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Liban - Liban

Suite et fin du déballage au Parlement

Le Premier ministre à son arrivée au Parlement.

Aucun des travers de la République n’aura été épargné aux téléspectateurs qui auront eu la patience – et la curiosité – d’assister aux trois jours du débat de politique générale – ou devrait-on dire de déballage – qui s’est conclu hier après-midi par un nouveau feu d’artifice d’accusations, de révélations et de plaidoiries, et dont les vedettes furent Samy Gemayel, Ahmad Fatfat et Fouad Siniora.


M. Gemayel a conclu son intervention en posant la question de confiance. Après concertations avec ses alliés, M. Gemayel a posé deux conditions au retrait de sa motion de censure : que le dossier de l’électricité soit examiné par une commission parlementaire et que le ministre des Finances s’engage à ne pas régler aux deux frères du député et ministre Nicolas Fattouche les 400 millions de dollars que le Conseil d’État a condamné le Trésor à payer pour la fermeture arbitraire de leurs carrières de pierre, deux années durant.


Devaient prendre la parole, l’après-midi, tour à tour, les députés Kassem Abdel Aziz, Ayoub Hmayed, Hady Hobeiche, Samy Gemayel, Boutros Harb, Mohammad Raad, Élie Keyrouz, Ahmad Fatfat, Ibrahim Kanaan et Fouad Siniora, un dosage soigneusement pesé par le président de la Chambre pour faire côtoyer les discours pro et antigouvernementaux, et neutraliser les effets des discours trop enflammés.


L’un des thèmes récurrents des interventions des députés du 14 Mars a été celui du marché des centrales flottantes, dont le caractère douteux a été relevé, sur base de propos tenus par le Premier ministre lui-même, qui avait exprimé en public son doute au sujet de « marchés » dans lesquels seraient engagés « plus d’un ministre ».
Au cœur de ce questionnement, la raison pour laquelle le montant de l’adjudication avait été abaissé de 9 %, comme par enchantement, après l’intervention du Premier ministre, qui avait menacé de recourir à une nouvelle adjudication si le montant n’était pas rajusté à la baisse. Pour les députés, ces 9 % ne sont autres que la commission que devaient se partager les personnalités engagées dans le marché, à commencer par le ministre de l’Énergie et de l’Eau, Gebran Bassil.


Les députés de l’opposition ont également soulevé le dossier de l’impact sur le Liban de la révolution syrienne et, indépendamment du consensus national sur la justesse de la politique de « maintien à l’écart » affichée par le Liban, de la passivité de l’armée libanaise – ou devrait-on dire de l’autorité politique à laquelle elle est soumise – qui semble avoir renoncé à défendre les Libanais tués par l’armée syrienne dans des incidents frontaliers, ou même à protester contre de tels incidents. Samy Gemayel a été jusqu’à parler de « complicité objective » de certains militaires dans des affaires de contrebande d’armes à destination de la Syrie.


D’autres députés se sont demandés pour quelle raison les réfugiés syriens entrés par la frontière est ne reçoivent pas l’assistance de leurs compatriotes entrés au Akkar. Le cas des opposants libanais ou syriens au Baas portés disparus au Liban, comme Chibli Ayssami et les trois frères Abou Zeid, a également été soulevé, ainsi que la mort du caméraman Ali Chaabane


Dans un développement railleur qui n’en est pas un, Hady Hobeiche, commentant la fameuse déclaration ministérielle, s’est fait applaudir en affirmant, en parlant du gouvernement, que « ce qui a été pris par la force ne sera repris que par la force ». La force, a-t-il enchaîné, sera celle du peuple et des urnes.


La référence au coup de force du Hezbollah qui a fait basculer la majorité parlementaire et provoqué la chute du gouvernement de Saad Hariri est elle aussi revenue comme un refrain. Véritable « péché originel » du gouvernement, ce coup de force a nourri « la soif de pouvoir et les frayeurs » du Premier ministre, a fait valoir M. Siniora. Mais ce dernier a privilégié « la soif de pouvoir » comme mobile principal d’action chez son rival.


Pour sa part, avec son parler rapide et sa vivacité d’esprit, M. Fatfat s’est employé à défendre la mémoire de Rafic Hariri, dont il a énuméré les réalisations, alors qu’Ibrahim Kanaan affirmait qu’il cherchait, au contraire, au nom du principe de continuité et sans vouloir offenser la mémoire de l’homme, a juger objectivement sa gestion du pouvoir.

Aucun des travers de la République n’aura été épargné aux téléspectateurs qui auront eu la patience – et la curiosité – d’assister aux trois jours du débat de politique générale – ou devrait-on dire de déballage – qui s’est conclu hier après-midi par un nouveau feu d’artifice d’accusations, de révélations et de plaidoiries, et dont les vedettes furent Samy Gemayel, Ahmad Fatfat et Fouad Siniora.
M. Gemayel a conclu son intervention en posant la question de confiance. Après concertations avec ses alliés, M. Gemayel a posé deux conditions au retrait de sa motion de censure : que le dossier de l’électricité soit examiné par une commission parlementaire et que le ministre des Finances s’engage à ne pas régler aux deux frères du député et ministre Nicolas Fattouche les 400 millions de dollars...
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