Un soldat israélien tente d'empêcher un colon d'attaquer des paysans palestiniens près d'une colonie sauvage en Cisjordanie. Hazem Bader/
Le gouvernement israélien est apparu divisé dimanche sur la colonisation en Cisjordanie, en particulier à propos d'implantations sauvages dont la justice a ordonné le démantèlement.
"On ne peut pas remettre en question le fait que des familles juives vivent avec le soutien de l'Etat depuis dix ans dans leurs maisons, sous prétexte qu'il y a soudainement des doutes concernant la propriété des parcelles sur lesquelles elles ont été construites", a affirmé dimanche à la radio publique le ministre de l'Environnement, Gilad Erdan. Il faisait référence à une trentaine de maisons construites sans autorisation dans la colonie sauvage d'Ulpana, adjacente à l'implantation de Beit El près de Ramallah (Cisjordanie), qui doivent en principe être démolies avant la fin du mois selon un arrêt de la Cour supérieure de Justice.
Selon M. Erdan, cette destruction doit être reportée, car elle est "inacceptable pour l'opinion israélienne". "Une solution légale peut être trouvée", a-t-il assuré.
M. Erdan, un proche du Premier ministre Benjamin Netanyahu, a en outre estimé que "les questions sensibles liées à la colonisation devraient relever d'une commission interministérielle, et non du ministre de la Défense", Ehud Barak, chef du parti Atzmaout (centre-droit, 5 députés).
Le ministre de l'Industrie, Shalom Simhon (Atzmaout), a affirmé à la radio que sa formation ne voulait "pas créer une crise gouvernementale artificielle", mais que la loi devait être appliquée.
Selon les médias locaux, le ministre des Affaires stratégiques, Moshé Yaalon, un "dur" du Likoud, le parti de M. Netanyahu, a assuré samedi qu'un démantèlement d'Ulpana pourrait faire voler en éclats la coalition gouvernementale.
"Ce débat interne du gouvernement prouve en fait qu'il cherche à ne pas appliquer" l'ordre de démantèlement du quartier, a dénoncé la porte-parole du mouvement israélien anti-colonisation La paix maintenant, Hagit Ofran.
Parallèlement, un tribunal de Jérusalem a ordonné l'évacuation de colons juifs installés dans une maison de la ville palestinienne de Hébron, en Cisjordanie, a indiqué dimanche la radio publique israélienne. Selon la radio, le tribunal a estimé que les colons étaient installés illégalement dans cette maison du quartier de Tel-Roumeida, dans le secteur de Hébron contrôlé par Israël, et a ordonné leur évacuation.
Interrogée par l'AFP, Hagit Ofan, a confirmé que "le tribunal de district de Jérusalem a ordonné l'évacuation d'ici le 15 mai de trois familles de colons installées illégalement dans une maison de Tel-Roumeida". "L'affaire remonte au début des années 2000, quand les Bakri, un couple de Palestiniens, ont quitté leur maison à la suite de harcèlements constants de leurs voisins, des colons, qui s'y sont ensuite installés", a-t-elle précisé. "Les Bakri se sont ensuite adressés au tribunal en 2006 pour se plaindre des colons. Ces derniers ont d'abord fait état d'un prétendu bail, puis de titres de propriété, qui n'ont pas été reconnus par le tribunal", a encore indiqué la porte-parole.
Quelque 190.000 Palestiniens vivent à Hébron, la plus grande ville palestinienne de Cisjordanie, dans un climat de tension avec 600 colons installés dans une enclave au coeur de la cité.
"On ne peut pas remettre en question le fait que des familles juives vivent avec le soutien de l'Etat depuis dix ans dans leurs maisons, sous prétexte qu'il y a soudainement des doutes concernant la propriété des parcelles sur lesquelles elles ont été construites", a affirmé dimanche à la radio publique le ministre de l'Environnement, Gilad Erdan. Il faisait référence à une trentaine de maisons construites sans autorisation dans la colonie sauvage d'Ulpana, adjacente à l'implantation de Beit El près de Ramallah (Cisjordanie), qui doivent en principe être démolies avant la fin du mois selon un arrêt de la Cour supérieure de...


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