmette, sans violence, les revendications des Arméniens devenues inhérentes à leur mémoire collective. Toutefois, les manifestants n’ont pu contenir leur colère (plusieurs drapeaux turcs ont été déchirés et brûlés). Une colère qu’ils ont voulu faire entendre surtout devant le bâtiment de l’ambassade turque, sur lequel ils ont jeté de l’eau, des œufs, des bâtons et des pétards, au-delà des fils barbelés visant à protéger le bâtiment et derrière lesquels se sont positionnés des agents de l’ordre. L’attaque a pris une ampleur telle que les cadres des partis et les députés arméniens qui participaient à la marche ont traversé les fils barbelés et formé un bouclier humain pour dissuader les manifestants de poursuivre leur assaut, leur demandant de garder le caractère « pacifique et civilisé » de la manifestation. Ces derniers se sont calmés au fur et à mesure que la manifestation prenait fin en début d’après-midi.
Rappelons que quelque 140 000 Arméniens vivent au Liban, ce qui en fait la plus importante communauté au Moyen-Orient. La majorité d’entre eux sont des descendants des survivants des massacres.
Le génocide des Arméniens est commémoré chaque année le 24 avril, date de l’arrestation en 1915 à Constantinople de plus de 200 intellectuels et dirigeants de la communauté arménienne, un événement qui avait marqué le début d’une vague de massacres et de déportations qui a duré jusqu’en 1917.
Pour les Arméniens, le génocide a fait plus de 1,5 million de morts, alors que la Turquie ne reconnaît qu’entre 300 000 et 500 000 morts.
À l’occasion de la 97e commémoration du génocide arménien, le catholicos arménien de Cilicie Aram Ier a présidé hier une messe au siège du catholicossat à Antélias, à laquelle a assisté une importante foule de fidèles et de responsables de la communauté. Dans son sermon, Mgr Aram Ier a mis en garde le monde arabe contre la Turquie, « dont les ancêtres ont tué vos aïeux, chrétiens et musulmans ». Il a signalé en outre que l’État turc aujourd’hui « commence à s’infiltrer, non seulement dans les pays du Moyen-Orient et du monde musulman, mais aussi dans les continents d’Europe, d’Afrique et d’Amérique. La Turquie use de ses relations diplomatiques et de son influence politique afin de faire taire la voix du peuple arménien qui réclame la justice ». Or, « l’amitié apparente des descendants...
commentaires (8)

Mme. Sursock, à vous lire : "les Turcs se sentent supérieurs quasiment au monde entier… se considèrent comme "modernes". En vérité, nous sommes face à un pays schizophrène puisque déchiré entre modernité (mais l'Europe n'en veut pas!) et islamisation. Le succès économique des Turcs ne va pas les inciter à la modestie.". Ainsi, on dirait que vous décriviez le Liban et les Libanais ! Puis vous rajoutez : "Il faut se rappeler que le kémalisme leur a été instillé dans le cerveau depuis l'arrivée de Mustafa Kemal et dès le jardin d'enfants...". Donc si vous aviez remplacé le mot "kémalisme" par celui de "Confessionnalisme", ça s’appliquerait aussi au Liban et aux Libanais ! Pour ce qui est de : "Les régimes turcs ont nié l'existence des Kurdes." ; on pourrait dire aussi que ces communautés Libanaises ont, à divers degrés et à différends moments, "nié l'existence" de l’Autre, et chacune vis-à-vis de l’une Autre ou des Autres ! CQFD.

Antoine-Serge KARAMAOUN

10 h 13, le 25 avril 2012

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Commentaires (8)

  • Mme. Sursock, à vous lire : "les Turcs se sentent supérieurs quasiment au monde entier… se considèrent comme "modernes". En vérité, nous sommes face à un pays schizophrène puisque déchiré entre modernité (mais l'Europe n'en veut pas!) et islamisation. Le succès économique des Turcs ne va pas les inciter à la modestie.". Ainsi, on dirait que vous décriviez le Liban et les Libanais ! Puis vous rajoutez : "Il faut se rappeler que le kémalisme leur a été instillé dans le cerveau depuis l'arrivée de Mustafa Kemal et dès le jardin d'enfants...". Donc si vous aviez remplacé le mot "kémalisme" par celui de "Confessionnalisme", ça s’appliquerait aussi au Liban et aux Libanais ! Pour ce qui est de : "Les régimes turcs ont nié l'existence des Kurdes." ; on pourrait dire aussi que ces communautés Libanaises ont, à divers degrés et à différends moments, "nié l'existence" de l’Autre, et chacune vis-à-vis de l’une Autre ou des Autres ! CQFD.

    Antoine-Serge KARAMAOUN

    10 h 13, le 25 avril 2012

  • Pierre Hadjigeorgiou ; Suite…. Pour ce qui est d’Atatürk, c’est vrai il était "Jeune Turc" mais surtout "Franc-maçon", sa véritable spécificité qui réellement le caractérisait, et n’a jamais participé à ce carnage étant durant toute cette période ou à Salonique ou au Bosphore et dans les Dardanelles en train de guerroyer contre les Puissances Britanniques et Françaises qui étaient en train de gagner la guerre et qui ne cherchaient qu’à dépecer le restant Ottoman à savoir plus ou moins la Turquie actuelle, géographiquement parlant ! En ce qui concerne l’Egypte, sois-en sûr, si certaines de ces "autorités" actuelles ou futures annoncent leur "souhait de réparations" pour les nationalisations du temps de Nasser, Ils ne font pas Œuvre de Bienfaisance, c’est surtout parce que beaucoup de libéraux et de "frères musulmans" actuels sont tous les deux ou des descendants des grands propriétaires terriens de l’époque ou biens liés à eux !

    Antoine-Serge KARAMAOUN

    09 h 44, le 25 avril 2012

  • Pierre Hadjigeorgiou ; cher ami, en premier, je ne suis pas en train d’absoudre ni la Turquie ni les Turcs des effets néfastes de l’Histoire des agissements de leurs précédents régimes ou gouvernements. Car je dis "… La seule chose à exiger des gouvernements Turcs actuels et futurs est la reconnaissance de ce génocide, et comme quoi il a bien existé et avait bien été perpétré par cet Empire, ces Sultans et ces Gouvernements-là à cette époque-là ! C’est tout.". Donc, si la Turquie actuelle l’admettait, et je crois qu’elle s’y dirige, il n’est plus nécessaire de l’accabler et d’accabler tout un peuple avec cette incessante X é n o p h o b i e Antiturcs et Turquie Malsaine Ambiante ! Tu me dis aussi que les Turcs choisissant leurs gouvernements, ils seraient responsable des actes de ces mêmes gouvernements ! Alors toi et moi, ayant un gouvernement comme cet actuel-là avec majorité parlementaire élue comme celle-ci, serions donc "responsables" de ses actes ? Toi et moi serions ainsi "responsables" de la politique de Mikati, Aoun, Hezbollah, PN SS, Amal etc.,? Ce n’est pas JUSTE, intellectuellement parlant !.... A suivre.

    Antoine-Serge KARAMAOUN

    09 h 36, le 25 avril 2012

  • Monsieur Dominique, je connais bien la Turquie aussi... Si cela peut vous rassurer, les Turcs se sentent supérieurs aux Arméniens, aux Kurdes, aux Arabes, aux Persans... quasiment au monde entier. Ils ont encore la nostalgie de l'Empire ottoman et se considèrent comme «modernes» depuis que Mustafa Kemal a interdit le port du fez pour imposer la casquette et le chapeau... signes d'occidentalisation. En vérité, nous sommes face à un pays schizophrène puisque déchiré entre modernité (mais l'Europe n'en veut pas!) et islamisation. Le succès économique des Turcs ne va pas les inciter à la modestie. Il faut se rappeler que le kémalisme leur a été instillé dans le cerveau depuis l'arrivée de Mustafa Kemal et dès le jardin d'enfants... Les régimes turcs (à part celui d'Ozal) ont nié l'existence des Kurdes (indo-européens, descendants des Mèdes) . Aujourd'hui, alors que des maisons d'édition impriment en langue kurde, son enseignement est interdit dans les écoles publiques. Or, les Kurdes représentent 20% de la population. La langue kurde (un «patois» selon les Turcs) est enseignée à Paris (Inalco), Berlin, Hambourg, Stockolm, Vienne, aux USA, en Australie... Il y a deux dialectes principaux: le kurmanji (Turquie, Syrie, nord de l'Irak) et le sorani (Iran et est de l'Irak).

    Nayla Sursock

    09 h 04, le 25 avril 2012

  • Antoine-Serge, je ne puis être de ton avis du tout car c'est le peuple Turque qui choisi ses gouvernant qui sont et resteront responsables puisqu'ils continuent a ce jour a empêcher toutes minorités, grecque ou arménienne a récupérer leurs droits, ou même Kurdes a exister en tant que telle, et ceci par la force si nécessaire sans oublier qu'ils supportent de telles fausses versions de l'histoire. Le meurtre de visiteurs grecques ou du prêtre Latin, et autres méfaits anti Chrétiens ou autres minorités, ne sont pas des faits du hasard mais bien des messages ciblés. Atatürk, cher ami était un "jeune turque" ultra-nationaliste lui même. Je veux bien vouloir dire que le peuple n'est pas responsable et donner des exemples comme en Allemagne, mais suivre cet exemple c'est aussi enlever toute responsabilité de l'exode des Palestiniens de chez eux sous couvert que ce ne sont pas les Israéliens d'aujourd'hui qui en sont responsables. Cela fera deux poids deux mesures et je ne puis le concevoir. La Turquie se doit de réparer tout le mal qu'elle a fait comme l’Allemagne l'a fait au fils des années, tout comme l'Egypte l'a annoncé dernièrement concernant les nationalisations sous Abdel Nasser.

    Pierre Hadjigeorgiou

    07 h 25, le 25 avril 2012

  • Mais, les turcs se sentent supérieur aux autres, voir le retour sur l'"ottomanisme" en vogue. J'ai été en Turquie, il y a quelques années et j'ai parlé du Kurdistan et des arméniens. Malheureux, que j'étais le Kurdistan n'existait pas, les arméniens étaient des traitres, car ils étaient payer par les occidentaux pour se battre contre les turcs, et si les européens parlaient de génocide, c'est parce qu'ils avaient abandonnés les arméniens

    Talaat Dominique

    03 h 13, le 25 avril 2012

  • J'approuve dans un sens le commentaire d'Antoine-Serge. Le peuple actuel de Turquie n'est pas responsable de ce que ses prédécesseurs ont commis, mais il est responsable de le déclarer ouvertement et de le condamner, au lieu de le nier. Mais aussi, le fanatisme, contre Kurdes, Arméniens, Grecs et autres minorités, est loin d'être mort en Turquie.

    SAKR LEBNAN

    02 h 08, le 25 avril 2012

  • C’est comme si on rendrait l’Allemagne et le peuple allemand actuels responsables des atrocités nazies ! La Turquie et le peuple turc actuels ne sont pas responsables du génocide arménien perpétré, lui, par l’Empire Ottoman, dirigé à l’époque par le gouvernement "Jeunes Turcs". La seule chose à exiger des gouvernements Turcs actuels et futurs est la reconnaissance de ce génocide, et comme quoi il a bien existé et avait bien été perpétré par cet Empire, ces Sultans et ces Gouvernements-là à cette époque-là ! C’est tout, et il faut cesser cette Xénophobie Antiturcs et Turquie car Atatürk, fondateur de la Turquie Moderne, n’a jamais été accusé de ces faits alors qu’il était dans l’armée, et même, bien au contraire, il avait combattu et le Sultan et ces gouvernements "Jeunes Turcs"-là, les avaient même renversé pour fonder la Turquie actuelle qui elle, n’a Rien à voir avec ces atrocités.

    Antoine-Serge KARAMAOUN

    00 h 14, le 25 avril 2012

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