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Nos lecteurs ont la parole

II.- Au Proche-Orient, des alliés objectifs

Par Salim F. DAHDAH
La ceinture des minorités qui commence en Israël et se termine aux portes de la Turquie prend ainsi forme, malgré le fait qu’elle n’a pas encore réussi à ce jour à englober, au Liban, les chrétiens du 14 Mars, qui, étonnemment, vont céder aux partis groupés sous l’étiquette du 8 Mars, la casquette israélo-américaine dont les affublaient leurs adversaires politiques. Les rendez-vous de l’histoire sont quelquefois bizarres et le destin des peuples inattendu (voir L’Orient-Le Jour du vendredi 20 avril).
Après la Turquie devenue la représentante incontournable des sunnites, et l’Iran, représentant aussi incontournable des chiites, actuellement, un troisième bloc, à savoir celui des minorités, se profilait. Il grouperait en son sein les juifs d’Israël, les sunnites, les alaouites, les chrétiens et les druzes de Syrie, les chrétiens, les sunnites, les chiites et les druzes du Liban, auxquels viendraient s’ajouter ultérieurement les Palestiniens et les Jordaniens, peut-être regroupés, un jour, sous une même identité territoriale et nationale, surtout si les négociations israélo-palestiniennes continuent à progresser à une allure aussi lente que celle qui est suivie.
L’étape suivante de ce réaménagement régional allait être réalisée grâce à la seconde guerre menée sans raisons majeures par les USA en Irak, puisqu’elle allait permettre d’y instaurer un nouveau découpage administratif et politique de ce pays et le transformer d’un État central en un État fédéral. Objectif géostratégique essentiel, car c’est à partir d’une telle initiative que l’alternative d’un démembrement régional pourrait devenir possible.
Viennent ensuite les printemps arabes qui, tout en faisant souffler un vent de démocratie et de réveil des peuples face à leur régimes oppresseurs, allaient bousculer toutes les structures nationales et régionales existantes et préparer une nouvelle géopolitique, et aider à la concrétisation de cette future ceinture des minorités. Les mouvements insurrectionnels en Syrie s’inscrivent dans ce même registre. Si la situation continue à déraper sur le front intérieur, ce qui est malgré les apparences le plus probable, elle pourrait déboucher sur une guerre civile dont la finalité pourrait signer le début d’un changement géopolitique interne, qui occasionnera inéluctablement des vagues au Liban, en Jordanie et en Palestine.
Mais alors comment Israël, ses alliés objectifs et ses alliés occidentaux vont résoudre le nœud libanais? Qui doit être chargé de cette mission délicate sinon la Syrie, qui n’a jamais digéré que le Liban puisse rester indépendant et surtout souverain? Pour ce faire, il lui suffira de «vassaliser» les autres chrétiens du Liban, dont des parties sont affiliées au mouvement du 14 Mars, et les autres aux rangs des indépendants, des intellectuels, des activistes au sein de la société civile. Cette démarche devra être réalisée en créant des dysfonctionnements, voire même des litiges entre les autorités religieuses de la communauté et cette frange des chrétiens, en essayant d’éliminer physiquement leurs leaders politiques et en bloquant le processus de réhabilitation de l’État et de ses institutions. Ce tempo, le régime alaouite devra pour le finaliser être dégagé du poids de sa crise intérieure, afin de remettre sur pied au Liban la logistique qu’il avait installée durant les années 2000/2008. Ce dispositif n’est pas évident, parce que le mur de la peur s’est effondré, ici et dans le monde arabe, et agir aussi impunément n’est plus aisé.
Mais après la tentative d’assassinat de Samir Geagea, il est permis d’en douter. Est-ce que la formule constitutionnelle de 1943 et sa sigha pourront continuer longtemps encore à faire face à ce tsunami qui déferle sur cette région du monde, et le processus de démembrement est-il déjà en marche? L’épilogue de la crise syrienne nous livrera probablement la clé de ces interrogations, mais en attendant, une question se pose: est-ce que le CPL continuera à se désolidariser de la base chrétienne dont il est l’un des principaux représentants et à accepter de pactiser avec ceux qui cherchent à anéantir et diluer le pays du Cèdre?
Il faut espérer qu’il se ravisera et prendra une décision sage et opportune pour éviter les innombrables traquenards que l’histoire peut à nouveau réserver à cette nation message de paix, de tolérance et de cohabitation multicommunautaire et pluriculturelle!
La ceinture des minorités qui commence en Israël et se termine aux portes de la Turquie prend ainsi forme, malgré le fait qu’elle n’a pas encore réussi à ce jour à englober, au Liban, les chrétiens du 14 Mars, qui, étonnemment, vont céder aux partis groupés sous l’étiquette du 8 Mars, la casquette israélo-américaine dont les affublaient leurs adversaires politiques. Les rendez-vous de l’histoire sont quelquefois bizarres et le destin des peuples inattendu (voir L’Orient-Le Jour du vendredi 20 avril). Après la Turquie devenue la représentante incontournable des sunnites, et l’Iran, représentant aussi incontournable des chiites, actuellement, un troisième bloc, à savoir celui des minorités, se profilait. Il grouperait en son sein les juifs d’Israël, les sunnites, les alaouites, les chrétiens et les druzes...
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