S’exprimant devant ses visiteurs, il a rappelé que « depuis le début de la révolution du Cèdre jusqu’à aujourd’hui, tous les assassinats et les tentatives d’assassinat politique avaient eu pour cible des personnalités d’un même bord, ce qui prouve qu’il existe, chez leurs commanditaires, une volonté de faire plier ceux qui ont un point de vue différent du leur. Mais cela, nous ne l’accepterons pas », a-t-il martelé, soulignant que « la Montagne a de tout temps été le foyer des druzes et des chrétiens ». « Depuis des centaines d’années, ces derniers refusent qu’on leur impose quoi que ce soit, a souligné M. Geagea. Sans cela, le Liban n’aurait pas existé », a-t-il relevé, avant d’ajouter : « Par conséquent, nous n’accepterons pas qu’on nous arrache notre raison d’être, qui est de vivre libres. »
Qualifiant de « poltrons » ceux qui ont essayé de le liquider « parce qu’ils n’ont pas la possibilité de l’affronter en politique », il a accusé ses détracteurs de « n’avoir aucune logique et aucune politique, à part celle des assassinats ». Il a aussi assuré que la tentative d’attentat contre lui « ne passera pas à la légère ». « Je ne le dis pas pour moi, mais pour tout Liban et pour tout citoyen libre », a-t-il ajouté, précisant que « les hommes politiques ont les moyens de se protéger ». « Mais le Libanais n’a-t-il plus le droit d’être libre ? » s’est interrogé M. Geagea, estimant que « depuis près de quarante ans, nous vivons partiellement sous une dictature similaire aux régimes de la région qui tombent l’un après l’autre ». « En définitive, la dictature qui s’est instituée au Liban finira elle aussi par s’effondrer, mais à la différence des autres États de la région, nous n’accepterons même pas une seconde de vivre sous un tel régime. Nous avons fait le choix de vivre sous un régime démocratique et libre, respectant l’être humain et son opinion, quelle qu’elle soit », a-t-il asséné, jugeant « tout aussi inacceptables les forces intérieures qui se sont imposées grâce à des ramifications régionales pour faire plier tous ceux qui ne sont pas de leur avis ».
Le leader des FL a ensuite violemment critiqué le gouvernement « qui est supposé défendre le peuple libanais, mais dont on a honte de parler parce qu’il ressemble à tout sauf à un gouvernement ». Il a plus particulièrement fustigé l’interdiction faite aux services de sécurité d’avoir accès aux données sur la circulation des appels téléphoniques pour essayer de retrouver la piste de ses agresseurs, relevant que cette interdiction a été appliquée 32 jours avant l’attentat auquel il a échappé. « C’est donc seulement le 1er février 2012 qu’“ils” se sont rappelés que l’octroi de ces données aux enquêteurs peut représenter une atteinte à la vie privée des Libanais », a-t-il ironisé, en se demandant si le fait de les remettre à certains partis ne porte pas préjudice à la vie privée des Libanais et si celle-ci était bafouée dans le passé.
Selon M. Geagea, un tel prétexte ne tient pas la route parce qu’il est possible de régler ce point par les lois, au niveau des fonctionnaires, « et non pas en bloquant l’accès à ces données, ce qui permet aux fauteurs de troubles d’avoir le champ libre afin de mettre en danger la vie et la liberté des gens ».


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Un homme d'état : Dr Samir Geagea. Rien à dire. Je comprends pourquoi certains frustrés essaient de le faire taire. MNK
07 h 48, le 18 avril 2012