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Culture - Rencontre

Le « Royal Opera House » de Mascate : grandeur et innovation

Dans les grands espaces et les allées du palais des Émirats d’Abou Dhabi, rencontre avec Nasser el-Taee, professeur et directeur de l’éducation et de la communication au Royal Opera House de Mascate à Oman, inauguré en grande pompe en octobre 2011. Discussion à bâtons rompus avec un musicologue omanais pour jeter la lumière sur une institution, exceptionnel fleuron de la culture tous horizons, dont s’enorgueillit aujourd’hui le monde arabe.

Une vue intérieure du Royal Opera House de Mascate.

Costume et coiffe nationaux omanais pour Nasser el-Taee, qui à 46 ans n’a rien perdu de sa verve et sa passion pour parler éducation, musique, orchestre symphonique, dialogue des civilisations, enrichissement culturel. Formé à l’Université de Tennessee et détenteur d’un PHD en musicologie de l’Université de Californie, maîtrisant avec brio un anglais sans accent, jouant du piano et taquinant les cordes du oud, sa vie est vouée actuellement à animer les innombrables activités de cette institution flambant neuve qu’est le Royal Opera House de Mascate. Institution bâtie à partir de 2007 sur un domaine de 85000 m² au cœur de la capitale du sultanat de Oman et née de l’intérêt du sultan Kabous pour l’art, l’éducation, la musique et la culture. Avec à la base de cet établissement grandiose et prestigieux, des ensembles musicaux qui ont déjà une certaine tradition dont la section de la troupe militaire, celle des arts populaires, et surtout l’Orchestre symphonique royal de Oman avec aujourd’hui ses 150 musiciens (hommes et femmes), tous omanais.


Pour ce bâtiment hors normes (huit étages, trois sous-sols et cinq au-dessus du niveau de la terre, avec parc immense et «malls» pour shopping, le tout s’étalant sur 25 000 m² d’espace construit), conçu par les ingénieurs de la cour de l’État, une construction tout en magnificence s’inspirant des traditions architecturales omanaises à l’ancienne avec cependant des lustres et des chandeliers d’Autriche, ainsi que des moucharabiehs et des claustras maghrébines.
Pour la grande salle polyvalente contenant plus de 1 150 sièges (technicité scénique de pointe et sièges mobiles pour le public), un orgue Klais, venu en droite ligne de Bonn avec ses 4500 tuyaux et ses 70 jeux. Dans cette salle ont déjà défilé, entre autres, les danseurs et musiciens du Marinsky, de l’American Ballet Theater, du Philharmonique de Londres, du Philharmonique de Vienne, de la Scala... Et devant ces mêmes feux de la rampe, qui ont débuté avec le Turandot de Puccini dans une mise en scène de Franco Zeffirelli, on a déjà applaudi aussi Gisèle, Don Quichotte, Le lac des cygnes, Carmen, Il Trovarore et L’Enlèvement du Sérail, tout en savourant la présence sur scène de YoYo Ma, Placido Domingo, Renée Fleming. Avec des virées du côté du jazz et du tango argentin... Ligne de prestations incluant par conséquent ce qui est non seulement opératique, mais aussi variétés de tous crins.


Selon Nasser el-Taee, musicologue féru de Rachmaninov, Mozart, Beethoven, Chopin, Berlioz, Debussy, Fauré, et pour qui la musique est une philosophie validant croyances, système de pensée, approche de la vie et union pour tous à Dieu, cet espace culturel, dit-il, «est un lieu pour tous et non pas seulement pour une élite. On tend à abattre toutes les barrières et atteindre toutes les couches sociales. C’est un lieu érigé pour être un pont entre les civilisations, une place pour le dialogue, les débats et la performance des arts. C’est un lieu d’accueil pour toutes les productions de scène du monde entier. Aussi bien pour les disciplines classiques que l’inspiration populaire. Le public est une combinaison d’expatriés et d’Omanais, surtout ceux qui sont éduqués, influents, de 25 à 65 ans... À Oman, on a une société jeune. On doit attendre les nouvelles générations qui sont le futur de Oman. Investissement profond en ce sens. Car les nouvelles générations doivent absolument comprendre que la musique et la culture sont importantes. D’où on a programmé aussi, à part le travail spécial pour les enfants (animation et orchestration), des œuvres à la fois amusantes et éducatives de Saint- Saëns (Le carnaval des animaux) et de Rimsky Korsakov... Par ailleurs, on a aussi un symposium international pour compléter la musique, et on espère avoir des conférences dédiées aux Omanais, au monde arabe et aux préoccupations internationales».


Pour la saison prochaine, le Royal Opera House de Mascate, fort de sa lancée, affiche un programme du tonnerre. Outre l’opéra national de Pologne, Aïda de Verdi déploiera ses fastes et ses dorures entre les pierres à reflets mauves des montagnes de Oman et fera résonner ses trompettes cuivrées jusqu’aux tours de guet de la route de la Soie faisant face à la mer, au détroit d’Ormuz...

Costume et coiffe nationaux omanais pour Nasser el-Taee, qui à 46 ans n’a rien perdu de sa verve et sa passion pour parler éducation, musique, orchestre symphonique, dialogue des civilisations, enrichissement culturel. Formé à l’Université de Tennessee et détenteur d’un PHD en musicologie de l’Université de Californie, maîtrisant avec brio un anglais sans accent, jouant du piano et taquinant les cordes du oud, sa vie est vouée actuellement à animer les innombrables activités de cette institution flambant neuve qu’est le Royal Opera House de Mascate. Institution bâtie à partir de 2007 sur un domaine de 85000 m² au cœur de la capitale du sultanat de Oman et née de l’intérêt du sultan Kabous pour l’art, l’éducation, la musique et la culture. Avec à la base de cet établissement grandiose et prestigieux,...
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