Même si Benzema n’a pas marqué, les deux Français ont confirmé leur grande forme actuelle. Et Ribéry au premier chef : intenable lors d’une première période de haute volée, le n° 7 bavarois a ouvert la marque à la suite d’un corner de Kroos, en reprenant depuis le point de penalty un renvoi approximatif de la défense du Real. Sa frappe sèche à ras de terre passait dans l’axe entre une forêt de jambes pour tromper Casillas, masqué (17e).
Toutes compétitions confondues, le milieu gauche de 29 ans inscrivait ainsi son 15e but de la saison lors de son 45e match, confirmant le fait qu’il réalise une saison de classe, encore meilleure que sa première en Allemagne (2007-2008) qui lui avait valu le surnom de « Kaiser Franck ». Car en Bundesliga, il a déjà délivré 18 passes décisives (et marqué 11 buts) !
Intenable donc, il aurait même pu obtenir un penalty lorsque Sergio Ramos l’a... retenu dans la surface de réparation après une feinte de corps (15e). Mais M. Webb ne bronchait pas. Il s’est aussi mis en évidence par une certaine participation défensive, comme lorsqu’il vint commettre une faute intelligente sur Cristiano Ronaldo qui amorçait la contre-attaque.
Ribéry a aussi eu le temps de s’accrocher avec Robben avant un coup franc. Il est de notoriété publique que ces deux-là ne sont pas vraiment de grands amis.
Francky a bien davantage d’atomes crochus avec son compatriote et adversaire d’un jour, Benzema, qu’il a pris sous son aile depuis ses débuts en sélection en 2007. Le petit Lyonnais a depuis pris une dimension proprement internationale.
Une nouvelle fois titularisé au détriment de Higuain, il a pris cette saison la place d’avant-centre n° 1, en dépit d’un profil moins tueur que l’Argentin (18 buts en Liga contre 21). La différence avec « Pipita », c’est que « Benz » est plus complet et participe mieux au jeu de son équipe.
Il a donné hier un aperçu de cette palette, entre des appels dans le trou conclus par des frappes, repoussée par Neuer (7e) et contrée par Boateng (49e), et surtout ce centre pour Cristiano Ronaldo qui trouvait Özil pour l’égalisation (53e). Benzema participatif, mais Benzema vaincu.
Et Ribéry qui rit et Benzema qui fait la moue, c’est précisément le contraire de ce qui se produit en équipe de France depuis deux ans. En bleu, le premier est empêtré depuis le Mondial 2010 dans une crise de confiance, quand le second a sécurisé sa place dans le onze de départ, en devenant l’un des deux seuls titulaires indiscutables avec Lloris dans l’esprit de Laurent Blanc.
Le rouge du Bayern va mieux à Ribéry. « Il est très intéressant avec son club et n’y arrive pas en équipe de France, a constaté le sélectionneur hier dans Le Parisien. Il y a un blocage, c’est certain. Vu la qualité du joueur, cela mérite d’être patient (sic). Jusqu’à un certain point. »

