C’est aujourd’hui que le Conseil entendra les exposés de l’envoyé spécial adjoint et du secrétaire général adjoint du département des opérations de la paix sur les efforts du déploiement d’observateurs de l’ONU en Syrie. « Nous sommes à un moment charnière en Syrie, a-t-il dit. La cessation de la violence armée reste incomplète. Il y a eu trop de vies perdues. Les violations des droits de l’homme sont encore perpétrées en toute impunité. Mais avec le déploiement d’observateurs, il y a l’espoir d’arrêter le massacre et de consolider le calme », a espéré B. Lynn Pascoe.
La situation au Liban : assistance à 9 700 réfugiés syriens
Évoquant la situation au Liban, le responsable onusien a rappelé l’attentat manqué contre le leader des Forces libanaises, Samir Geagea : « Les autorités libanaises mènent une enquête sur l’attentat contre une figure politique majeure. » Quant à la situation le long de la frontière syro-libanaise, « elle demeure inquiétante », a-t-il laissé entendre tout en rappelant l’incident « émanant du côté syrien » qui a coûté la vie au journaliste de la chaîne de télévision al-Jadeed. Il a indiqué au Conseil que cet incident a été condamné par le président (Michel) Sleiman et par le Premier ministre libanais, Nagib Mikati. Le secrétaire général adjoint a aussi noté que les autorités libanaises ont lancé une enquête sur cette affaire et « ont demandé aux autorités syriennes de mener leur propre investigation. »
B. Lynn Pascoe a par ailleurs souligné que les Nations unies continuent de coordonner étroitement avec le gouvernement libanais au sujet de la fourniture d’une assistance aux 9 700 réfugiés syriens enregistrés dans le nord du pays ainsi que sur les questions de protection et de la détermination de leur statut. Le coordonnateur spécial de l’ONU au Liban, Derek Plumbly, a visité la région et a rencontré des représentants politiques locaux, ceux de la sécurité et des réfugiés syriens. Selon les dernières évaluations de l’UNHCR, il y a environ 7 500 réfugiés syriens dans la vallée orientale de la Békaa qui bénéficient d’une assistance, a-t-il assuré. Faisant un constat de la situation au Sud, le responsable onusien a conclu en rappelant que la situation dans la zone d’opérations de la Finul demeure « généralement calme ». « Les violations aériennes par les forces de défense israéliennes se poursuivent sur une base presque quotidienne. »
Gérard Araud et la souveraineté du Liban
Prenant la parole à son tour, le représentant de la France auprès de l’ONU, Gérard Araud, a indiqué que « la capacité du Conseil à contribuer à la résolution des crises est aussi la condition de la crédibilité de son action en faveur du maintien de la stabilité au plan régional ». « Ce Conseil ne saurait donc accepter les violations de la souveraineté des pays voisins de la Syrie, qu’il s’agisse de la Turquie comme du Liban, a souligné l’ambassadeur français. La France marque son appréciation pour l’accueil fourni par ces États aux citoyens syriens cherchant refuge loin de la violence, dans le respect du droit international applicable aux réfugiés et aux personnes déplacées. Dans ce contexte régional fragile, nous saluons l’engagement des autorités libanaises à travailler avec toutes les composantes de la société à la préservation de la stabilité du Liban. Nous saluons leurs engagements à respecter l’ensemble de leurs obligations internationales, y compris en ce qui concerne le Tribunal spécial pour le Liban. »


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