Et si Omar Souleimane avait raison de dire que l’Égypte n’est pas prête pour la démocratie ?...
En décidant d’écarter de la course les trois principaux concurrents à la présidence, la commission ad hoc semble avoir lancé un fameux pavé dans la mare électorale mais réussi un extraordinaire tour de passe-passe qui devrait servir de thème d’étude dans les académies militaires des pays du tiers monde où les généraux ont une fâcheuse tendance à s’occuper de ce qui ne les regarde pas, c’est-à-dire de politique.
À la question de savoir comment se débarrasser de ces encombrants islamistes soudain saisis de fringale, les généraux du Conseil suprême des forces armées (CSFA) commencent par répondre en avançant un nom, celui du chef des services secrets et éphémère ouvrier de la onzième heure de Hosni Moubarak. Effroi dans les rangs des vainqueurs des récentes législatives, qui offrent – une fois n’est pas coutume – un front uni face aux intrus entrés par effraction dans le cercle des nouveaux nantis. Mais le bras de fer n’aura pas lieu : exit la barbouze du régime, mais aussi Khayrat el-Chater et Hazem Salah Abou-Ismaïl, les chefs de file l’un des Frères musulmans, l’autre des salafistes.
Raison invoquée : pour le premier, 31 signatures manquantes sur les 30 000 requises (à raison de 2 000 pour chacun des quinze gouvernorats) ; pour le trésorier du Parti de la justice et de la liberté une peine de sept ans de prison partiellement purgée (pour terrorisme et blanchiment d’argent) et pour l’islamiste pur et dur une mère américaine, aujourd’hui décédée.
Comme pour faire bonne mesure, on a pris soin de noyer les trois noms dans une mare comportant sept autres candidats.
Les extrémistes, qui caracolaient en tête, se voient éliminés, en attendant une décision de l’instance d’appel qui doit trancher dans les jours à venir. Ne restent en lice qu’une flopée d’aspirants à la magistrature suprême d’où émerge le nom de Amr Moussa, ex-secrétaire général de la Ligue arabe, ancien ministre des Affaires étrangères connu pour ses positions intransigeantes face à Israël et aux États-Unis, ainsi que celui d’Ahmad Chafic, le dernier chef de gouvernement du raïs. Désemparée après la sanction subie par son favori, la confrérie vient de se résoudre à jouer une wild card, son chef, Ahmad Morsy, un homme doté d’un charisme de borne kilométrique, qui, de l’avis unanime, ne fait pas le poids face au « traître » Abdel Moneim Aboul-Foutouh.
On admirera la manœuvre, d’autant plus habile que le temps n’a pas tardé à faire son œuvre, écornant l’image des islamistes. Le Centre des études politiques et stratégiques d’el-Ahram vient de procéder à un sondage que les principaux intéressés devraient examiner soigneusement avant d’arrêter leur stratégie future. Il apparaît ainsi que 45 pour cent de ceux qui ont voté pour les Ikhwane ne sont pas prêts à recommencer et 47,9 pour cent jugent malvenue la décision de Chater de faire acte de candidature, contre seulement13,7 pour cent d’avis favorables.
Ceci encore : depuis qu’il s’est lancé dans la course, Souleimane a vu sa cote de popularité bondir de 8,2 à 31 pour cent.
Pour l’heure, le grand perdant serait l’Amérique, qui donnait l’impression de voir d’un œil plutôt favorable l’entrée en lice du financier des Frères, un homme d’affaires avec lequel ses nombreux représentants avaient des atomes crochus, le décrivant comme « modéré, intelligent et efficace ». Il est vrai qu’à l’époque, 58 pour cent des Égyptiens se disaient favorables à une vague islamiste dont les héros, ne l’oublions pas, refusaient alors de s’engager dans la course à la succession de Moubarak. À moins que l’attitude US n’ait été qu’une pure façade derrière laquelle l’Oncle Sam aurait caché ses véritables intentions – ce qui reviendrait à lui prêter plus de machiavélisme qu’il n’en a.
Pour les activistes de la place al-Tahrir qui revendiquent la paternité du mouvement ayant conduit à la chute du régime, les bouleversements survenus ces derniers jours constituent une raison supplémentaire de croire que tout est encore possible, le pire (un chaos annonciateur de catastrophes à venir) comme le meilleur (l’avènement d’un pouvoir réellement démocratique qui remettrait le pays sur rails). Ce second terme de l’alternative donnerait, en raison du poids de l’Égypte dans cette partie du monde, un souffle nouveau aux autres mouvements dans le monde arabe qui en sont à leurs premiers balbutiements.
Plutôt qu’un ersatz de démocratie se traduisant par l’irruption sur la scène publique des représentants d’une caste qui n’a connu la liberté qu’à de brèves intervalles ces soixante dernières années, un véritable vent de liberté, même s’il doit se traduire, un temps, par quelques errements ? Pourquoi pas, pourvu que lesdits errements ne soient pas sanglants.
En décidant d’écarter de la course les trois principaux concurrents à la présidence, la commission ad hoc semble avoir lancé un fameux pavé dans la mare électorale mais réussi un extraordinaire tour de passe-passe qui devrait servir de thème d’étude dans les académies militaires des pays du tiers monde où les généraux ont une fâcheuse tendance à s’occuper de ce qui ne les regarde pas, c’est-à-dire de politique.
À la question de savoir comment se débarrasser de ces encombrants islamistes soudain saisis de fringale, les généraux du Conseil suprême des forces armées (CSFA) commencent par répondre en avançant un nom, celui du chef des services secrets et éphémère ouvrier de la onzième heure de Hosni...


Suite à ces Printanières, les Arabes passeront des Ténèbres aux Lumières, n’en déplaisent au "Arabophobes Xénophobes" du même bord ! Ils s’extrairont du Vide, du Néant et du Moins que Rien vers ce Mieux que ce même Rien ! Quel intérêt ?, demandent les Hypocrites qui seraient fous de ne pas profiter à l’occasion de ces Historiques Révolutions ! On regarde ainsi avec des yeux ébahis "cez-ébaubis" qui ne font rien en vue de cette Liberté, des "Malsains" qui se condamnent dans leur Trou ! Pourtant, nous Sains, on avait été désenchanté : on bâfrait en collant pour écouter la télé pour être sûr, n’est-ce pas, de ce qui se tramait ! Mais, cette fois-ci, c’est bien la bonne : enfin la Bonne. Et l’Espérance qui rebondit, et on finit ces éblouissantes soirées plus comme les autres passées et dépassées, rentrant blêmes, vaincus et écrasés ! On aura évidemment quelques grammes dans le sang, et faut faire gaffe aux "chabbîhas" à la moustache en forme de 8 Perse, et qui guettent, klaschin en main, ou aux autres d’Ici de la même espèce de cette Fin !… d’époque que l'on croise sur leurs sentiers-"sentines" crevassés ! On sait qu'on a encore quelques temps à prendre dans "le faciès" ; et puis ce sera fini, on sera de plein pied dans une nouvelle contrée enfin évoluée, et tout aura vraiment changé… ! Car, tous "ces baassdiots" côté tribord vont déguerpir, avec sur leur mulet les "Collabos" de ce côté-ci bâbord !
07 h 27, le 17 avril 2012